Fillon, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez : moralisation ou chasse aux sorcières ?

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By: Rory Finneren - CC BY 2.0

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Fillon, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez : moralisation ou chasse aux sorcières ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 juin 2017
- A +

Par Patrick Aulnas.

Les affaires Fillon, Le Roux, Ferrand, de Sarnez sont inquiétantes pour l’avenir de la démocratie. Un ordre moral latent semble vouloir peu à peu s’imposer. Il proviendrait, selon certains médias ou politologues, d’une demande pressante de l’opinion publique. Celle-ci n’admettrait plus les pratiques du passé.

Une « moralisation » de la vie politique serait nécessaire pour répondre à cette attente. Mais ne risquons-nous pas d’aller vers une véritable tyrannie de l’opinion, qui n’est guère que l’image qu’en donnent les médias ?

En démocratie, chacun choisit sa morale

Il n’est pas question d’analyser ici les dispositions de la nouvelle loi en préparation, ni de traiter de sa pertinence. Il s’agit de dissocier droit et éthique et de rappeler que si le droit s’impose à tous, y compris aux politiciens, il n’existe aucune règle morale à caractère général et absolu en démocratie.

Il est donc tout à fait abusif d’évoquer la « moralisation ». Pourquoi ? Parce que ce régime politique autorise chacun à choisir sa morale en toute liberté. La liberté de conscience permet à chaque personne de choisir ou de ne pas choisir sa religion, son idéologie, les principes qui vont déterminer ses actions.

La morale de l’un n’est donc pas la morale de l’autre et personne ne peut considérer qu’une pratique quelconque est immorale de façon absolue. Tout juste peut-elle être contraire à la morale d’autrui.

Il n’existe pas en démocratie de morale publique unanimement reconnue. Nous vivons aujourd’hui dans le relativisme moral puisqu’il n’existe plus de religion officielle imposant des contraintes éthiques.

La morale latente de la majorité ne s’impose à personne

Au risque de paraître provocateur, évoquons à nouveau les affaires récentes. Contrairement à ce que prétendent nombre d’intervenants dans les médias, il n’y a rien d’immoral à favoriser les membres de sa famille, sa maîtresse, son amant, ses amis. Il s’agit même d’une tendance spontanée de tout être humain.

Nous sommes sans doute, en moyenne, plus stricts dans ce domaine qu’on ne l’était dans le passé. Sous la royauté d’Ancien Régime, il était tout à fait normal d’obtenir des faveurs royales payées sur fonds publics pour les membres de sa famille ou ses amis.

Si nous condamnons assez largement le népotisme aujourd’hui, prétendre qu’il est immoral serait inexact. Il est seulement statistiquement rejeté par la majorité des citoyens. Il est loisible à quiconque d’adopter des principes éthiques plus imprégnés de tolérance que ceux de la majorité. Cela s’appelle la liberté.

Tant qu’une loi n’a pas transformé une éthique plus rigoureuse en droit positif, elle ne s’impose qu’à ceux qui l’adoptent librement.

La liberté d’expression n’autorise pas la calomnie

Il en résulte que lorsque les médias stigmatisent des personnes dont le comportement n’a rien d’illicite, ils contreviennent à la liberté de conscience. Ils abusent de leur pouvoir en cherchant à imposer une soi-disant éthique majoritaire que seule la loi pourrait adopter.

Quiconque a le droit de se trouver en contradiction fondamentale avec cette opinion dominante, sans pour autant être transformé en brebis galeuse par la presse relayée par les réseaux sociaux.

La liberté d’expression a une limite : l’interdiction de calomnier. « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». La célèbre phrase de Beaumarchais nous rappelle qu’il est possible de critiquer un comportement au nom de principes différents.

Mais il n’est pas possible de clouer au pilori un individu au nom d’une vérité prétendument morale. Il n’y a pas de vérité morale en démocratie, seulement des vérités subjectives et très évolutives historiquement, donnant lieu un éternel débat.

