Taxons l’économie collaborative, il ne faudrait surtout pas qu’elle nous aide !

Pour éviter que les Français s'enrichissent simplement, les députés et les sénateurs ont courageusement tabassé l'économie collaborative d'impôts.
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Taxons l’économie collaborative, il ne faudrait surtout pas qu’elle nous aide !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 février 2017
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En mai 2016, le troupeau de mammifères sénatoriaux s’éveillait un court instant pour se rendre compte qu’une part croissante de l’économie, celle approximativement dite « collaborative », échappait plus ou moins à la furieuse taxation qui s’abat de façon permanente partout ailleurs. Avant de se rendormir, les sénateurs confirmèrent donc que cette économie-là subirait elle aussi le tabassage fiscal habituel dans le pays. Fin octobre, ce fut au tour des rongeurs fébriles de l’Assemblée de s’attaquer au sujet pour entériner le chemin parcouru : taxation et tabassage il y aura. L’année 2017 est arrivée et avec elle, la mise en pratique.

L’idée est donc de trouver un moyen de taxer les activités économiques menées au travers des plateformes numériques, depuis la location de son appartement jusqu’à celle de sa voiture en passant par les petites transactions qu’on peut faire en ligne, y compris par le passage de petites annonces plus ou moins fantaisistes que permettent certains sites à succès.

En effet, il ne faudrait pas que ces activités permettent un enrichissement quelconque, au nez et à la barbe du fisc, des URSSAF et de la myriade d’organismes parasites à la création de valeur en France, organismes dont l’existence dépend d’ailleurs ultimement d’une ponction efficace sans laquelle, c’est Champomy, la fête est finie pour eux.

Et au-delà de ces prélèvements qui leur permettent de continuer leurs exactions légales, rappelons aussi l’absolue nécessité d’effectuer une ponction dont la justification ne sera plus seulement économique, mais bel et bien morale puisque dès lors qu’on enregistre une création de richesse, c’est que quelqu’un s’enrichit ce qui, au pays de l’égalité et de la distribution permanente et obligatoire de bisous, ne peut s’admettre sans broncher.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Et comme il se doit en France, le principe d’une ponction étant acté, il ne pouvait en aller simplement. L’idée d’une taxe simple à calculer, universelle et correspondant aux besoins, aussi fictifs ou fumeux soient-ils, semblant totalement inabordable pour l’engeance qui nous gouverne, on aboutit donc à une nouvelle usine à gaz que les acteurs de cette fameuse économie « collaborative » vont devoir se taper pour s’appauvrir dans les règles.

Rassurez-vous : tout est prévu. Certes, le texte de loi étant inextricable, les organismes sociaux et fiscaux chargés de faire la collecte étant complètement incompétents voire néfastes lorsqu’il s’agit d’expliquer ou d’accompagner le mouton pour sa tonte, le ministère des Finances s’est fendu de « fiches pratiques » (parce que rendre la ponction facile, il s’en fiche, je présume). Et pour que tout soit parfaitement clair, les acteurs publics attendent donc logiquement des plateformes numériques qu’elles redirigent (obligatoirement) leurs usagers vers ces documents.

La vexation ne s’arrête évidemment pas là : chaque plateforme devra aussi fournir aux autorités le récapitulatif annuel des revenus que leurs usagers ont pu dégager au travers de leur utilisation. Pour le fisc et ses petits copains, il s’agit d’« aider les particuliers à remplir leur déclaration annuelle de revenus ». Autrement dit, eBay, AirBnB, Leboncoin, Blablacar ou tant d’autres vont effectuer une partie du travail normalement dévolu à nos administrations diverses et variées, que nous sommes tous si heureux de payer fort cher. Au fait, ne soyez pas étonné par le petit parfum sucré de vaseline aromatisée framboise qui se répand dans l’atmosphère, c’est parfaitement normal. Nous sommes en France.

Et pour entrer dans le détail de ces déclarations, sachez que dès que vous encaissez des revenus, aussi modestes soient-ils, vous devrez déclarer. Même s’il faut rester sous les 305 euros par an (nous avons apparemment échappé aux 304.23€, allez savoir pourquoi) pour être finalement exonéré de l’extorsion fiscale, il vous restera l’obligation d’adoubement aux impôts en remplissant les petits cerfas et autres formulaires parfois en ligne que l’administration vous demandera. Si jamais l’administration décide, dans sa grande clairvoyance (que le monde nous envie, je vous le rappelle), que votre activité est de type professionnelle, il conviendra d’ajouter le pizzo du RSI et l’enregistrement en bonne et due forme dans les arcanes de l’administration correspondante.

Et ainsi, tout le monde sera bien fiché, bien proprement rangé dans la bonne catégorie du petit vendeur occasionnel ou du professionnel de l’achat-vente sur les intertubes. Tout sera correctement évalué, tout sera évidemment taxé pour que perdure chacune des magnifiques facilités offertes par nos services publics irréprochables. Comme je l’expliquais plus haut, ces opérations paperassières et fiscales permettront de s’assurer qu’aucun individu ne s’enrichisse malencontreusement avec ce nouveau type d’activités et la complexité de ces démarches garantira en contrepartie que personne n’aura bêtement un trop plein de temps libre à consacrer à ce genre d’activités. Enfin, le fait de correctement tabasser ces nouvelles activités offrira le bénéfice additionnel de réduire l’insupportable concurrence qu’elles amenaient face aux métiers et corporations déjà en place qui n’entendront jamais s’adapter sans broncher. C’est toujours ça de pris, n’est-ce pas.

