Santé : la perspective d’une réforme systémique s’éloigne

Structurellement, les candidats à la présidentielle ont donc abandonné les grandes ambitions réformatrices. Selon toute vraisemblance, le prochain quinquennat sera dédié à la gestion du système et à son amélioration (éventuelle) à la marge.

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Santé : la perspective d’une réforme systémique s’éloigne

Publié le 23 février 2017
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Par Éric Verhaeghe.

Après la sortie de Fillon sur la distinction, dans le domaine de la santé, entre grand risque et petit risque, tout espoir de réforme en profondeur de notre système est probablement mort. Les candidats ont retenu la leçon : il ne faut toucher à rien, sauf à l’aide médicale d’État destinée aux étrangers. Lors de l’exercice auquel ils se sont livrés ce mardi à la Mutualité, cet immobilisme n’a plus fait de doute pour personne.

Hamon est-il désormais le plus libéral en santé ?

Paradoxalement, c’est peut-être Benoît Hamon qui défend désormais la vision la plus libérale de la santé, ce qui est un comble. Il est en effet celui qui propose le moins de hausse des remboursements, et celui qui veut le moins développer le champ d’action de la Sécurité sociale. Cette posture, qui rejoint l’idée que le revenu universel est la protection sociale de demain, tranche avec les promesses de hausses de remboursement faites par les autres candidats.

On ajoutera que Hamon propose des actions concentrées sur les maladies chroniques et une lutte générale contre les addictions.

Marine Le Pen veut développer la Sécurité sociale…

À l’inverse, Marine Le Pen veut créer une cinquième branche de la Sécurité sociale, consacrée à la dépendance. Elle propose en outre trois mesures qui sont tout sauf des réformes : la suppression de l’aide médicale pour les étrangers et une lutte accrue contre la fraude, une baisse autoritaire du prix des médicaments et une augmentation du nombre de médecins formés chaque année.

Bref, le Front National préconise une gestion de l’existant, sans véritable stratégie financière.

Fillon revenu sur le chemin de la dépense

Si François Fillon reprend les idées de Marine Le Pen sur l’aide médicale et la lutte contre la fraude, il propose 20 milliards d’économies sur les dépenses. Parallèlement, il se place à rebours de ses propositions initiales en suggérant différents relèvements de dépenses. En particulier, il prévoit des lunettes remboursées à 100% pour les enfants, et une approche des 100% pour les prothèses audio ou dentaires.

Surtout, François Fillon propose d’encadrer les remboursements des mutuelles par une « Agence de garantie de la couverture solidaire ». La liberté des prix devrait donc disparaître…

Macron plus économe que Fillon

À front renversé, Macron s’est finalement montré plus économe que François Fillon. S’il ne propose que 15 milliards d’économies, il annonce, comme François Fillon, un relèvement des remboursements à 100% pour les lunettes et les prothèses. Il annonce également des investissements dans l’innovation médicale et une remise en cause du tiers payant généralisé.

Pour le reste, Macron propose diverses mesures qui n’emportent pas de réforme fondamentale du système sanitaire ni de l’assurance maladie.

La fin des ambitions réformatrices

Structurellement, les candidats à la présidentielle ont donc abandonné les grandes ambitions réformatrices. Selon toute vraisemblance, le prochain quinquennat sera dédié à la gestion du système et à son amélioration (éventuelle) à la marge, sans remise en cause fondamentale des règles du jeu.

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