Instiller le doute pour déchaîner la calomnie

Avant toute intervention de l’autorité judiciaire, François Fillon, Bruno Le Roux, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez ont été la cible de campagnes de presse. Les journalistes intéressés par ce registre médiocre se situent en général sur un terrain juridico-éthique particulièrement flou.

Ainsi, un article de l’Obs, signé MG, indique à propos de Richard Ferrand : « Les preuves apportées par Le Canard enchaîné, si elles embarrassent le gouvernement, n’attestent d’aucun acte illégal. » Comment prétendre qu’aucun acte illégal n’a été commis tout en évoquant des « preuves » rapportées par un simple journal satirique ?

L’objectif est évidemment d’instiller le doute dans l’esprit des lecteurs. Nombre d’entre eux s’étonneront qu’en présence de « preuves », il n’y ait pas de poursuites judiciaires. Le jésuitisme de ce journaliste n’est pas une exception.

Il a pour objectif de déchaîner la calomnie sur les réseaux sociaux et sur les sites internet spécialisés dans la haine d’autrui. Les journalistes dénonciateurs jettent leurs victimes dans la fosse aux lions de la communication numérisée.

Pas de « moralisation » mais un simple cadre juridique

La prétendue moralisation de la vie politique n’existe pas. Ce vocabulaire est utilisé par commodité pour circonvenir l’électorat. On lui fait croire qu’on répond à ses attentes, au demeurant bien mal définies.

En réalité, il s’agit d’adopter des textes limitant la liberté des politiciens ou des partis dans le domaine financier, bref d’encadrer plus strictement leurs ressources et leurs dépenses, voire la durée de leur mandat.

Cela n’a rien d’illégitime, mais pourquoi brandir de grands principes moraux pour quelque chose d’aussi banal ? Réponse : pour faire de la politique à la petite semaine, pour caresser l’opinion dans le sens du poil, comme on le fait couramment avec les chiens. Si l’opinion n’était pas si malléable, elle sentirait l’offense derrière la bienveillance.

La tyrannie de l’égalitarisme

La passion de l’égalité, dont Tocqueville faisait le principe le plus puissant de la démocratie, est à la racine de ces lois de pseudo-moralisation. L’opinion publique ne se réclame d’aucun principe moral, mais elle accepte de moins en moins les différences.

Sous son emprise, beaucoup de différences sont déjà devenues des discriminations. Elle ne supporte plus désormais que ses dirigeants bénéficient d’une aisance financière trop voyante. La convoitise généralisée nous mène au règne de la transparence parfaite.

Au bout du chemin se trouve la tyrannie de l’égalitarisme. Lorsque le patrimoine et les revenus de tous nos politiciens pourront être scrutés au microscope par chaque citoyen, gageons que des démagogues s’étonneront encore qu’ils puissent vivre sur les deniers publics au-dessus du salaire minimum. La « moralisation » ne connaît aucune limite.

 

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  • Je me trompe peut-être, mais n’est-il pas envisageable que les « affaires » qui salissent aujourd’hui des membres du gouvernement soient le pendant des « affaires » qui ont sali des candidats pendant la campagne – au point potentiellement d’en disqualifier ? Dans ce cas il ne s’agit même pas de moralisation ou autre, il s’agit simplement d’une réponse du berger à la bergère et du degré 0 de la politique.

  • fillon , ferrand , de sarnez…..mais aussi stéphanie jannin ( EM ) , 2em adjointe au maire de montpellier entendu dans une affaire de prise illégale d’intéret , mais aussi houmnia bérrada ( EM ) , 8 mois de prison avec sursis pour falsification de diplome …. ce n’est sans doute qu’un début pour l’ère macron , mais il ne faut pas se demander pourquoi, les français veulent du  » propre  » à la tête de leur pays ; ils en ont ras le bol  » des mains sales  » des politiques , ni plus , ni moins ;

