Comment réformer l’École primaire ?

Un professeur des écoles témoigne : à quoi ressemblent les écoliers aujourd’hui ? Pourquoi l’école primaire n’est plus adaptée à leurs besoins.

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Comment réformer l’École primaire ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 février 2017
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Par Patrick Seurre.

Si vous vous étiez retrouvé en panne d’avion en plein milieu du désert, aviateur chargé du transport de courrier entre la métropole et des colonies, vous êtes-vous jamais demandé ce que vous auriez répondu à un gosse sorti de nulle part qui vous aurait demandé de lui dessiner un mouton ?

J’ai souvent essayé de me mettre à la place de cet aviateur. Et j’ai imaginé trois scénarios possibles, bien différents de celui décrit par Saint-Exupéry. J’ai pensé, tout d’abord, à une réponse autoritaire en adéquation avec la situation :

« Tu vois pas que je suis dans la galère avec cette foutue panne de moteur ? Alors, fous-moi la paix avec ton mouton et sa cage pourrie… Et passe-moi plutôt la clé de 13 ! » (les puristes diront que 13, c’est petit pour un avion.).

J’ai ensuite imaginé une réponse teintée d’un paternalisme un peu désuet :

« Qu’est-ce que tu fais à encore traîner dans les dunes à cette heure-ci ? Dépêche-toi de rentrer, ta mère va s’inquiéter. »

Et puis, j’ai imaginé une réponse pédagogique :

« Pourquoi tu ne les dessinerais pas toi-même ce mouton et sa cage ? Tu en tirerais beaucoup de satisfaction et de fierté. Tu ne sais pas dessiner ? Ce n’est pas grave. Ce que tu fais, même si ce n’est pas totalement abouti, aura toujours plus de valeur que ce que tu feras faire par d’autres. Et puis, dessiner, ça s’apprend et tu auras une vraie volonté d’apprendre à dessiner pour pouvoir améliorer ton mouton ! »

Célestin Freinet n’aurait certainement pas renié cette réponse car, hormis le fait qu’un gosse de l’âge du Petit Prince n’a rien à faire seul dans les dunes, il s’agit bien là de la seule vraie réponse capable de faire grandir l’enfant. En effet, c’est la seule réponse qui concentre les trois composantes de ce que devrait être n’importe quel système éducatif : le « faire par soi-même », le « comprendre pourquoi on le fait » et le « comprendre que pour le faire, j’ai besoin de tel ou tel outil, de telle ou telle connaissance ». Et si vous combinez ces trois composantes avec l’idéologie des MJC « L’éducation Citoyenne par la culture », il y a fort à penser que vous amorcez un début de sauvetage de l’humanité…

Re-former l’École et ne pas se contenter de la réformer

S’il y a une chose que je supporte de moins en moins, lorsque l’on parle de l’École primaire française, c’est la notion de « spécificité ». Un maître (ou plutôt à 85 % une maîtresse) pour un niveau de classe, c’est la spécificité de l’École primaire française. L’enseignement pluri-disciplinaire des « Maîtres d’Écoles », c’est la spécificité de l’École primaire française.

Demande-t-on à La Poste de ne pas vendre de produits bancaires ou de la téléphonie mobile sous prétexte que la spécificité de La Poste française c’est d’acheminer, à bon port de préférence, des lettres et autres colis postaux ? Demande-t-on à la SNCF de ne pas organiser des transports en autobus ou en taxis entre deux gares ou de ne pas assurer un accompagnement des jeunes voyageurs sous prétexte que la spécificité de la SNCF c’est d’amener sans encombres et dans un délai donné des utilisateurs d’un point A à un point B ? Alors, la spécificité de l’École primaire française, y’en a marre ! Hormis le fait que l’enseignant n’est plus un instituteur mais un professeur des Écoles, pour le reste rien n’a vraiment changé depuis ce vieux Jules Ferry (ou alors les évolutions se sont faites dans le mauvais sens !).

Cette remarque en fera bondir plus d’un, anciens ministres, chercheurs en pédagogie et en enseignement, pédopsychiatres et j’en passe, mais la vérité c’est que l’École d’aujourd’hui n’est guère différente, si ce n’est sur la forme et encore, de celle de nos grands-parents.

Or, c’est bien là que la bât blesse. Nos chers ministres désireux de laisser une empreinte qui finalement s’estompe aussi rapidement qu’elle est apparue, comme la trace laissée sur le sable disparaît aussitôt qu’une vague vient la recouvrir (finalement le seul ministre dont on se souvienne encore 135 ans après qu’il eut exercé ses fonctions n’est-il pas Jules Ferry lui-même ?), ont tenté des réformes qui ne suffisent plus à transformer un système éducatif qui n’est plus d’actualité et qui n’est plus en adéquation avec ce que sont les « jeunes d’aujourd’hui ».

