4 personnages de l’histoire de France qui pourraient être candidats à la présidentielle

On se plaint de la médiocre qualité du débat à l’élection présidentielle. Mais à quels personnages historiques peuvent être comparés Fillon, Macron, Le Pen ou encore Mélenchon ? Pourrez-vous le deviner ?

Par Franck Morel.

On a beaucoup affirmé, à juste titre, que cette campagne présidentielle resterait comme l’une des plus médiocres. Les propositions de fond des candidats ont été trop peu abordées et leur caractère commence parfois seulement à être effleuré.

Si on tente de prendre un peu de recul, on peut chercher l’inspiration dans l’Histoire de France, parmi les nombreuses figures qui l’ont construite. On va trouver quelques ressemblances avec les principaux candidats. L’exercice paraît intellectuellement stimulant et sans doute riche d’enseignement. Voici donc quatre personnalités entre lesquelles on pourrait avoir à faire un choix.

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis fut l’épouse d’un roi et la mère de trois Rois de France. Elle fut régente du royaume de France durant trois ans. Son emprise est donc marquée fortement par des liens familiaux puissants. Son époux Henri II – et non son père dans ce cas – fut éborgné par une lance lors d’un tournoi.

Il y trouva la mort et cet épisode la marqua tellement que son emblème était une lance brisée et sa devise sous ce blason « De la viennent mes larmes et ma douleur ».  Le nom de Catherine de Médicis est attaché à celui d’une femme forte, dont la légende noire a été renforcée par Alexandre Dumas dans le roman La reine Margot qui soulignait son aversion pour le protestant Henri de Navarre, futur Henri IV.

Son nom est aussi resté lié aux guerres de religion et en particulier au massacre de la saint Barthélémy en 1572, et donc comme associé à une période d’affrontements et de repli entre Français.

Louis-Philippe ou le juste milieu

En 1830, Louis Philippe devint roi des Français, avides de nouveauté, après le règne d’un Charles X déconsidéré. Fils de Philippe Égalité qui vota la mort du roi et le trahit donc, il fut pourtant le dernier avatar de la monarchie et donc en parallèle le reflet d’un changement et d’une continuité. « Nous cherchons à nous tenir dans le juste milieu, également éloigné des excès du pouvoir populaire et des abus du pouvoir royal », déclara-t-il, cette formule excitant les moqueries de la presse d’opposition.

Durant son règne il ne réussit cependant jamais à calmer tant les légitimistes que les républicains qui le contestaient, et fut régulièrement confronté à des tentatives de renversement. Roi bourgeois, il évolua après avoir été poussé par les libéraux vers une monarchie proche des milieux d’affaires, son Premier ministre Guizot proclamant le célèbre « Enrichissez-vous ! ».

Son règne fut aussi marqué par la conquête – colonisation – de l’Algérie… Alors que selon Lamartine, « la France s’ennuyait » et que selon Tocqueville son règne était celui du « rapetissement universel », il se terminera, sans doute injustement mais inéluctablement, par la fin définitive de la royauté et des rêves de monarchie à l’anglaise.

Richelieu, corrompu mais véritable homme d’État

Le cardinal de Richelieu est demeuré 18 ans le ministre principal du Roi Louis XIII. Longtemps donné comme fini et abandonné, il réussira à demeurer au premier plan comme lors de la fameuse journée des dupes en 1630 où, alors que la reine mère voulait sa tête, le roi lui conserva in fine sa confiance.

Présenté comme corrompu, il restera avant tout comme le fondateur de l’État moderne et l’un des grands dirigeants que la France ait connu. Il défendait l’idée que faire une loi et ne pas la faire exécuter était précisément autoriser ce que l’on voulait interdire. Homme pieux, il réussit à mettre au pas les protestants et lutta contre la maison d’Autriche, dans le cadre d’une politique étrangère pragmatique en vue de rééquilibrer les forces en Europe.

Il fût à l’origine de l’Académie Française, lieu de promotion de la culture française… Personnage injustement dépeint par Alexandre Dumas comme machiavélique et retors dans le roman Les Trois mousquetaires, son impopularité ne lui a pas empêché de durer. Il a inspiré des sentiments ambivalents, à l’instar de Corneille qui affirmait qu’il lui avait fait trop de bien pour en dire du mal et trop de mal pour en dire du bien.

Robespierre, la dictature de la vertu

Robespierre était surnommé l’incorruptible.  Lors de la révolution française, il fût avant tout défenseur de la vertu, alors que les citoyens se voulaient désormais insoumis. Cette vertu devait produire du bonheur « comme le soleil la lumière ».  Rien n’était plus juste à ses yeux que ce qui était honnête, et rien n’était plus utile que ce qui était juste. Cette vision rigoriste et pure de l’action publique se voulait aussi la défense de la justice sociale et de la démocratie directe.

Cependant, elle s’illustra par l’une des plus effroyables périodes de notre histoire, celle de la Terreur, durant laquelle les têtes de ceux qui ne semblaient pas adhérer à cet idéal tombaient allègrement. Sa mémoire et son action y sont indissolublement associées.

Son rapport à la religion était marqué par le culte de l’être suprême, figure laïque d’un dieu de vertu. La période révolutionnaire est à la fois celle de la liberté mais aussi celle des assignats dont le rejet était passible de mort, et qui ont ruiné le pays.

Ces quatre personnages ont contribué au devenir de notre pays tel qu’il est. Certains fascinent, effraient, suscitent l’ironie mais, in fine, si nous devions en choisir un qui reviendrait aujourd’hui pour diriger la France, pour lequel opterions-nous ?