  • Il y a autant de morales que de personnes mais il n’y a qu’une morale publique: la loi
    La chasse aux Sorcieres ,très péjoratif, des médias est motivée par l’absence de justice.n’est ce pas le rôle du procureur de faire respecter la loi et donc la morale ?
    Qui contrôle le procureur ? l’État.
    Qui contrôle les juges ?les syndicats et les politiques et donc encore l’état.
    Autant l’affaire Fillon n’aurait pas due avoir lieu autant l’affaire Ferrand devrait des le premier jour en justice.
    Pourquoi , parceque les lois font de l’un un innocent difficile à comdamner sans tordre la loi et de l’autre un coupable certain

    • Asphyxié par l'étatisme
      1 juin 2017 at 10 h 20 min

      Etes-vous spécialiste du droit et avez-vous eu accès à toutes les pièces des dossiers? Si ce n’est pas le cas, vous n’avez ni la compétence ni les informations nécessaires pour conclure sur la culpabilité ou l’innocence de l’un ou de l’autre.

    • @ reactitude

      Oui, la France est toujours critiquée (avec raison) à cause du fait que le procureur soit l’émanation du ministre, brisant l’indépendance des 3 pouvoirs démocratiques. La syndicalisation massive des magistrats « unicolores » est également haïssable.

      Hors de France, on ne s’étonne donc plus des énigmes (Karachi …) jamais résolues mais bien suspectes d’avoir protégé des gens de pouvoir, plus ou moins suspectés.

      Cela nuit clairement à la prétention française de se dire « démocratique », peu crédible, surtout en « état d’urgence » prolongé!

  • J’aurai juste aimer voir cet article durant l’élection présidentielle. Pour l’affaire Ferand, les preuves sont incontestables, une clause de réserve demandée par Ferand chez le notaire. Vous parlez de journalistes, moi, je vous parle de justice, que fait elle. Peut être faudrait il commencer par moraliser notre justice et surtout de ses magistrat à la botte de nos gouvernants.

    • @ Crunch
      Dans mes pays (2), le notaire est un officier public, juriste, ne pouvant accepter de rédiger, faire signer et enregistrer un acte non conforme à la législation en vigueur, sauf à risquer son poste et sa réputation, si ce n’est une peine légale.

      Dans d’autres pays, il ne fait qu’enregistrer un acte, SANS vérification, diminuant d’autant la valeur « officielle » du document qui pourra donc être souvent remis en cause. (cas des ventes de biens immobiliers en Corse).

      La France se trouve clairement dans le second lot!

  • C est pas une question de morale, on parle d’argent public ici, la prise illégale d’intérêts, les conflits d’intérêts, la collusion, le capitalisme de connivence n’existent uniquement car ce sont des êtres humains, or on le voit tout les jours il est très faible une fois courtisé et détenant une once de pouvoir…
    Pour se protéger de tout ça, il suffit de réduire les pouvoirs que se sont attribués les hommes politiques et redonner beaucoup plus de pouvoirs aux individus dans leurs choix de vie.

    • @ poilo
      Je ne vais pas argumenter!

      Pour moi, un homme désirant exercer un pouvoir sur ses semblables, c’est déjà difficilement compréhensible, hors trouble de la personnalité.

      Mais un politicien a dit un jour une phrase dont je parie qu’il ne s’agit que d’une « platitude »:
      « À quoi bon le pouvoir si ce n’est pour en abuser? »
      Ce jour-là, tout est devenu subitement clair et surtout, le fait que même pris les doigts dans le pot de confiture, « il ou elle » justifiera son geste!

      Cela demande une force narcissique peu commune: à mon avis un Ph.Pétain était bien un « Maître » de cet acabit-là!

      (Bon, c’était un militaire, bas du képi, phallus de maréchal en main, naïvement flatté dans son orgueil qu’on ait pensé à lui pour être « l’autorité » alors qu’il ne fut qu’une marionnette ridicule trahissante, complice des « vrais vendus à l’ennemi », bien français).

      La sévère justice française, sur ordre du « Général », l’a envoyé dans une large et agréable « résidence secondaire » dans la belle Île d’Yeu, loin des vulgaires « droits communs »!

      Ah, Démocratie, quand Tu nous tiens!!!

