Hamon, Mélenchon : la rupture historique de la gauche avec l’esprit mutualiste

La campagne électorale aura permis de mesurer la rupture profonde entre la gauche et l’esprit mutualiste. Sous format mélenchonien ou hamonien, la « gauche de la gauche » s’est ralliée à une vision de la protection sociale verrouillée par l’État.

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Hamon, Mélenchon : la rupture historique de la gauche avec l’esprit mutualiste

Publié le 28 février 2017
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Par Éric Verhaeghe.

Jusqu’ici, il existait une osmose de la gauche avec l’esprit mutualiste. Disons même qu’être mutualiste voulait souvent dire être de gauche, et être de gauche voulait souvent dire être mutualiste. Et patatras ! Voilà que la campagne électorale révèle brutalement que cette histoire d’amour glisse à une vitesse fulgurante vers une rupture en bonne et due forme.

Mélenchon en conflit frontal

Jean-Luc Mélenchon est le premier à avoir officialisé la rupture, en proposant la Sécurité sociale intégrale, c’est-à-dire l’intégration des complémentaires santé au régime général. En assumant cette idée, Mélenchon a franchi son Rubicon. Il reconnaît le but ultime de la Sécurité sociale inventée en 1945 : exproprier toute forme d’initiative non étatiste dans le domaine de la santé. C’en serait donc fini de la vieille tradition mutualiste française qui a structuré pendant plusieurs décennies le peuple de gauche : place à l’institution publique.

Mélenchon avoue donc sa préférence pour la soumission à l’État

Officiellement, Mélenchon est un insoumis. Il préconise une démarche collaborative issue de la société civile. Mais la première forme de collaboration s’appelait la mutualité… et c’est elle qu’il veut supplanter aujourd’hui au profit d’une machine étatique qui ne laisse aucune place aux choix individuels. Ou comment habiller un programme autoritaire sous des apparences indisciplinées.

En voilà du marketing politique.

La mutualité officialise à son tour la fâcherie historique de la gauche avec l’esprit mutualiste

Du coup, la Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF) n’a pas trouvé la bonne date pour inviter Mélenchon à son road show sur la santé. Celui-ci s’en est plaint et a expliqué que sa proposition était géniale. Il imagine tout simplement de transformer les cotisations payées par les assurés et les employeurs aux complémentaires santé en cotisations de Sécurité sociale. C’est simple comme bonjour, et ça devrait bien entendu marcher… Car, c’est bien connu, la Sécurité sociale, c’est efficace, alors que les complémentaires santé, non.

Bref, rupture entre les parties !

Hamon y va plus discrètement

De son côté, Benoît Hamon y va plus discrètement. Il ne propose pas de rupture officielle avec la mutualité. Mais il avance son idée d’une taxe sur les robots pour financer la Sécurité sociale. Déjà que la France est en retard sur la robotisation… m’enfin bon…

L’idée mérite d’être bien décortiquée pour être comprise. Ce que propose Benoît Hamon n’est rien d’autre qu’une fiscalisation de la Sécurité sociale. Simplement, au lieu d’être assise sur les revenus des particuliers, la fiscalité de la Sécurité sociale serait assise sur les revenus des entreprises équipées de robots. Ce principe est en contradiction complète avec l’idée même de la protection sociale mutualiste qui visait à organiser entre assurés une solidarité permettant de protéger chacun contre les risques de la vie.

Ce principe d’une mutualisation par la contribution est mort avec Benoît Hamon. Son programme veut en réalité transformer la Sécurité sociale en politique publique. Protéger, oui. Mutualiser, non.

Le glissement historique de la gauche à rebours de la mutualité

Reste que cette campagne électorale aura permis de mesurer la rupture profonde entre la gauche et l’esprit mutualiste. Sous format mélenchonien ou hamonien, la « gauche de la gauche » en France s’est ralliée à une vision de la protection sociale verrouillée par l’État et en rupture complète avec la liberté individuelle, telle que la philosophie mutualiste l’imaginait.

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  • Le glissement historique de la gauche vers le marxisme ne date pas d’hier. Le but est l’étatisation complète de la société, avec suppression de tous les espaces de liberté qui subsistent encore. Pour les socialistes, la démocratie n’est que le prolongement de la lutte des classes par d’autres moyens.

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