Transition énergétique : une catastrophe financière en Allemagne

Le géant allemand de l’électricité E.on prévoit 12,4 milliards d’euros de pertes, et peut être davantage, et son concurrent RWE, 5,7 milliards. 1000 emplois sont menacés

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Transition énergétique : une catastrophe financière en Allemagne

Publié le 13 mars 2017
- A +

Par Pierre Josselin.
Un article de No Tricks Zone

La transition énergétique risque de mener à un effondrement complet du secteur de la production d’électricité en Allemagne.

Le géant de l’électricité  perd plus de 12 milliards

La dernière nouvelle est que le géant allemand de l’électricité E.on s’attend à afficher une perte massive de 12,4 milliards d’euros pour l’année 2016, écrit le site NTV News ici. Prenant garde à ne pas relier cette perte à la politique allemande en situation d’échec sur les renouvelables, NTV pointe du doigt la filiale de E.on, Uniper et ses sorties de bilan pour sa « séparation du secteur des centrales nucléaires » et les « prix de gros qui ont fortement chuté ».

L’action E.on a chuté de 7,57 euros en début de semaine à 6,98 euros jeudi en début de matinée, avant de regravir la pente jusqu’à 7,15 euros lors de la séance du vendredi.

Le chiffre des pertes n’est qu’une estimation préalable, le vrai résultat sera connu le 15 mars. Mais Handelsblatt écrit que les pertes pourraient être encore plus lourdes. « Ce sera encore pire » disent des sources à l’intérieur de la compagnie.

Handelsblatt rapporte aussi qu’au moins 1000 pertes d’emplois sont planifiées par E.on, dans un effort pour ramener sous contrôle la situation des coûts.

Traumatisme financier massif

Il y a juste quelques jours, NTZ écrivait qu’un autre des producteurs majeurs d’électricité en Allemagne, RWE, a aussi affiché des pertes stupéfiantes de 5,7 milliards d’euros.

Les pertes de E.on viennent à la suite d’un déficit de 7 milliards d’euros subi par le géant allemand en 2015.

Autrefois solidement profitables et fournisseurs d’emplois stables et bien payés de techniciens et d’ingénieurs, l’industrie traditionnelle allemande de la production d’électricité a beaucoup souffert depuis que la transition énergétique a vraiment pris effet. Des emplois ont été perdus par milliers.

Le réseau allemand de distribution d’électricité était autrefois considéré comme un des plus stables au monde, fournissant aux consommateurs une électricité bon marché et fiable, mais il s’est depuis détérioré du fait des conditions de marché distordues et des énormes fluctuations de la production éolienne et solaire qu’on lui impose d’absorber.

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  • Bah, il faut savoir perdre aujourd’hui pour gagner demain. cela s’appelle ,investir .
    Toute une industrie est à créer pour s’adapter à l’intermittence énergétique.
    Par exemple , le frigo à accumulation de froid comme il existe déjà des radiateurs adaptés à l’intermittence (Hpleines,Hcreuse). Pour l’éclairage tout existe.
    On doit s’adapter à ce nouvel environnement énergétique où l’electricite n’est plus en continu .

    • Le problème de la transition énergétique ne se limite pas aux frigos de la classe moyenne. Que vont faire les entreprises confrontées à une électricité intermittente? Quel sera l’impact sur leurs coûts? Etc.
      On nous vend les éoliennes et les panneaux solaires comme des solutions « respectueuses de l’environnement », mais quid du bilan global? De la construction de centrales (au gaz dans le meilleurs des cas) capables de suppléer quand il n’y a pas de vent? Parce que non, les centrales actuelles n’ont pas été conçues pour être allumées et éteintes en permanence.
      On ne doit pas « s’adapter » à un problème qui a été créé artificiellement, par des considérations plus politiques qu’économiques, et par une approche idéologiquement biaisée de l’écologie. Il faut résoudre le problème.

      • On ne doit pas « s’adapter » à un problème qui a été créé artificiellement, par des considérations plus politiques qu’économiques;;;très bien dit , mais ça c’est dans un monde normal…

        • Et que faite-vous de la destruction créatrice, grand principe libéral de la soumission de la production au marché?

          N’est-ce pas ce que vit l’Allemagne quand la France s’accroche à son « glorieux » passé et à ses mythes?