  • Tout à fait d’accord avec cet article. Le recours à la Morale, concept à géométrie très variable et éminemment politique, est extrêmement dangereux et inquiétant. Le populisme fait des ravages.Toutes ces affaires et depuis des années relèvent d’un problème bien français : l’application des lois par une justice indépendante (du pouvoir) et « forte ». Elles démontrent qu’une grande partie des « élites » (appelons ça comme ça) s’est sentie protégée en dehors des lois et surtout des contrôles applicables à tout citoyen ou salarié ou « organisme » privé normal. Plutôt qu’une loi de Moralisation qui sera, par essence, restrictive et donc plus large en terme d’exception aux règles existantes, contentons nous de demander que les lois, règlements, normes comptables, fiscales …. s’appliquent à tous ( individus et organisations au sens large publiques, privées) avec les mêmes contrôles ni plus ni moins. Déjà !

  • Le gouvernement actuel ne peut pas être entaché de fautes éventuelles, comme dans la passée. On ne peut pas admettre que des hommes politiques qui représentent le pays puissent être accusés d’un comportement irrégulier avec de l’argent public. A quoi cela sert d’avoir accepté la publication des déclarations d’impôts des membres du gouvernement ? La dernière campagne politique a été triste, de tout côté. Le premier ministre s’est engagé à corriger cette triste situation. Maintenant on recommence avant même les élections ?

    • @ F. Clemente
      Votre presse lance le procès dès avant toute élection, actuellement, « dézinguant » des candidats aux yeux non des seuls lecteurs du « Canard » mais bien plus largement de toute la presse et des commentaires des réseaux sociaux.

      Je ne peux évidemment pas croire que les « cibles ainsi désignées » soient seuls en cause dans des faits non répréhensibles mais qui, dans leur cas spécifique, devient brusquement intolérable!

      La presse a donc condamné Fr.Fillon à l’échec électoral avant même que les juges ne lui reproche, en justice, quoi que ce soit!

      C’est une bizarre interprétation de la présomption d’innocence, en imaginant une presse, subsidiée, « indépendante » (bien sûr!) et « objective » (je m’écroule de rire), d’une « indépendance de la justice » (stop, je n’en peux plus!) dans ce pays « démocratique » (je m’écroule, décédé!).

      Vous habitez encore dans ce pays?

  • Je crois que l’auteur détourne le problème (sciemment ??): il ne s’agit pas de morale mais de justice et d’équité (et non d’égalité) de traitement devant la loi. L’auteur a une conception bien élastique de la justice.

    • Justement, l’auteur rappelle que la Loi doit s’appliquer, et qu’il n’est nul besoin d’en créer une nouvelle en la baptisant « moralisation » alors que ce devrait être une régulation de l’usage de certains fonds.
      Ceci dit, selon les affaires, on est soit dans des comportements que le public reprouve sans qu’il y ait nécessairement délit, et dans des actes frauduleux ou délictueux.

  • Moi, je n’en ai pas marre des mains sales (comme disent certains !) et même, je m’en fou du moment que l »accusé » (sic) fait bien son travail ! On parle ici de chouièmes alors que les décisions de meilleurs peuvent aider à créer ou économiser des milliards !
    En revanche, je m’inquiète beaucoup plus de cette « maladie » de moralisation qui ne peut que nous envoyer droit dans le mur ! Vous voulez accuser quelqu’un ? Pas de problème : 67 millions de français commettent des actes illégaux tous les jours, sans le savoir ! Nous pouvons tous nous retrouver « mis en examen » : vous le saviez ? C’est ridicule !
    J’ai très peur que les français, au lieu de s’apaiser, nous concoctent une petite révolution à la 1993 qui nous amènera un nouveau Robespierre au pouvoir ?
    Foutez leur la paix, laissez les travailler !

    • @Milrem d’accord , mais alors la même loi pour tous. Parce que là on a le deux poids deux mesures à tous les étages, c’est surtout cela qui est pour moi le plus dangereux. Et quand un type gêne quelqu’un on lui fait exploser son dossier. C’est un grand classique utilisé par tous les RG du monde pour tenir et asservir.

