L’étatisme tue la créativité des citoyens

Un État qui exerce des pouvoirs discrétionnaires illimités est la cause fondamentale du déficit de créativité au sein de la société.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’étatisme tue la créativité des citoyens

Publié le 28 juin 2017
- A +

Par Katherine Revello.
Un article de Libre Afrique

L’originalité n’a jamais été une grande vertu en politique. La protection des intérêts à long terme de l’État, de ses fonctionnaires et de ses citoyens exige une inertie et une certaine routine. La politique institutionnalise le statu quo, sauvegarde l’ordre permanent. Les régimes qui échouent à le faire deviennent les anomalies de l’histoire.

L’ennemi de l’État

Tout ce qui est nouveau et non testé est une menace potentielle en politique ; ce qui est différent pourrait pourtant apporter une solution à l’inégalité, mais il y a aussi le risque d’exacerber le problème. Les États ont un instinct primitif de survie, lequel est menacé par l’incertitude. L’originalité doit être au mieux traitée avec méfiance, au pire abolie avec hostilité.

Restreindre les compétences du gouvernement à un nombre limité de pouvoirs bien déterminés remédie à ce biais anti-originalité. Ainsi, la société est protégée contre les débordements politiques et ses innombrables dangers. L’État peut poursuivre ses propres fins avec l’efficacité impitoyable requise pour une domination à long terme.

Mais il n’a pas la force de mettre à mal l’ingéniosité – pierre angulaire des pouvoirs productifs de l’homme – dans les projets créatifs qu’il entreprend pour son propre bénéfice, qu’il s’agisse de nourrir son corps ou son âme.

La politique est l’affaire de l’État qui doit efficacement allouer des ressources aux domaines où les besoins sont les plus urgents. Mais la politique est une machine imparfaite, car son moteur est l’homme avec ses imperfections, et c’est bien là le danger. L’homme est animé de passions et de jugements qui sont le socle de la discrimination.

Compte tenu du poids de l’État dans la société, ce pouvoir discriminatoire est potentiellement dévastateur pour les citoyens. Cela réduit l’espace de liberté de l’homme et entrave sa capacité créative.

Certes les nouvelles idées sont potentiellement une menace pour la stabilité de l’État, comme cela a toujours été le cas, mais un État « conscient » qui définit et poursuit sa propre idéologie est menacé par des idées concurrentes.

La disparition de la créativité

Le manque d’originalité dans la vie moderne s’étend du politique au culturel. C’est particulièrement incroyable pour la politique, car il n’y a pratiquement aucun problème qui dépasse le gouvernement central. Pourtant, le discours public est comme un disque condamné à être rejoué.

Lors du cycle électoral, les mêmes vieux problèmes du bien-être, de la réforme réglementaire et de l’emploi sont discutés. Les promesses sont pourtant rarement suivies et il n’y a pas d’incitation à le faire, car pendant que la politique étouffe l’originalité qui constitue une menace pour son existence, l’État n’est pas un producteur d’idées et n’a pas d’imagination.

L’exigence d’ingéniosité

Son jugement discrétionnaire est réactif et non proactif. La résolution de problèmes exige de l’ingéniosité. De ce fait, il devient de l’intérêt de l’État de perpétuer les inégalités les plus importantes et pressantes car il ne peut pas saisir les nuances des injustices plus subtiles.

Les restrictions de la créativité étant élargies au-delà des limites de la politique, le reste de la société stagne. Le discours politique est un masque obligatoire et de routine, il en va de même pour la culture. La créativité n’est pas illimitée.

L’originalité devient relative, une question de réinterprétation du connu et de ce qui est certain. Les vieux slogans et messages sont recyclés de la même manière que les messages politiques.

Hiérarchie de la créativité

Le résultat est l’émergence d’une hiérarchie de la créativité. La société, travaillant de concert avec l’État, approuve implicitement les formes d’expression appropriées.

Puisque la culture doit évoluer, mais la politique est enracinée dans l’inertie, la genèse du divertissement populaire est vraiment une dévolution entre un choix de plus en plus étroit d’anciens et familiers modes d’expression créative (donc pas une menace pour la survie de l’État).

En somme, la culture devient de plus en plus fragmentée et imitative. De plus, tous les experts faisant autorité sont obsédés par le problème d’une politique fracturée et partisane. Le premier problème conduit au dernier. La culture n’est pas le principal problème. Un État « conscient » qui exerce des pouvoirs discrétionnaires illimités est la cause fondamentale du déficit de créativité.

Sur le web

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Cette loi est parfaitement démontrée par l’URSS, laquelle durant son existence n’a produit que 11 Prix Nobel scientifiques. Et dans une certaine mesure, la France en Europe avec seulement 18 depuis la 2e guerre, comparé à plus de 60 pour la Grande Bretagne et 50 pour l’Allemagne.
    Il est évident que la liberté stimule la créativité!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Johan Rivalland.

Notre société n’en peut plus. Après plusieurs décennies de surenchère en matière d’interventionnisme, qui se paye par une taxation et un endettement (donc des impôts futurs) de plus en plus colossaux, le peuple réagit.

De manière parfois confuse, mais en réponse à une accumulation de souffrances qui résultent pour une bonne part de l’horreur politique et de la prétention de certaines élites à constamment tenter de régenter la vie des autres. Une impasse, mais aussi un leurre dont on n’a pas fini de mesurer l... Poursuivre la lecture

Par Christian Monson.

En 1939, l'Allemagne avait un PIB de près de 400 milliards de dollars, ayant dépassé l'URSS pour en faire la deuxième économie la plus puissante du monde, derrière les États-Unis. En 1946, après des années de guerre, le PIB de l'Allemagne était tombé à seulement 160 milliards de dollars, soit moins que le Royaume-Uni et la France. La production alimentaire avait été réduite de 50 %, le parc immobilier de 20 % et la production industrielle de 33 %.

Pourtant, en 1955, le PIB allemand était revenu à près de 40... Poursuivre la lecture

« La vraie question que vous devriez vous poser est : aujourd’hui l’État français prélève à peu près 62% de la richesse française et rien ne marche […] Qu’est-ce qu’ils font de notre pognon ? »

 

Ces mots de Charles Gave prononcés à l’antenne de Sud Radio sonnent comme du bon sens. Si la question initiale visait le secteur régalien, elle se pose également pour la politique environnementale. Cette année, le ministère de la Transition écologique a été doté d’un budget de 45,5 milliards d’euros, soit cinq fois celui des Affair... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles