Que retenir de la nomination d’Édouard Philippe comme Premier Ministre ?

Il aura fallu plusieurs heures d’attente pour que la décision largement pressentie de nommer Edouard Philippe à Matignon tombe. Que signifie-t-elle ?

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Que retenir de la nomination d’Édouard Philippe comme Premier Ministre ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 mai 2017
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Par Éric Verhaeghe.

Alexis Kohler a confirmé le pressentiment annoncé depuis plusieurs jours par la presse : c’est le juppéiste Édouard Philippe qui devient Premier ministre. Il aura fallu plusieurs heures d’attente pour que cette décision largement pressentie tombe. Que signifie-t-elle ?

Un pari sur l’implosion de la droite

Pour Emmanuel Macron, ce choix, qui devrait durer au-delà des prochaines législatives, manifeste bien son intention de saper le paysage politique de la droite après avoir sapé celui de la gauche. Reste à savoir (et la composition du gouvernement, prévue pour demain, permettra de le confirmer) si les bataillons juppéistes attendus dans la foulée suivront. Peut-être les transfuges se limiteront-ils à quelques ministres comme Bruno Le maire par exemple, sans déborder sur le corps des troupes.

Le risque d’une hyper-énarchisation du pouvoir

Avec un Président inspecteur général des finances et un Premier ministre conseiller d’État, ajoutés à un président du Conseil Constitutionnel lui-même inspecteur général des finances, la France de Macron est plus que jamais une énarchie. On notera qu’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, est lui aussi énarque. Et pour l’instant, pas une femme en vue ! Ce n’est pas exactement le souhait que les Français ont exprimé en pratiquant le « dégagisme ». Nul ne sait, à ce stade, l’impact de ces choix sur l’opinion publique.

La révolution jeune-turc continue

En matière de renouvellement, Édouard Philippe n’est pas un exemple absolu. L’intéressé, qui a succédé à la mairie du Havre à Antoine Ruffenacht, s’est par exemple beaucoup opposé à la transparence des patrimoines et à l’interdiction du cumul des mandats. Il sera forcément attendu au tournant, notamment sur le très imminent projet de loi sur la moralisation de la vie publique.

En attendant, ce sont plus des étatistes centralisateurs qui arrivent au pouvoir que des libéraux rénovateurs.

Macron cherche à rester dans l’ambiguïté…

En attendant, le choix d’Édouard Philippe montre bien qu’Emmanuel Macron cherche des personnalités peu marquées, modérées jusqu’à l’effacement politique. C’est une façon de n’opter ni pour la gauche ni pour la droite. On en reste toujours à cette politique pragmatique, incertaine, dont les contours ne sont pas connus. Il faudra voir avec attention le discours de politique générale du Premier ministre pour savoir quelle direction idéologique il voudra donner à son action.

… mais y arrivera-t-il ?

Cette posture de l’ambiguïté sera quand même difficile à tenir éternellement. Outre que certaines options seront obligatoirement clarifiées à court terme, la campagne des législatives donnera aux autres partis l’occasion de lutter farouchement contre cette nomination. Le Parti Socialiste et la France Insoumise ont d’ailleurs d’ores et déjà sorti l’artillerie pour tirer à boulets rouges sur la nouvelle équipe.

La question critique est évidemment celle du ralliement ou non d’Édouard Philippe aux candidats En Marche contre les Républicains qu’il soutenait la semaine dernière… à l’occasion des législatives.

Une prise de risque technique pour la campagne d’En Marche

Les investitures définitives d’En Marche devraient donc être connues le 17 mai… avec un impact possible sur les candidatures des autres partis. Les dépôts de candidature seront clos vendredi. On peut donc penser que la campagne des législatives ne commencera pas avant le 19 mai. Pour les candidats En Marche, ces choix tactiques laisseront donc trois semaines pour se faire connaître sur le terrain.

C’est quand même très peu…

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  • Une personne modérée…ça existe chez les énarques ?
    Ce choix est encore une belle manoeuvre politique avant les législatives , la suite promet d’intenses débats sur ce qu’est devenue notre république !

  • Je n’aime pas cette systématisation de l’ENA-Basching.

    Énarque n’est ni un gage de qualité ni de défaut. C’est juste un complément de formation et non une formation initiale.

    Surtout que par le comportement d’E.Macron on voit resurgir très fortement sa formation de philosophe plus que sa formation complémentaire d’énarque soucieux qu’il est du symbole et du détail.

    • Les populistes voient dans l’ENA le symbole même de la France d’en haut.
      Mais le vrai problèmes des énarques est qu’ils sont formés pour faire croitre et augmenter l’action de l’état sans jamais la diminuer. Il n’y a donc aucun libéralisme à attendre de leurs actions politique.

