FN : stratégie de campagne efficace avec Twitter

Attention à ne pas minimiser l’impact de la communication de campagne électorale sur les réseaux sociaux. Le Front National se sert parfaitement de Twitter en particulier.

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FN : stratégie de campagne efficace avec Twitter

Publié le 19 février 2017
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Par Julien Longhi.1

stratégie de campagne
Marine Le Pen By: Rémi NoyonCC BY 2.0

Le 4 février, le Front national (FN) a dévoilé le programme de Marine Le Pen, à travers 144 engagements. Toujours coordonnés et efficaces sur les réseaux sociaux et le web, les différents comptes actifs du parti ont relayé les propositions :

ou :

ou encore :

Ce programme décline la France en un certain nombre d’adjectifs : « libre », « sûre », « prospère », « juste », « fière », « puissante » et « durable ».

Et depuis, le week-end dernier et lundi notamment, le FN a été bien présent dans les émissions politiques. J’ai choisi de m’intéresser aux passages de Marine, Marion Le Pen et Florian Philippot. Lesquels ont été repris sur les comptes Twitter :

  • Compte de @MLP_officiel avec #LeGrandRDV : 19 tweets
  • Compte de @Marion_M_Le_Pen avec #LeGrandJury : 94 tweets
  • Compte @FN_officiel avec #PolMat qui a relayé le passage de Florian Philippot : 16 tweets

En effet, la communication numérique orchestrée sur ces comptes montre bien que Twitter est un relais quasi exhaustif de la prise de parole médiatique lors de campagnes : les interviews, réactions, etc. sont « live-tweetées » par les community managers des candidats, sur le compte officiel de la personnalité, ou celui du parti.

On est bien loin de la caricature de la réduction de la pensée en 140 signes, que l’on peut entendre de manière récurrente, et ce dimanche même par exemple par Lucas Belvaux dans #cpolitique :

À partir de ce petit corpus (129 tweets), j’ai procédé à une analyse textométrique qui permet de faire émerger les grands thèmes abordés. La figure suivante présente les résultats :

J. Longhi/DR

Si la classe 1 regroupe des éléments techniques (# et @), la classe 2 reprend les éléments véhiculés par Marine Le Pen, la classe 3 ceux par Florian Philippot, et les classes 4 et 5 par Marion Maréchal Le Pen.

À partir de ce repérage, nous pouvons détailler la manière dont ces thèmes sont abordés.

Marine Le Pen et la monnaie : la France « libre », « prospère » et « juste »

Le discours de Marine Le Pen reprend les thèmes principaux et habituels du FN, mais elle thématise particulièrement la question de la monnaie :

En plus d’être un argument économique, cette question devient un élément patriotique : une monnaie nationale est pour elle nécessaire pour être un « pays libre ». En outre, elle permettrait à la France de ne plus être une victime :

Avec le terme « chantage », qui place la France en position de victime, le coupable étant implicitement l’Union européenne…

Ce programme monétaire est, en outre, le socle de la justice revendiquée dans le programme :

Pour Florian Philippot, la France « juste » et « sûre »

Florian Philippot a un discours assez large, qui balaye des sujets de politique (comme François Fillon) :

Ce discours lui permet d’aborder aussi d’autres questions, comme la sécurité, ou encore les questions démocratiques plus globales :

Marion Maréchal Le Pen : la France « sûre » et « fière »

De son côté, Marion Maréchal Le Pen a un discours très tranché, qui s’inscrit notamment dans la thématique du peuple contre les élites :

L’exemple de Trump permet de mettre à distance les « élites », et de tirer profit de la fierté du peuple. Ceci justifie également le discours face à l’immigration sous couvert de « sûreté », en associant dans un même temps et sans précautions « ressortissants » et « terrorisme » :

Elle adopte un discours également très incisif envers les « jeunes » :

Et « défend » une certaine image de la jeunesse :

À partir de ce petit corpus, nous pouvons donc examiner la mise en œuvre de la communication du FN autour des propositions de sa candidate : à travers des émissions médiatiques de forte audience, et le relais des séquences les plus fortes sur les réseaux sociaux, les figures emblématiques mettent en musique la partition gérable présentée dans les propositions : « sûreté », « fierté », « liberté », « prospérité », etc., sont mis en discours de manière plus ou moins spécifique (à travers la monnaie par exemple), contextuelle (en lien avec les événements de Bobigny), personnalisée (la question de la jeunesse par Marion Maréchal Le Pen), mais toujours avec une forte cohérence.

Loin de réduire la pensée, la communication sur les médias sociaux, sur Twitter en particulier, est d’une grande force et efficacité. Ne pas en tenir compte, c’est s’exposer à des effets de « bulles » médiatiques et ne pas mesurer l’impact de ces « données » sociales sur les processus électoraux.

L’application #Idéo2017 proposera prochainement des manières de mieux percevoir et appréhender ces stratégies, et ce chez l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle.


Sur le web-Article publié sous licence Creative Commons

  1. Julien Longhi est professeur des universités en sciences du langage, Université de Cergy-Pontoise.

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