L’affaire Mehdi Meklat ou la fin du monopole de la gauche morale

Le monopole de la gauche morale s’effrite sous les coups de boutoir des électeurs humiliés par la déconnexion qu’ils perçoivent entre le discours officiel et leur réalité sociale. L’affaire Mehdi Meklat vient de faire exploser un peu plus la forteresse.

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L’affaire Mehdi Meklat ou la fin du monopole de la gauche morale

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 7 mars 2017
- A +

Par Erwan Le Noan.
Un article de Trop Libre

Les monopoles ont ceci de néfaste que, lorsqu’ils ne reposent pas sur la performance, ils confèrent à leurs bénéficiaires un sentiment de toute-puissance qui leur permet de s’abstraire des réalités, de vivre dans le confort rentier de leurs illusions incontestables et de museler ceux qui, d’aventure, auraient l’audace de les remettre en cause.

C’est le cas de la gauche morale, qui impose son monopole intellectuel sur le débat public en France depuis des années, excluant ceux qui s’en distinguent.

Simone de Beauvoir, sous-entendant que la droite revendiquait la possibilité de rester dans l’ignorance, écrivait : « La vérité est une, l’erreur multiple. Ce n’est pas un hasard si la droite professe le pluralisme ». Le message était clair : la gauche, elle, n’a que faire du pluralisme : dès lors qu’elle détient la vérité, toute dissidence d’opinion ne sert qu’à multiplier les risques d’erreur (et une erreur délibérée est une faute…).

Les victimes ne peuvent pas être des bourreaux

Parmi les vérités à défendre, il y a celle selon laquelle les victimes ne peuvent pas être des bourreaux. Toutes n’ont cependant pas cet honneur : un policier frappé par des jeunes émeutiers n’est pas vraiment une victime ; c’est un dommage collatéral de l’expression d’une souffrance sociale. Celles qui ont toutefois la chance d’être désignées ont le privilège de l’irresponsabilité : on peut, par exemple, être jeune de banlieue (donc, implicitement, victime même inconsciente du colonialisme et de son héritage) et délivrer un discours antisémite, homophobe et raciste décomplexé. Une victime ne peut pas avoir délibérément mal fait : soit elle exprime de manière maladroite un traumatisme qu’elle a subi (c’est l’excuse sociale) ; soit elle doit être dans une forme d’expression artistique (c’est… n’importe quoi !). Voilà comment certains en sont venus à défendre Mehdi Meklat.

Déconnexion. Les monopoles ont un coût social. Dans l’affaire Meklat il est énorme car, en refusant de reconnaître l’horreur dans ses tweets odieux, la gauche morale qui le défend justifie que sa haine ait pu se répandre et légitime que d’autres la reproduisent. En lui accordant des interviews complaisantes où le garçon dit devoir s’exiler pour échapper à la « fachosphère », elle alimente implicitement dans les « quartiers » l’idée qu’en France les « fachos » peuvent organiser des cabales contre les jeunes d’origine maghrébine – et que c’est là le fond de la réaction médiatique des derniers jours.

Déni de réalité du monopole de la gauche

Qu’importe : le monopole n’a pas besoin de se confronter à la réalité. Il peut ainsi refuser d’admettre qu’il y a un lourd problème d’antisémitisme dans les quartiers ; même si la Fondapol a déjà très précisément soulevé le sujet (L’antisémitisme dans l’opinion publique française, 2014) ; même s’il y a eu les violences de Sarcelles à l’été 2014 ; même si les pires rumeurs complotistes y prospèrent.

Les monopoles finissent souvent par s’effondrer, leurs certitudes alimentant leurs turpitudes. Ils subissent l’assaut des modèles alternatifs, qui étouffent de subir leur pression injuste et leur position injustifiée. Le monopole de la gauche morale s’effrite ainsi depuis quelques années, sous les coups de boutoir des électeurs humiliés par la déconnexion qu’ils perçoivent entre le discours officiel et leur réalité sociale. L’affaire Mehdi Meklat vient de faire exploser un peu plus la forteresse. La concurrence des idées va reprendre de la vigueur ; mais il est à craindre que ce ne soit au profit de celles de la colère révoltée…

(Article initialement publié sur L’Opinion le 26 février 2017.)

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  • Une certaine gauche, celle qu’on entend le plus malheureusement, s’est faite l’idiot utile du Califat.

