Nouveau gouvernement Macron : 3 exemples de ministres étonnamment compétents

Jean-Michel Blanquer by Institut des Amériques(CC BY-ND 2.0)

Après le très médiocre quinquennat Hollande, le quinquennat blingbling de Sarkozy et l’immobilisme du chiraquisme, le retour de la compétence en politique via le gouvernement Macron étonne un peu.

Par Frédéric Mas.

Emmanuel Macron n’a pas encore initié de réformes ambitieuses, mais reconnaissons-lui une qualité : il cherche à réintroduire plus de compétence au sommet de l’État, là où ses prédécesseurs ont eu tendance à privilégier les arrangements politico-politique partisans et médiatiques, et cela à des postes clefs.

En effet, en matière d’éducation, de justice ou encore de diplomatie, les ministres semblent étonnamment convenir à leur poste.

Bien entendu, les plus critiques, et ils auront raison, pourront toujours remarquer la place disproportionnée donnée à Nicolas Hulot et son ministère de l’Écologie, ou encore à certains entrepreneurs politiques de seconde catégorie comme Marlène Schiappa, mais rappelons que :

Un expert à l’éducation

Jean-Michel Blanquer est reconnu non seulement comme un universitaire de talent, qui fut longtemps considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du droit administratif de France, mais aussi comme l’un des meilleurs connaisseurs du système éducatif français.

Il ne s’est pas contenté d’enseigner, il a aussi dirigé plusieurs établissements de renom, est ancien recteur d’Académie (dont celle de Créteil, qui n’a pas pour réputation d’être très facile) et s’est retrouvé directeur général de l’enseignement scolaire en 2009.

Rappelons pour mémoire que ses prédécesseurs immédiats furent Najat Vallaud-Belkacem, Benoît Hamon et Vincent Peillon, soit deux carriéristes politiques sans compétences particulières et un idéologue hors sol.

Une juriste à la justice

Le nouveau ministre de la Justice, Madame Nicole Belloubet, est vraiment juriste. Plus exactement, elle est docteur et agrégée en droit public, matière qu’elle a enseignée avant de devenir rectrice d’Académie de Limoges et de Toulouse.

Elle fait partie du conseil constitutionnel depuis 2013. Certes, on compte parmi ses prédécesseurs des juristes (Urvoas, Mercier, mais pas Taubira), mais il faut remonter assez loin pour trouver quelqu’un arrivé à ce stade du cursus honorum.

Un ministre qui a fait ses preuves au Quai d’Orsay

La nomination de Jean-Yves Le Drian en lieu et place de Laurent Fabius au Quai d’Orsay récompense l’expérience acquise, et largement reconnue par les militaires eux-mêmes, par le ministre lors de son passage au ministère des Armées.

Alors que Laurent Fabius voyait son poste essentiellement comme un tremplin pour une carrière internationale, embrassant la rhétorique humanitaire la plus creuse, les choix stratégiques les plus hasardeux au Proche-Orient et les sommets écologistes inutiles (la Cop21), Le Drian s’est attelé dans l’ombre à encourager l’endiguement de la progression islamiste au Mali et au Sahel avec un certain succès. Tout laisse croire qu’au sein du gouvernement Macron, il sera au centre du dispositif de défense, et cela avant même la nouvelle ministre Madame Florence Parly.

Bien entendu, la compétence ne suffit pas, et il faudra bien plus pour engager les réformes nécessaires à l’amélioration de la situation politique et économique du pays. Seulement, il est bon de rappeler que la compétence devrait être la jauge minimum de tout gouvernement, à droite comme à gauche.

L’histoire récente est pleine de ces ministres de l’Éducation ou de la Culture illettrés, de ces ministres des Affaires étrangères ne connaissant même pas l’anglais, ou encore de ces gardes des Sceaux oscillant entre gestion à court terme et idéologie.