Pour donner un exemple, un des derniers éléments de la réforme Vallaud-Belkacem a consisté à remplacer le terme « C.O.D » (Complément d’Objet Direct) par le terme « Prédicat » ! C’est dire si on est loin d’une véritable refondation ! Il est vrai que les résistances sont fortes et nombreuses. Il est vrai que l’idée de proposer une école totalement nouvelle sur le fond comme sur la forme fait peur.

Je me souviens avoir évoqué l’idée auprès de mes collègues de proposer à notre hiérarchie un essai de fonctionnement de type collège – puisque la configuration de notre École Élémentaire le permettait – à savoir que chacun des six enseignants puisse s’octroyer l’enseignement de 2 matières (en lien avec des affinités, des compétences spécifiques ou un cursus scolaire personnel particulier) pour toutes les classes, du CP au CM2. Mais chacun y est allé de son « Et la spécificité de l’École Primaire Française ? Tu en fais quoi ? » Ou bien alors : « Ah, non ! Moi, ce système me convient très bien ! » (et aux enfants, alors, convient-il ?) Ce sont ces mêmes enseignants qui se plaignent de ce que « le sport et moi, ça fait 2 ! » ou bien « Je ne suis absolument ni mathématiques ni matières scientifiques ».

Mais je le crie haut et fort, il y va de l’avenir de notre société et peut-être même de l’humanité…

Le constat d’une École primaire inadaptée

Voir le verre à moitié vide ou à moitié plein n’est pas qu’une question d’optimisme ou autre truc de ce genre. Il s’agit avant tout de logique et de prévoyance. Celui qui voit le verre à moitié vide ne sera jamais démuni et passera son temps à surveiller une baisse de niveau – simplement due à un phénomène physique tout naturel nommé évaporation – qui, si elle devenait critique, provoquerait une réaction instantanée visant à prévenir la catastrophe. Celui qui voit le verre à moitié plein, comme le lièvre de la fable, se laissera distancer et aura bien du mal à combler la distance qui le sépare de son adversaire, prenant même le risque de ne jamais le rattraper.

À l’heure où 150 milliards de mails sont échangés chaque jour, il paraît inconcevable d’attendre tranquillement de voir « comment ça va évoluer » pour agir. Preuve en est la révolte des chauffeurs de taxis parce qu’on n’a pas su juger de l’importance que prenaient les « uberpop » et autres VTC.

Penser que le tout numérique à l’école serait LA solution, LA parade à l’évolution sociétale des élèves est une erreur. Ce serait comme refouler des touristes à l’entrée du Château de Versailles en leur disant : « Vous trouverez sur internet des visites virtuelles du Château qui feront parfaitement l’affaire ! ». Ce serait comme dire à un funambule : « Dorénavant, tu feras le même numéro mais … sans le fil ! ». Ce serait élever le numérique et l’informatique au rang de despotes qui asservissent ceux qui les utilisent plutôt de que les considérer, ni plus ni moins, comme des outils qu’il faut apprendre à utiliser à bon escient.

Passer au tout numérique serait éloigner de manière dangereuse (c’est déjà ce qui se produit) les utilisateurs, et en particulier les enfants des écoles, de la réalité. Trop éloignés de la réalité, ils se rapprocheraient d’une réalité, quelle qu’elle soit, bonne ou mauvaise (les hommes qui laissent leur nom dans les livres d’Histoire sont soit des génies et des bienfaiteurs soit des ordures finies ou des criminels de toutes sortes). Ce serait plus ou moins précipiter notre civilisation vers sa fin annoncée, un peu comme le laxisme, l’anarchie et une sorte de conception virtuelle du monde ont amené un certain nombre de civilisations à leur décadence : « Un point commun à nombre d’empires en décadence semble être une perte du sens du réel au profit de règles formelles qui finissent par ne plus être bien distinguées de la réalité. » (wikipédia).

Il serait tout aussi dangereux de continuer de fonctionner en distinguant « ZEP » et, par opposition, même si on ne le dit jamais, « ZENP » (Zone d’Éducation Non Prioritaire). Pour exemple, lors d’une animation pédagogique liée aux Arts de la Rue (Chalon sur Saône possède un des 13 CNAR présents sur les territoire), alors que je demandais quelles étaient les actions possibles en termes de collaboration « écoles élémentaires-conservatoire national des arts de la rue », on m’a répondu que les collaborations en question étaient déjà fixées et qu’elles concernaient les écoles de ZEP et les Maisons de Quartiers.