    • 67 millions de français commettent des actes illégaux sans le savoir……la différence , c’est que les politiques commettent des actes illégaux en sachant que ce qu’ils font est illégal ;

      • Val : sur l’ensemble des français qui commettent des actes illégaux il y en a quand même un sacré paquet qui le fait en connaissance de cause. Il n’y a qu’à penser au comportement routier, au travail au noir, et à quelques pratiques fiscales « grand public » bien répandues ?

  • qu’ils puissent vivre sur les deniers publics au-dessus du salaire minimum

    Mais alors, ils pourront travailler dans le secteur … privé 🙂
    Les derniers se prennent le retour de manivelle.

    Dans les pays du nord, les dépenses sont consultables. Transparence. Sont-elles des dictatures ❓

    • Dans les pays du nord, je lisais récemment que n’importe qui pouvait avoir accès à votre déclaration d’impôt. Savoir ce que vous gagnez, quel est votre patrimoine.
      Si ces pays vous tentent, tant, je vous propose de rendre votre déclaration publique et de nous donner le lien que nous puissions la scruter ardemment.

      • Ben vous voyez, le problème est que pour le moment je ne réside donc pas en France. Mais dans un de ces pays. Vous n’avez donc qu’à la consulter 🙂

        Je pense aux dépenses des politiciens, pas aux privés hein, prenez donc les gens pour des blaireaux :mrgreen: En dehors de son salaire, confortable, madame Merkel doit justifier l’utilisation de la carte de crédit de l’état. Ce n’est pas la sienne.

      • Et au demeurant expliquez moi donc comment en 40 ans de déficits de l’état, de « c’est gratuit, l’état payera », les nominations des potes à des postes à 10K Euros juste 2 mois avant la retraite, expliquez moi donc pourquoi cela ne serait pas public ❓

        Parce que la dictature, on y est pas déjà ❓

    • @ MichelC
      Bonjour,
      Non, « les pays du Nord » (Allemagne et Benelux sont vos voisins!!!, Pas plus « au nord »!) ne sont pas des dictatures mais il existe franchement un « esprit » démocratique, permettant à tous de pouvoir accéder au pouvoir, mais c’est très rarement leur ambition, sauf au niveau communal, « sur la liste du bourgmestre » ou autre liste, indépendante d’un des partis nationaux.

      Le but politique est d’améliorer le sort des habitants, « ici et maintenant et pour longtemps », supprimant la polémique agressive au profit de la recherche (avec les co-acteurs) commune du « compromis acceptable », sans vainqueur ni vaincus! Oui, c’est « gris »! C’est moins théoriquement prestigieux ou glorieux mais tellement plus facile à vivre!

      Garderez-vous des politiciens « monarchiques » ou plutôt des démocrates aux ambitions de « service » plus que de « prestige »?

      Car à force de ne rien réformer et de vouloir continuer de péter plus haut que son Q, la France se retrouve dans la dèche, avec Italie, les pays-boulets de l’Union Européenne.

      Et personne ne se réjouit de trainer un boulet!

      • Oui j’ai laissé laurent75005 1er dans sa dictature pour des gens plus raisonnables. Quand il sera seul pour payer les âneries des polytocards français, il fera moins le malin.

        Ou en sont les travaux sur l’ouvrage près de la station Total à Pulvermuhl ❓

  • Interrogations multiples et logiques de P.Aulnas nous amènent à maintes réflexions sur le sujet principal ,l’éthique…Pour Ferrand , le parquet de Brest a ouvert une enquête suite a une plainte contre X posée ce mercredi 31 mai par l’association Anticor..Plainte ciblant la sté Immobilière de Ferrand…Affaire du domaine privée …Les autres incriminées sont des élus relevant du domaine public…Attendons , la justice est en cours d’instructions …La conclusion de P.Aulnas est pleine de bon sens .. » La moralisation  » ne connaît pas de limites …

  • pas illégal, le fait pour un dirigeant de faire enrichir sa compagne via un contrat avec l’entreprise que l’on dirige.dans toute société normale cela s’appelle à minima une convention réglementée soumise au vote des actionnaires, En outre cette affaire, comme celle de la loi sur les Mutuelles montre la déloyauté du personnage qui nage dans les conflits d’intérêts comme un poisson dans l’eau. Si le Parquet a finalement ouvert une enquête (après que son premier refus ultra rapide laisse planer des doutes sur une intervention politique …) c’est qu’il y a là matière pénale et civile : code de la Mutualité, voire complicité de détournement d’actifs.