    • Heu, déjà un réfrigérateur A3+ pèse plus de 60 kg ❗ Alors à accumulation, il va peser 300 kg :mrgreen: Et le plancher résistera-t-il ❓ Coûtera-t-il moins de 2000 Euros ❓ Y aura-t-il la place pour un tel monstre dans les studios ❓

      Bref une idée de génie. J’en ai une autre : mettez un pédalier, et pédalez pour avoir du froid 🙂 C’est bon pour la santé 🙂

  • L’Allemagne a voulu remplacer le nucléaire par des énergies intermittentes. Certains veulent faire la même chose chez nous. L’exemple allemand leur montre où cela mène.

    • @ Jacques Peter

      On ne connait que trop bien l’a priori des lecteurs de Contrepoints pour le tout nucléaire français, avec un mépris souverain pour les danger potentiel qu’une centrale nucléaire représente, la méconnaissance du coût de l’avenir des déchets ou le coût du démantèlement de ces centrales en fin de vie alors qu’on voit bien que leur « prolongation » exige déjà des milliards, pas forcément provisionnés suffisamment.

      Tout en faisant semblant d’ignorer le bâtiment magnifique et énegétiquement complètement autonome d’Apple, en Californie: encore des gens qui n’ont rien compris, ans doute?

      • La Californie a plus de 300 jours de soleil par an! Citer en exemple Apple est une arnaque écologiste de plus pour tromper les citoyens! Vous avez compris qu’on peut mystifier les gens par des mensonges en falsifiant la réalité.

        • bien évidemment, il fait toujours nuit en allemagne

        • Ce que l’on peut constater jusqu’a présent c’est que nos capacités de stockage ne sont jamais saturées par la production renouvelable (et qu’on est très loin d’un tel scénario). Le jour lointain ou ces capacités seront saturées et que les capacités de modulation hydrauliques seront aussi saturées (c’est aussi une forme de stockage) il faudra envisager d’autres solutions.
          Pour l’instant, ces capacités de production sont les plus économiques et il ne faut pas des années pour les deployer.
          Avec l’importante baisse de production nuclèaire liée au grand carènage c’est un atout

  • @ jacques lemiere

    Il ne faut pas confondre production de CO2, changement climatique et pollution, alors que le nucléaire peut entrainer, lui, des condamnations de terres se calculant en km2X10 exposant x, rarement mais possiblement! Fukushima en est la dernière preuve.

    Écarter ce danger n’a rien de ridicule: le fait que la France ait construit ses premières centrales aux frontières du pays, y compris les bords de mer, est clairement la volonté de partager avec le « limitrophe » la surface à sacrifier, en cas de « pépin »!

    Autant vous dire que je ne crois aux propos succints et sans précision de votre ASN en faisant bien plus confiance à l’instance européenne internationale, concurrents compris. Même M.Gay, défenseur monomaniaque du nucléaire dans ces pages, commence à doucement rétropédaler!

    • Écarter ce danger n’a rien de ridicule: le fait que la France ait construit ses premières centrales aux frontières du pays, y compris les bords de mer, est clairement la volonté de partager avec le « limitrophe » la surface à sacrifier, en cas de « pépin »!

      Pas vraiment en fait, les centrales avaient été mise à la frontière aussi parce que la France avait prévu d’échanger de l’électricité avec ses voisins, et pour cela la mise aux frontière permettait de réduire la perte de charge sur les lignes.
      De plus, les centrales en bord de mer sont là pour une raison simple : il faut une source froide conséquente pour une centrale nucléaire, c’est même une condition de bon rendement (et même dans certains cas extrême, une cause de fonctionnement à puissance réduite, les chinois le découvre d’ailleurs ^^). Cela explique pourquoi aussi on a beaucoup de centrales en vallée du Rhône.

      C’est marrant quand même, au Japon dernièrement, il y a eu la mémoire du tsunami, pas de «  »Fukushima » », ça on en parle qu’en France avec force et cri… Les japonais eux, pleurent leurs morts, et pas ceux dus à la centrale… Alors oui, cet accident regrettable et impardonnable à mon sens (du fait qu’une partie de l’accident est du à la négligence de TEPCO…), mais n’oublions pas que toutes les industries lourdes ont rendu le sol infertile, et que personne ne l’a relevé.

      Enfin, je dirai que le nucléaire est une source d’énergie intéressante, mais que le jour où il y aura mieux sur tous les plans, je ne verrai pas de soucis à faire la fameuse « transition énergétique ». Aujourd’hui, il n’y a pas d’alternative viable (en énergie stable et continue)

      • @ Froidemont

        Je comprends bien la nécessité d’eau froide et de diminution de la longueur des lignes H.T. (avec déperdition) mais l’argument est insuffisant pour rassurer les voisins de Fessenheim, Chooz, Cattenom ou Gravelines.