Il n’y a pas à avoir des zones d’éducation prioritaires ou non, il faut simplement des zones d’éducation sur un pied d’égalité quant aux objectifs, à la configuration et aux moyens. Déshabiller Pierre pour habiller Paul n’a jamais empêché personne de se geler les miches ! Sous prétexte de favoriser les milieux qui ne le sont naturellement pas, on crée une stigmatisation, positive certes mais stigmatisation tout de même et aussi dangereuse que n’importe quel autre type de stigmatisation.

Créer et entreprendre dès l’École primaire

Il est donc essentiel de faire cohabiter le « progrès » que représentent l’informatique, internet et la domotique – je mets le mot entre guillemets car je me demande si le « progrès » a toujours cette belle connotation de truc permettant d’améliorer la condition humaine tel qu’on le concevait au 19ème siècle et dans les deux premiers tiers du 20ème siècle– avec une réalité qui, plutôt de s’effacer derrière des écrans ou des téléphones portables doit se montrer fièrement et durablement.

La réalité c’est, par exemple, prendre conscience que créer et entreprendre font partie intégrante du nouveau modèle économique et que le désir de créer et d’entreprendre doit être au cœur d’un nouveau système pédagogique. De deux chômeurs, celui qui a le plus de chances de s’en sortir est bien celui qui aura la capacité à rebondir et à entreprendre.

Il est fini le temps où à la question : « À quoi ça va me servir ce que j’apprends à l’école ? », on pouvait se contenter de répondre : « Oh ! Tu verras ça plus tard. Et puis, tu sais, il faut apprendre plein de trucs au départ même si y’en a certains dont tu ne te serviras jamais ! ». Aujourd’hui, on doit être capable de répondre « du tac au tac » : « Ça , ça sert à …. Ça, ça sert pour … Et puis tu sais quoi ? Eh bien, on va s’en servir ! »

C’est pour cela que l’école du futur, qui ne doit pas être une école futuriste, doit combiner :

  • une approche des nouvelles technologies visant à faire de l’enfant un utilisateur intelligent et réfléchi des technologies en question. Lui permettre d’acquérir, dès le plus jeune âge, des capacités d’analyse sur le rôle que doivent avoir ces technologies et sur la place qu’elles doivent occuper. Lui apprendre les utiliser en tant qu’outils de connaissance et de communication.
  • des situations (dès le plus jeune âge) de créations de toutes sortes et des conceptions de projets qui seraient autant d’occasions d’acquérir des compétences qui, de ce fait, seraient associées à une réalité. L’enfant ne doit plus être exclusivement spectateur (car les meilleurs spectateurs font rarement les meilleurs acteurs !)

Tout cela en n’oubliant pas que malgré tout, pour un enfant de dix ans, pourtant gavé à Facebook, aux jeux vidéos et aux images violentes, une plante qui sort de terre, un poussin qui casse la coquille pour s’en extirper, un personnage qui s’anime parce qu’on l’a dessiné dans différentes positions sur un petit carnet dont on fait défiler les feuillets ou les bulles produites par la réaction chimique d’un acide sur un bout de calcaire, tout cela (se produisant sous ses yeux) relève encore du miracle.

Oui, cela demandera beaucoup de travail pour imaginer des procédés permettant d’intégrer à ces projets le plus grand nombre des connaissances actuellement référencées dans des programmes (qu’il faudra certainement accepter de réviser à la baisse au profit de compétences manuelles et artistiques actuellement absentes desdits programmes). Oui, cela demandera de revoir totalement l’organisation de la journée, de la semaine et de l’année scolaire ainsi que la gestion du personnel. Oui, cela demandera à ouvrir l’École à encore plus de partenariats.

À quoi pourrait ressembler l’école primaire de demain ?

Je ne prétends pas, en quelques pages, construire les programmes qu’il faudrait rédiger pour re-former l’École. J’entends simplement tenter de jeter dans la mare, oh même pas un pavé, un petit caillou me satisferait amplement.