    • @ henir33
      La « présomption d’innocence » vaut pour tout le monde ou pour personne: faut savoir ce qu’on veut.

      Ce qui ne vous empêche pas d’étendre ce voile de suspicion propre à justifier « le lynchage par le peuple », alors qu votre enquête ne travaille qu’à charge, ce qui est strictement un déni de justice! Écoeurant!

  • Stéphane Boulots
    1 juin 2017 at 12 h 07 min

    « En démocratie chacun choisit sa morale » : Faux et archi-faux : en démocratie, une morale unique est déterminée par « Le Peuple » qui la transforme en loi, quelle que soit le modèle de démocratie (directe, représentative …) et une fois promulguée, cette morale devient loi, c’est à dire unique, obligatoire et établie par la force.

    Les Français sont juste en train de découvrir la différence entre la (sociale) démocratie et le libéralisme (conservateur)

    En démocratie, c’est la loi qui règle la vie publique (article IV de la DDHC), dans un régime libéral, c’est la justice qui règle la vie publique.

    En démocratie, la loi et son application (le législatif, la justice et l’exécutif) sont centralisés dans un monopole d’Etat (le Peuple, constitué dans l’Etat a tous les pouvoirs), alors que dans un modèle libéral, la justice est indépendante de l’exécutif et du législatif (Etat de droit – séparation des pouvoirs – articles 3 de la constitution US – Bill of Rights, etc…)

    • @ Stéphane Boulots
      L’indépendance des 3 pouvoirs est surtout une des condition de la Démocratie (que vous n’avez pas chez vous) qui respecte plus les humains que les propriétés!

      Peut-on tuer pour protéger sa propriété? La position libérale risque de n’être pas forcément compatible avec la position libérale, partout dans le monde!

      Le fait est que la France ne connait actuellement aucun « parti libéral » en son sein. C’est pourtant indispensable pour confronter votre théorie policée aux réalités de la vie et du pouvoir politique!

      La « théorie pure » est d’autant plus belle qu’elle est inutile…

  • Bien d’accord. Cette intrusion de la « morale » dans le « légal » est qui plus est un retour en arrière catastrophique. Depuis Abélard, vers 1100, on (le pouvoir public comme le pouvoir religieux) admet qu’il doit y avoir une distinction fondamentale entre le bon (conforme à loi de Dieu) et le juste (conforme à la loi des hommes) sans quoi il ne saurait y avoir de liberté et même de comportements vraiment bons.

    Revenir a une conception de la vie publique « pré XII ème siècle » sous la poussée de media tellement subventionnés qu’ils ne sont même plus soumis à la « loi du marché » n’augure rien de bon pour l’avenir…
    CPEF

    • @ Franz
      Non, au XXIème siècle, c’est la loi légale contre la voix populaire « vulgaire », provoquée par un concours de rédacteurs de presse et d’influence, qui condamne un « présumé innocent » avant toute action judiciaire mais la presse-papier française qui joue, actuellement sa vie de privilégiés (subsides et 30%) avec un modernisation prochaine, préférant des images vidéo aux contradictions bavardes de leurs propos, avec 12 à 36 heures de retard sur l’actualité!

      Dans la France déchristianisée, la religion ne dicte plus rien de moral, le relais étant prix par 1000 candidats soucieux qu’on suive LEURS idées de droite,gauche, rouges, bleues, vertes, « nuit-chocolat-bleu-pâle »!

      L’important est qu’on a empêché DSK de devenir président comme Fr.Fillon de poursuivre sa candidature: ça fait « république bananière », non?