    • Qu’elle est la motivation pour faire l’ENA ?
      Entrer dans la plus grosse entreprise française et en plus celle ci ne peut pas faire faillite.qualite requise….aucun amour propre plus savoir nager en eaux troubles.
      Version Bisounourserie : aider les gens en améliorant le fct de l’état…..vous y croyez sûrement mais si vous consulter leur cursus…..

    • Je ne suis pas adepte de la critique systématique de l’ENA. Toutefois, il me semble malsain que les anciens élèves de l’ENA détiennent trop de postes clefs. C’est la diversité des points de vue qui fait la richesse d’une équipe.

    • Il y a plusieurs auteurs de contrepoints dont Éric Verhaeghe qui ont fait parti de l’ena. Il y a des énarques compétents. Ceci dit force est de constater que la plupart des énarques sont des étatistes incompétents coupés du monde réel. Le problème est plus profond que l’ENA. Il vient d’abord de Science Po (enfin plutôt science pipo). A Science Po, on apprends à formater les élites. Le parcours classique de l’énarque c’est science po paris puis ENA. Science po paris est bien plus dommageable que l’ena. L’ENA devrait recruter de manière plus divers (et pas seulement à science po paris)

    • Trop d’énarques au pouvoir est une mauvaise chose. les énarques ont trop de pouvoir en France. Cela pose des problèmes en terme de démocratie. L’ENA est une sorte de noblesse d’état qui possède un grand pouvoir. Les énarques pratiquent en général l’entre soi

  • Un détail : Macron n’est pas inspecteur général des Finances, il s’agit du plus haut grade de son corps – qu’il n’atteindra par conséquent jamais. Et Fabius vient du Conseil d’Etat.

  • Le coté ENA n’est pas le pire. Le vrai problème est que Macron est un autocrate qui s’applique à détruire systématiquement tous ceux qui euvent lui faire de l’ombre et ne sont pas totalement soumis. Valls est brisé, BAYROU sera jetté quand il ne sera plus utile, les ralliés de droite (Lemaire, Estrosi…) subiront le même sort. Ne resteront que des jeunesses Macronistes dévouées à leur leader gourou. Je me trompe peut être mais il serait sage de ne pas courir trop de risques pour la démocratie en lui confiant les pleins pouvoirs. Pourvu que la droite de gouvernement tienne !

    • Il est permis de douter de la droite de gouvernement, ils sont en train de se dépêcher de supprimer toutes les mentions potentiellement « libérales » qui pouvaient rester dans le programme de Fillon et de se transformer en annexe du PS. Ave en prime la guerre des chefs qui commence, bientôt cette droite là ne sera plus qu’un champ de ruines. Le seul qui semble capable de recoller un peu les morceaux, ça serait Sarko. Et plus personne n’en veut hors de son camp.

  • Pour les libéraux cette nomination est une très mauvaise chose. Voir un juppéiste (faisant en plus parti de l’aile gauche des juppéistes) être nommé premier ministre est très mauvais. J’aurais mille fois préféré Sylvie Goulard qui elle en plus a des compétences en matière économique. Edouard Philippe n’incarne pas le renouveau et n’est pas du tout libéral. J’ai des sérieux doutes quand à sa volonté de réformer la France (il veut juste faire quelques réformettes).

    • Je crois qu’à ce stade il ne s’agit pas de réformer mais de manoeuvrer en vue de conquérir un parlement docile pour avoir les mains libres ensuite.
      Si Mr Macron a des intentions libérales, ce que j’ignore, alors il faudra regarder de plus près la compétence et la composition des ministères après Juin. Il est clair que l’essentiel de l’expertise devra être trouvée en dehors de l’ENA qui ne fournit pas un niveau intellectuel suffisant sauf exceptions individuelles assez rares.

  • Youpiiiii ! Cela fait des mois que je fais des « posts » pour dénoncer la main mise des « énarques » sur les affaires de la France – Et lorsque je lis les articles ci-exposés, je me dit heureux que commence à émerger ce type de critique – Car enfin : Ce « machin » qu’est l’ENA n’a jamais été fait pour préparer des « élites » à la gestion d’un pays, donc de la plus grande entreprise de France… comme le disait déjà le Gl. C. de Gaulle… ça fait un bail ! – Ils ne sont QUE des FONCTIONNAIRES ! – Et depuis 45 ans, nous avons vu les capacités de gestionnaires de ces personnes qui ont toujours eu des postes clef et il suffit de se retourner pour faire le constat et le bilan de la déchéance de notre beau pays – Mais les Français sont masos – Par ailleurs, Macron nous a promis qu’avec son gouvernement nous allions voir ce que nous allions voir : « Je composerai un gouvernement de personnes inconnues du grand public, avec des personnes provenant de la société civile ! » – Avec celles déjà « sorties de son chapeau » nous sommes déjà fixés – Nous continuons à surfer sur la vague du mensonge…. Vivement 2022 !

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Emmanuel Macron
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