  • Chaque école devrait posséder un espace d’expérimentation et de création artistique, culturelle et technologique. Cet espace pourrait également s’envisager hors des locaux scolaires, devenant ainsi un espace public où peuvent se côtoyer les enfants et d’autres personnes (autres éducateurs, autres enfants – des handicapés mentaux ou des autistes par exemple – , retraités désireux de transmettre un savoir, …)
  • Il serait proposé aux élèves, chaque année, et, ce, depuis la maternelle, un ou plusieurs projets liés aux domaines de créations cités ci-dessus avec un objectif de diffusion à l’aboutissement du projet (distribution d’un livre conçu par des élèves, exposition hors des murs de l’école, réalisation et projection d’un film ou mise en ligne, vente du produit technique réalisé, … ce ne sont là que quelques exemples)
  • L’école pourrait s’ouvrir à des partenariats divers (scolaires et non scolaires) afin que l’aboutissement des projets soit le fruit non pas de l’école seule mais d’un ensemble d’acteurs.
  • Des projets pourraient, en amont, être conçus de façon à trouver des ouvertures vers les connaissances culturelles et scolaires définies comme étant le gage de former les citoyens de demain, capables de s’intégrer et dans la société et dans la République.
  • Des moyens pourraient être mis en œuvre dans tous les établissements scolaires, de façon équitable, sans distinction de configuration sociétale afin de favoriser la réalisation des projets.
  • Les technologies modernes pourraient être utilisées comme outils permettant l’aboutissement des projets et comme outils d’accession à la connaissance (utilisation de la réalité virtuelle pour aborder l’histoire de France par exemple en recréant la guerre des tranchées, l’atelier de Léonard de Vinci, le siège d’Alésia, …)
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  • Au mitan des années 50, le maître des cours élémentaires venait faire l’histoire aux autres classes, celui des cours moyen la géographie et celui des cours fins d’études les sciences.
    C’était dans une école normale d’instituteurs, ceux que l’on appelait joliment les élèves-maîtres venaient donner cours une fois par mois.
    C’était avant les ravages de la pédagogogie.
    Et presque tous les jours je remercie ces maîtres qui étaient, n’en déplaise aux démagogues égalitaristes destructeurs de l’instruction nationale, au centre du dispositif.

  • La spécificité de La Poste, avant de se mettre à la banque ou à l’assurance, c’est de bien remplir sa mission de collecte et de distribution du courrier et des colis. Cette mission est de moins en moins bien remplie au fur et à mesure que les bureaux et agents de la Poste deviennent banquiers ou assureurs.

    La spécificité de la SNCF est liée au statut privilégié de ses agents, et à son monopole de fait soutenu par l’Etat et les syndicats. La SNCF peut tout à fait choisir de proposer un transport routier à ses clients (fret ou passagers), mais alors pourquoi lui réserver le monopole des lignes de bus à son gré ?
    Je crains que ces deux exemples de l’article ne soient quelque-peu hors sujet, même s’ils illustrent (maladroitement) le terme « spécificité »…

  • Décidément, le mode de pensée des enseignants, aussi progressistes soient-ils, m’échappe parfois. À moins que ce ne soit moi qui comprenne mal.
    Quand je vois un verre à moitié plein, c’est vrai que je me dit qu’il est « presque plein ». Du coup, je me dis que si j’ai soif, je n’ai qu’à boire ce demi-verre, ou que je peux aussi attendre que la petite source sous laquelle j’ai mis mon verre finisse de le remplir.
    Si je vois mon verre à moitié vide, je vais me dire qu’il doit fuir quelque-part, et que si j’ai soif, c’est maintenant ou jamais…
    Comme quoi, selon que l’on considère la vie positivement, un petit adage peut prendre un sens totalement inverse pour certains…
    Curieux…

  • Cet article a le mérite de me faire cogiter, mais me surprend un peu par ses idées reçues.
    Le problème des chauffeurs de taxi est lié à leur monopole consenti par l’Autorité Publique, aux licences délivrées gratuitement qu’ils ont choisi de monnayer avec excès, et à la concurrence de prestataire à la base occasionnels (Uber) ou professionnels (VTC historiques) qui délivraient de meilleurs services pour un meilleur tarif.
    Une fois encore cause et conséquences sont inversées par l’auteur. Le problème a été révélé par Uber, mais la cause en est bien une situation archaïque du côté des taxis…
    Enfin, il me semble…

  • Bon, après avoir fait tout un tas de commentaires, je trouve que l’article met bien le doigt sur des problèmes fondamentaux (ça sent le vécu ?) et propose des solutions intéressantes.
    Il y a une autre piste, essentielle à mes yeux, rarement abordée par les enseignants, à confier à l’école, des la primaire : forger l’esprit critique des enfants.
    Utilisé le « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » (celui de Normand Baillargeon, pas le fantasque et orienté « Manuel d’autodéfense intellectuelle » de Sophie Mazer
    Tant que l’Ecole de la République sera en situation de monopole, l’enseignement des futurs citoyens sera biaisé, politiquement conditionné, limité. On tolère pour l’enseignement donnée à nos enfants une pensée unique idéologique qu’on n’accepte pas dans les médias une fois adulte, étrange, non ?