  • Et puis quoi encore!
    La France est au 23ème rang en terme de « corruption » pour Tansparency International. On se traine en politique depuis des années des condamnés ou en cours de condamnation longue durée, toujours présents, qui en plus se marrent. Et à chaque quinquennat et dans chaque gouvernement, on se tape des conflits d’intérêt, des abus de biens sociaux, du favoritisme, de la prise illégale d’intérêt et j’en passe. Dont bien sûr on oublie qu’ils le sont puisque jugés (quand une cour veut bien prendre en charge le dossier, ben ouais ma note va en prendre un coup…) aux calendes grecques puisque reports, appel, QPC, cassation, recours haute cour voire CJUE.
    On pond un paquet de lois à posteriori, en laissant suffisamment de trous pour n’importe quelle interprétation, qui s’empilent au code pénal, un des plus épais au monde. En sachant que le pékin moyen serait déjà embastillé et soumis à l’opprobe générale pour même pas 1% des faits qui sont relatés. Et le tout en quelques semaines…
    Bref, il suffit de regarder les autres pays, au moins de l’UE, pour voir que l’on est quand même au-dessous de tout. Et il faudrait être magnanime, sympathique, compréhensif voire juste ironique?

    • @ vitevu

      « il suffit de regarder les autres pays, au moins de l’UE, pour voir que l’on est quand même au-dessous de tout. Et il faudrait être magnanime, sympathique, compréhensif voire juste ironique? »

      Je confirme!

  • qui a ouvert la boite à pandore ? L’élection présidentielle a été truquée par l’affaire Fillon. Ceux qui s’en sont servis ne peuvent déplorer aujourd’hui d’être pris à leur tour dans la tourmente. Il apparaît aujourd’hui que Bayrou est un magouilleur, de Sarneze sont incontournable double tout autant, que Ferrand a usé et plus qu’user de ses entregents en faveur de personnes de son entourage très, très proche…. et ce cela la vertu dont Macron et Bayrou nous ont tant parlé, est ce cela la morale qu’ils veulent établir ?

  • Il ne s’agit pas d’une question de morale mais d’une question de savoir qui paie quoi et pourquoi. Que chacun veuille privilégier ceux qui lui sont proches (conjoint, enfant, parent, ami, allié, etc.), avec son propre argent, rien de plus normal. Par contre, demander à des contribuables de payer des impôts pour financer ce type de dépenses au profit de détenteurs de pouvoirs publics, n’est pas acceptable.
    Nous sommes accablés d’impôts-taxes-contributions et de réglementations coûteuses et nous ne supportons plus les privilèges de ceux qui en sont dispensés ou qui se font financer sur fonds publics.

    Il s’agit d’autant moins d’une question de moralité qu’il s’agit d’une question de professionnalisme. Une personne dont le métier entre dans la catégorie des « personnes de confiance » n’a aucune difficulté à ne pas abuser de la situation. On peut lui donner les clés du coffre, elle n’en distraira pas un centime. Pas en raison de sa moralité mais en raison de son professionnalisme. Elle sait se situer et ce pour quoi elle est payée. Les pouvoirs publics, y compris les élus, sont détenus par des personnes qui doivent être sélectionnées sur leurs capacités à être des personnes de confiance. La moralité n’a rien à voir dans l’histoire, mais l’amateurisme si.

    En d’autres termes, la France n’a pas besoin de moraliser sa vie publique, elle a besoin de la professionnaliser. Notre pays pêche non par insuffisance de moralité mais par excès d’amateurisme. La bataille que nous avons à gagner n’est pas celle de la moralité mais celle du professionnalisme. Nous ne supportons plus d’être dirigés par des amateurs qui ruinent les efforts de ceux qui gagnent de l’argent justement parce qu’ils ne le sont pas.

