L’Union Européenne, réussite et espoir du libéralisme ?

Si l’on peut en dénoncer les dérives parfois, les libéraux devraient aussi souligner les avancées pour la liberté apportées par la construction européenne.

Par Cécile Belliard.

Montée des populismes et campagne présidentielle française obligent, l’Union européenne est décriée de toutes parts. Accusée de tous les maux, l’UE et ses fonctionnaires ne sont défendus que mollement par des candidats trop peu téméraires pour souligner tous les aspects positifs que l’on doit à une Union née de la volonté de rapprocher des peuples et de les faire grandir ensemble.
 
Union européenne, zone euro, ces concepts désormais bien perceptibles par les Français ont une curieuse tendance à sentir le souffre à l’approche des grandes échéances électorales. De droite ou de gauche, les populismes poussent et font de tout ce qui est européen un ennemi en puissance. Soixante ans après la signature du Traité de Rome, les attaques n’ont jamais été aussi violentes et la défense que l’on est en droit d’attendre n’est pas à la hauteur. Dénoncer les contradictions des populistes, c’est bien mais dresser le bilan de l’Union européenne c’est encore mieux.

Les avancées libérales permises par l’Europe


Une des critiques qui revient sans cesse consiste à pointer du doigt le trop plein de réglementations émanant de l’UE. Cette dernière voudrait tout régenter et s’insérerait dans la vie des commerçants, paysans, pêcheurs et autres particuliers. Les faits sont tout autres puisque l’Union européenne perpétue l’un de ses principes fondateurs qui est d’harmoniser les législations nationales afin de faciliter les contacts et échanges entre pays membres. Certes, Bruxelles est à l’origine de nombreuses lois votées par les Parlements nationaux, mais le résultat est plus que positif. Les désirs de voyage n’ont jamais été aussi faciles à assouvir : plus besoin de visa pour se rendre à l’étranger, les trains peuvent circuler d’un pays à l’autre sans poser le moindre problème technique, la monnaie est la même dans dix-neuf pays. 
 
L’Union européenne a créé un espace unique de libertés qui profite à des millions d’Européens. Ces avancées incroyables au regard de l’histoire du Vieux continent semblent pourtant acquises pour les jeunes générations, qui n’ont connu que les facilités forgées patiemment par les hérauts de l’UE. Le regard se tourne seulement vers ce qui ne fonctionne pas bien. Une lecture manichéenne qui n’est pas partagée par les entreprises (et leurs salariés) qui vivent grâce aux exportations sans problèmes de change ni de douanes. Le libéralisme européen est une réussite qui s’ignore et c’est pourquoi elle est aujourd’hui mise en difficulté dans les discours des populistes. 
 
Avec peu de moyens, les dirigeants européens ont mis en place des règles qui profitent à tous, mais qui ne sont défendues par personne par lâcheté ou simple méconnaissance. L’Union n’est pas la machine libérale diabolique qui détruit tout sur son passage comme aiment à le rappeler ses détracteurs. Elle est la forme la plus aboutie – et en constante amélioration – de ce que la liberté économique peut engendrer. Est-ce un modèle de perfection ? Talleyrand peut nous aider à répondre à cette question : « Quand je m’observe, je m’inquiète. Quand je me compare, je me rassure ». À bon entendeur !