  • M. Seurre,
    Vos idées sont intéressantes – souhaitons qu’il se trouve bientôt au temple des PédaGOGOgues quelqu’un pour vouloir les écouter…!!
    Je rajouterai pour poursuivre vos réflexions :

    1- Qu’il ne faut pas oublier d’y associer l’Entreprise et les Entrepreneurs, qui même au niveau de l’Ecole Primaire ont des choses à apporter qui passionnent les enfants de ces âges (je le sais pour l’avoir fait moi-même en Suisse, où il existe une Association – d’origine Américaine- qui encourage et organise ces échanges Ecole Primaire – Entreprises et entrepreneurs).
    Mais voilà qui est certainement encore plus anathème pour les Ayatollahs des IUFMs que ce que vous proposez…

    2- Que la spécialisation des Instituteurs (pardon, Maîtres) n’est peut-être pas forcément nécessaire, car il y a de très bons instituteurs généralistes…
    … Et qu’elle pourrait même être nuisible, car il y a de très mauvais Professeurs spécialistes, y compris dans les domaines dans lesquels ils sont spécialisés.

    3- Qu’en tous cas il faudrait veiller à ce que les enfants puissent changer d’enseignants régulièrement au cours de leur parcours : Sinon, se faire enseigner disons les Maths (ou n’importe quoi d’autre) par un mauvais Maître (pas pédagogue, ou autre défaut) du CP au CM2, bonjour les dégâts… Sans parler des Maîtres (de plus en plus nombreux hélas) qui sont incapables d’écrire sans multiplier les fautes d’orthographe ou de conjugaison les plus horribles…
    Au moins, en changeant de Maître / Instituteur tous les ans, le système a le mérite de limiter les dégâts qu’un Instituteur médiocre peut faire sur les enfants…

    4- Tout à fait subsidiairement, vous êtes beaucoup trop généreux lorsque vous dites que rien n’a changé à l’Ecole Primaire depuis Jules Ferry : Tout y bien a changé au contraire, mais en mal, c’est bien tout le problème… Il y a 100 ans (et même beaucoup moins, disons il y a 40ans) tous les élèves sortaient du CM2 en maîtrisant les apprentissages fondamentaux, ils savaient écrire sans faire (trop) de fautes d’orthographes, connaissaient au moins un peu d’Histoire de France et de Géographie et ils avaient assimilé une certaine Morale indispensable à la vie apaisée en société.
    Chacun sait bien que c’est hélas fort loin d’être le cas aujourd’hui…
    Je rajouterai d’ailleurs que peu de gens (et évidemment aucun des grands média subventionnés tous d’obédience idéologique socialiste) ne font le rapprochement entre ce délitement de ce « socle sociétal » qu’était autrefois l’Ecole Primaire, et le fait qu’en 2017 60% du Corps Électoral Français est prêt d’après les sondages à apporter leurs voix à des candidats aux programmes démagogiques-extrémistes irresponsables (Le Pen+Mélechon+Hamon).
    Les Français s’apprêtent en toute décontraction à marcher vers l’effondrement économique, social et au final vers l’inévitable dictature (modèle Chavez de droite ou de gauche) qui ne manquera pas de s’ensuivre. Avec les mêmes conséquences qu’au Venezuela, ça c’est déjà certain.

    Ah certes, on peut regretter Jules Ferry et ses « Hussards Noirs de la République », et on ne dira jamais assez de mal des IUFMs et de leurs idéologie destructrice, ni de la lâcheté et de l’incompétence des Ministres de l’Education successifs depuis un certain M. Haby dans les années 1970, au moins…

  • Je trouve cet article intéressant qui repose sur l’importance de créer, innover et entreprendre dans l’éducation . Je pense que l’auteur est un progressiste comme John Dewey ou Cai Yuan Pei.

  • Ce que vous suggerez n’est finalement pas nouveau : enseignante moi-même, je fais faire régulièrement à mon fils de CM2 des exercices de maths du certificat d’étude. C’était des exercices très concrets, qui s’appuyaient sur des compétences nécessaires à la plupart des gens à l’époque (calculer le bénéfice de la vente d’une récolte, calculer la longueur de clôture nécessaire pour un terrain, le nombre de chemises qu’une couturière peut faire dans un coupon de tissu, le bénéfice d’un marchand d’oranges achetées tel prix, avec tant de pertes etc…
    Ces exercices étaient assez complexes car certaines mesures sont données par exemple par jour, d’autres par mois ou par an dans un même problème, il faut donc être rigoureux pour ne pas faire d’erreur. C’est d’ailleurs assez rigolo à faire, et bien concret !

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