  • Vous ne connaissez pas la vie des « gens d’en bas », la férocité du contrôle social, CAF, Pôle « emploi », le harcèlement vécu par le chômeur ou le petit entrepreneur, celui qui n’a pas d’amis bien placés, de passe-droits, traqué, affamé pour mille euros, quand les politicards empochent en famille par millions.
    Et se permettent de donner des leçons !
    Les ministres seraient aux minima sociaux, hébergés cité des 4000, nul doute que leurs politiques seraient différentes…

  • Bonjour,

    Il ne faut pas exagérer…si l’on doit tolérer les magouilles des politiques alors il faut accepter la truanderie comme légale.

    Ce n’est pas parce que l’on n’est pas juriste que l’on ne connait pas ou du moins que pour une raison ou une autre un citoyen ne puisse s’intéresser au droit en consultant les codes et la jurisprudence et autres infos comme ceux des sociétés, »des mutuelles »,pénal,des marchés publics (dans ce domaine les affaires sont légions)etc….

    Additionner toutes ces infos y compris les rapports et délibérations des chambres régionales des comptes cela donne un résultat déplorable de ce qui se passe dans notre si bonne et si généreuse république bananière….

  • Re,

    J’ai oublié…Anticor qui est sous le feu des projecteurs comme anti corrupteur ne devait pas déposer plainte d’autant qu’un de ses co-fondateurs et pilier de l’asso..en la personne du juge Alphen est candidat d’EM mais sans doute par opportunisme de mauvais aloi et voyant l’affaire mal en point à changé d’avis au dernier moment… Bizarre..bizarre…Non???

    Affaire Ferrand : les associations anticorruption veulent une enquête …
    http://www.leparisien.fr/…/affaire-ferrand-les-associations-anticorruption-veulent-une-enquete...
    Il y a 1 jour – L’association FRICC, qui s’est révélée en 2015 avec le «Barçagate» … Une association va porter plainte contre Richard Ferrand, pour «qu’une …

  • illicite, illégal ? en tout cas écœurant : rendez-nous l’argent !!!

  • Assez d’accord pour dire que ce qui est légal n’est pas forcément moral et c’est pourquoi depuis 10 ans la fonction de déontologue a été créée dans nombre d’entreprises. Car la morale est relative, oui mais par métier, et celui de politicien n’y échappe pas.
    Cela je n’aimerais pas être journaliste au Canard: se contenter de diffuser (au compte gouttes de préférence) des dossiers, soigneusement préparés avec une soigneuse malveillance par des services ou des officines spécialisés, juste pour faire du fric, sans souci des calomnies qui s’ensuivent… Chacun se fait plaisir comme il peut.
    Dernière remarque, il est étonnant d’entendre les journalistes évoquer sur un sujet « l’opinion publique » d’une part, et les médias d’autre part, comme s’ils étaient une entité déconnectée du public. Bizarre.

  • C’est un point de vue tout à fait acceptable. Mais je pense qu’il nous écarte de la réalité du moment, qui est que l’abus de bien social s’est généralisé dans notre état Jacobin obèse et au sein de la nomenklatura qui le constitue. J’ai beaucoup travaillé à l’étranger, dans le monde libéral. J’y ai appris que la morale des affaires, y est beaucoup plus rigoureuse que chez nous. Et ce que m’inspire la situation actuelle, c’est qu’on cherche impuissamment à résoudre par la loi, ce qui est essentiellement un problème de moralité.

  • jacques lemiere
    2 juin 2017 at 7 h 20 min

    A mon avis, un peu trop d’insistance sur le concept de moralisation, alors certes vous avez raison le mot est mal choisi, mais ça n’empêche pas qu’il y a des progrès à faire en matière de surveillance de l’action des hommes politiques, à titre personnel je n’ai pas suivi l’affaire ferrant car si une personne y voit scandale, ou bien c’est illégal ou bien la loi est scandaleuse…reprocher à une personne d’avoir agi en accord avec la loi c’est comme reprocher aux banquiers d’avoir utiliser les perversions de l’interventionnisme politique en économie.
    Reste que le travail à faire est énorme en France car la majeure partie des gens accepte de donner aux politiques tout liberté à spolier le fruit du travail honnêtement gagné et justement gagné.

  • Les commentaires sont fermés.

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