Croissance : les directeurs financiers français voient le futur en rose

Cadres managers costume cravate (Crédits : Paul Goyette, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Effet Macron ou effet conjoncturel, les directeurs financiers français retrouvent le sourire.

Par Alexis Vintray.

Selon la dernière étude européenne menée par le cabinet d’audit et conseil Deloitte, les directeurs financiers français voient la vie en rose et témoignent d’un plus grand optimisme et d’un appétit renforcé pour le risque1.

Les dirigeants français ont le sourire

En France, les directeurs financiers interrogés sont nettement plus optimistes (37% se disent optimistes ou très optimistes sur la conjoncture économique) qu’il y a six mois (23%) ou même qu’il y a un an (0%).

Effet Macron ? Plutôt un effet de la croissance économique meilleure que prévue selon Jean-Paul Betbèze, Economic Advisor de Deloitte. Mais peu importe le flacon…

Cela s’illustre en particulier par la hausse du chiffre d’affaires attendu par les directeurs financiers : ce chiffre d’affaires serait en croissance ou forte croissance pour 68% des répondants, contre 57% au 3e trimestre 2016. Une bonne nouvelle là aussi, même si cela laisse entendre que 32% des entreprises attendent stagnation ou baisse de leur chiffre d’affaires.

En découle aussi une hausse des perspectives d’investissement sur l’année à venir, puisque 50% des directeurs financiers prévoient d’augmenter leurs investissements, mais aussi leur rythme de recrutement, contre respectivement 36% et 37% il y a six mois.

Le Brexit continue à inquiéter les financiers britanniques

Loin des promesses optimistes d’un Brexit positif pour le Royaume-Uni, la confiance des directeurs financiers britanniques est pour sa part à la traîne comparée au reste de l’Europe.

62% des directeurs financiers britanniques attendent ainsi une augmentation de leurs résultats, contre 68% en moyenne en Europe et 69% en France. Ils sont aussi très nombreux à pointer le poids de l’incertitude politique sur leur activité : 85% des répondants s’en plaignent, contre 61% en moyenne en Europe, 63% en France, mais 85% aussi en Allemagne.

Enfin, si 34% des directeurs financiers français considèrent qu’il est probable que leur entreprise augmente l’effectif employé au cours de l’année à venir, ils ne sont que 12% au Royaume-Uni, lanterne rouge européenne.

Une Europe divisée dans les entreprises aussi

Les divisions sur la construction européenne trouvent un écho aussi chez les directeurs financiers européens : selon Deloitte l’adhésion à une intégration européenne est plus forte en Grèce (80%), en Espagne (68%) et au Portugal (66%) quand l’Europe à plusieurs vitesses est plébiscitée par les directeurs financiers allemands (69%), belges (65%), suisses, hollandais et autrichiens (57%).

  1. Étude réalisée à partir de retours collectés par les 19 entités européennes de Deloitte, auprès de 1 580 directeurs financiers.