        D’autre part la pollution maritime par les eaux de Fukushima n’a rien d’anecdotique!

        Le Tsunami, réputé imparable, quoiqu’évidemment possible dans cette région particulièrement sismique, a opportunément caché les victimes qui d’ici quelques années seront bien plus nombreuses que les 3 personnes décédées, mais pas d’irradiations, reconnues par M.Gay!

        Si « l’industrie lourde a rendu la terre infertile », le site d’une grosse entreprise sidérurgique a pourtant été dépollué pour y installer un campus universitaire, dans mon pays.

        Je crois que oui, l’énergie nucléaire a bien répondu aux besoins depuis 40 ans ou plus, et à des prix plancher après la construction, ce qui ne résout pas du tout le problèmes des déchets et les coûts de démantèlement, en fin de vie (du béton) sous provisionnés que je sache. Qu’on puisse recycler les déchets irradiants en futur carburant me semble une perspective intéressante: wait & see!

        Que le renouvelable soit intermittent, je l’admets, évidemment, comme le stockage difficile et coûteux: il faut donc bien prévoir une source alternative: le gaz a les faveurs, ne rejetant que du CO2 et de l’eau, théoriquement, CO2 composant modeste de l’air et faisant partie de nos déchets respiratoires, qui n’est évidemment pas, en soi, un toxique, et que nos forêts plus riches et nombreuses, recyclent avec plaisir!

        La mesure du CO2 est un outil mesurant plus ou moins, comme un « reflet », plus ou moins fiable, les autres gaz et particules provenant de la production humaine et surtout de la consommation des énergies fossiles.

        Vous l’aurez compris, je ne suis pas un polémiste idéologique ne connaissant que le « bon, pas bon » des écologistes militants.

        Formé en soins de santé, j’ai eu une formation scientifique débouchant sur un « art » (la médecine), habitué aux « vérités » statistiques: la santé et la vie humaine sont donc sans prix, à mes yeux! Mais la rigueur médicale avouant d’une affirmation qu’elle a été prouvée à 73 %, après exclusion des « tricheurs de bonne foi », qu’un comprimé de « sucre » soulageait aussi facilement: ça me rend humble sur nos connaissances!

        Il en va de même de l’énergie! Je crois volontiers que l’avenir sera un mélange (« mix énergétique ») de sources, parmi lesquelles votre gaz de Lacq, d’origine « bio » naturelle ou vos centrales nucléaires mais très éloignées des milieux de vie ont leur place. En faire un dogme unique, c’est évidemment refuser un proche avenir … et un changement, pourtant véritable valeur « progressiste » en acceptant que les soucis de la population, théoriquement souveraine, en démocratie, aient encore le pouvoir de téléguider les politiciens et pas l’inverse!

        Je suis allé plusieurs fois au Congo, ex-Zaïre, l’énergie nucléaire n’a pas de sens, là-bas: les distances sont tellement longues, sans compter les « pirates » sur la ligne, que ce ne sera jamais rentable!

        Quant à la Chine, elle a besoin d’énergie tout de suite pour conserver son économie exportatrice qui contribue à sa fortune, même si elle commence à « délocaliser » ses entreprises vers des pays à main d’oeuvre encore moins chère!

        Rien n’est donc simple! … Et sans doute encore bien plus compliqué que nous ne croyons!

        • Un Tsunami à Fessenheim? Vous voulez bien nous expliquer comment?

          • la centrale est simplement construite 8 m en dessous du niveau du grand canal d’alsace qui passe juste à coté. Cependant, selon EDF les digues résisteraient à un tremblement de terre 4 fois plus important que celui qui a détruit bâle il y a quelques centaines d’années.

  • Ils sont dedans de 20 milliards ! EDF est à plus de 60 milliards. Areva est en faillite. Des petits joueurs ces allemands.
    Mais nous, nous avons des factures rétroactives, lesquelles reviennent bientôt. (https://www.challenges.fr/entreprise/energie/cette-facture-electrique-inattendue-qui-va-tomber-dans-vos-boites-aux-lettres_460317)

  • La transition énergétique devait créer des emplois? Encore une arnaque des écologistes. En fait elle en supprime!

    • d’après le ministère allemand de l’environnement : création de 220000 emplois entre 2004 et 2011 dans le secteur de l’énergie renouvelable

  • les pertes allemandes sont des dépréciations d’actifs : centrales charbon et gaz (et des provisions pour gérer les déchets de la fin du nucléaire) car les énergies renouvelables sont devenues moins chères! c’est le réalisme allemand

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