  • On ne peut se réjouir, qu’une fois de plus, la liberté d’expression est jugée et mis en péril pour des causes politiques… Dire que ces paroles sont abjectes, ne sert a rien, puisque lui se défend en disant que c’est de l’humour… et quand on regarde ces tweets, il n’y a que 2 solutions, soit c’est de l’humour noir, soit le mec était sérieux et n’a pas de cerveaux… et bien désolé, je penche naturellement vers l’humour noir… comme la petite affaire Ze sur Twitter (pour ceux qui suivent)… et donc vient la question de l’humour. Si on juge l’humour, l’ironie,… alors nous allons laisser a l’humour le seul ressort de l’humour a 2 balles qui consiste a faire des blagues sur Toto… et encore, « Toto aux toilettes » n’est-elle pas une blague qui s’immisce dans la vie privée de toto ? Soyons sérieux 2 minutes, ressortir des tweets de 2012… en 2017…. pour nuire à la personne, car il commence a avoir de la notoriété… c’est exactement comme sortir des affaires d’assistants parlementaires qui datent de 2013… en 2017 juste pour la présidentielle. La réalité est là, tout cela n’est que de la stratégie politique de bas étage… et comme toute stratégie politique minable… et bien c’est toujours la liberté qui est attaquée… et voir aujourd’hui les libéraux (de droite donc) venir crier contre cet inconnu, juste pour attaquer la gooche… c’est minable. Normalement, nous libéraux devrions nous porter du coté de ce type comme de Eric Zemmour… car la liberté d’expression est la 2eme des libertés (après la liberté de quitter un pays) donc une des plus importantes.

    • Je ne peux qu’adhérer étant un militant pour le premier amendement. Mais l’humour je n’y crois pas une seconde, la Seine-Saint-Denis est devenue massivement antisémite, misogyne et homophobe, et selon moi l’excuse sociale ne fonctionne pas. Donc Meklat a le droit de penser ce qu’il veux, et moi celui de dire que c’est un petit crétin surcoté.

    • Le problème principal se trouve plutôt dans un 2 poids / 2 mesures qui est la raison d’être de cet article. Ce mec a des idées de m…, c’est son droit. Il les exprime, ça devrait être son droit aussi. Ceux qui justifient de ces idées en disant que c’est de l’humour sont les mêmes qui crient au loup dès qu’un chroniqueur non estampilé « camp du bien » franchit la ligne jaune, ou dès qu’on trouve un écrit de jeunesse où, selon ces braves gens, ils l’aurait franchie.

      • C’est mon soucis… c’est que pour lutter contre les censeurs… on le devient. Pour lutter contre le fait qu’on censure Zemmour (enfin pas vraiment, il a son émission TV mais bref) on veut censurer un mec de gauche… au final, ce que je dis, c’est que ce combat contre une personne, n’aura qu’une conséquence… nous rajouter une nouvelle loi pour limiter l’expression… qu’un mec de droite franchira… puis un mec de gauche… puis une nouvelle loi… Et désolé je ne veux pas de çà.

    • C’est ce que vous appelez de l’humour? Vous en avez une drôle de conception! Allez dire cela à un juge la prochaine fois que vous aurez tenu des propos ignobles! Vous êtes naïf ou complètement borné?

      • Je ne vais meme pas rentrer dans le sujet de l’humour, car on se fou de savoir si je concoie cela comme de l’humour ou non, mon problème n’est pas la… mon problème est la liberté d’expression… je la défend bec et ongle… et donc que des gens tiennent des propos ignobles je n’en ai rien a faire… car qui détermine ce qui est ignoble ? vous ? quelqu’un d’autre ? Pour certains lui dit des ignominies… pour d’autres c’est Zemmour… pour d’autres c’est les libéraux, pour d’autres les communistes,…. moi je ne juge pas les avis et les opinions… car c’est le début du totalitarisme. Bref…

        • Bonjour Liberté Adorée

          Mais personne ici ne veut interdire à Meklat de s’exprimer, on veut juste montrer que ses posts sont à vomir.. et dire que Meklat est dans le camp du ‘bien’ est aussi légitime que de dire que Fillon qui se dit pour un état moins dépensier est en porte-à-faux.

        • Votre argumentaire ne tient pas debout. Ceux qui sèment la haine et tuent leurs voisins sous différents prétextes sont ignobles. Aucun libéral ne reproche ni refuse à ce type sa liberté d’expression. Par contre que la gauche le défende alors qu’elle empêche Onfray d’exprimer ses opinions est bien révélateur de son hypocrisie. De toute façon elle a toujours soutenu les dictatures et idéologies sanglantes!

          • @Virgile
            Il a tué un de ses voisins ? Je n’ai rien lu à ce sujet.
            Autant ses gasouillis sont abjects, autant il dit ce qu’il pense et dévoile ce qu’il est. Vu que Liberté va avec Responsabilité, si des crétins se revendiquent de ses gasouillis pour mettre des trempes aux femmes, aller bastonner un juif ou un homosexuel, il en est responsable.

    • Ils ont tout à fait raison de mettre le nez de la gauche morale dans sa merde. Le but est de dénoncer le deux poids, deux mesures. Sinon on s’en fout de ce meklat, peu de gens doivent connaître son existence.

  • Ce n’est pas la première fois que la gauche donne dans le deux poids deux mesures. Les nombreux intellos attaqués ces derniers temps pour islamophobie, dont Onfray en premier, peuvent en témoigner. Quand aux loubards des banlieues ont sait qu’ils sont antisémites, machos et misogynes en plus d’être homophobes. Rien donc de surprenant dans ses propos! Les excuses des islamo-gauchistes sont de l’escroquerie car elle les défend quoi qu’ils fassent!

  • Les commentaires sont fermés.

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