Eh oui : un peu plus, et un nouveau territoire s’ouvrait, sans la moindre régulation, sans la moindre barrière, avec la possibilité d’y trouver là de quoi vivre, de développer une activité et, de fil en aiguille, de créer de la valeur sans en passer par l’État. On a frôlé l’émancipation des individus, redevenus de simples acteurs de leur propre vie, indépendants de l’action de l’État, redevenant à nouveau capables d’échanger directement avec d’autres individus pour un bien ou un service, et de prendre toutes leurs responsabilités eux-mêmes. Heureusement que l’État est intervenu pour remettre un peu d’ordre dans tout ça.

Imaginez un instant : suite à un assoupissement trop prolongé, aucun des pachydermes du gouvernement, de l’Assemblée ou du Sénat ne songe à faire quoi que ce soit contre l’économie dite « collaborative ». Rapidement, des douzaines de milliers de Français s’engouffrent dans la brèche et montent leur commerce. Beaucoup se contentent des gains engrangés pour mettre du beurre dans leurs épinards, et en viennent eux-mêmes à consommer. Certains épargnent et investiront, plus tard, dans ces pans de l’économie qui ne sont pas concernés par l’économie numérique et/ou collaborative. D’autres enfin sortent lentement du statut de chômeur pendant que d’autres sortent la tête de la dépendance aux aides sociales. Et, évidemment, tout ce petit monde ne déclare rien aux impôts. On peut même aller jusqu’à imaginer (horreur absolue) que l’un ou l’autre nouvel entrepreneur tombe sur une idée de marché à conquérir, et, de fil en aiguille, finisse même par embaucher. Phénomène intéressant : comme ils deviennent ou redeviennent solvables, comme ils recommencent à consommer ou qu’ils finissent par investir, une grosse partie se retrouve dans l’économie traditionnelle, déjà amplement taxée, ce qui accroît impôts et taxes collectées.

On le comprend : dans une telle hypothèse, cela aurait été une abomination de gens qui font des profits, qui augmentent leur pouvoir d’achat, qui se sortent de la misère ou qui deviennent indépendant alors même qu’aucun politicien ne serait intervenu.

En cette belle année 2017, l’économie collaborative va être copieusement tabassée d’impôts, de taxes et de saines régulations. Et avec ce que vous venez de lire, vous voyez qu’il était temps : on l’a échappé belle, vous ne trouvez pas ?


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  • L’Etat : cherche pas, t’as tord
    Le particulier : cherche pas, j’ai TOR
    L’incitation à l’illégalité deviens de plus en plus importante.

  • indépendantS de l’action de l’État

  • Dans ce pays en état de perdition avancée, rappelons-nous que la résistance à l’oppression fait partie des droits de l’homme.
    A chacun de prendre ses responsabilités.

  • L’economie collaborative…….pas compris encore ce que signifiait ce terme ni pourquoi celle ci devait etre taxée diferemment des autres.

    • L’économie « collaborative », c’est UBER, la paupérisation, l’esclavage. C’est mal. L’Etat est là pour lutter contre le mal. Donc taxons pour dissuader !

      • Uber n’est rien d’autre qu’ un ensemble de franchisés autour d’un outil numérique, rien de nouveau, il y a des avantages et des inconvenients.

      • D’accord les Pros payent Tout … Tva taxes is …RSi… Donc ceux qui imitent les Pros doivent payer aussi

    • En fait, c’est ce qui permet à un particiulier de vendre un bien ou un service de manière occasionnel. Le qualificatif de « collaboratif » est totalement fantaisiste.
      Ainsi, si j’ai une chambre disponible dans ma maison, je peux len proposer l’usage sur AirBnB, si j’ai de son vieilleries inutiles chez loi je peux les vendre sur Lebobcoin, etc.
      Ces petits gains que je vais faire peuvent vite devenir un revenu conséquent.
      Mais globalement, dépassé un certain montant (qui a mon sens devrait être nul), je vais devoir déclarer ces revenus comme étant … des revenus, et donc payer des impôts dessus. Et passé un autre montant, ces revenus vont être assez importants pour qu’ils soient comparables à ceux d’un professionnel. Je vais donc devoir payer des charges sociales.
      A la base, il s’agit juste de faire en sorte qu’il n’y ait pas deux poids, deux mesures entre les « profs » déjà inscrits comme tels (et taxés et chargés comme tels) et les particuliers.
      Le fonds de la remarque d’H16, que je rejoins volontiers en allant encore plus loin, est que l’égalité de traitement devrait permette à chacun. « Pro » ou « particulier » de régler les charges social qu’il veut (indépendamment de ses revenus).
      Quand aux impôts, l’économie « collaborative » devient vite l’économie « grecque » si on adulent que chacun est libre de bénéficier de revenus dans payer d’impôts. En soi, ça ne me gêne pas sauf qu’au bout du comte, ce sont les citoyens ayant une activité « officielle » et déclarée qui paient pour les autres.
      Finalement, je partage le point de vue de l’auteur : à charge à chaque utilisateur des plates-formes de déclarer ses revenus…

      • L’économie ne fait pas de différence entre un echange entre professionnels et entre particuliers,il y a creation de pib.
        L’etat se rémunère en capturant une part de PIB donc tout le monde doit etre taxé.
        Pour prelever une taxe il est plus facile de le faire en haut d’une structure economique. Car le controle est plus facile et l’auto controle plus efficace…controler uber est plus facile que de controler l’activité de chaque chauffeur…..je suis en total désaccord avec h16.

      • L’économie collaborative est en principe un échange entre particuliers de biens ou services.
        Autrement dit A vend un objet à B à 100€ et B vend à A un service à 100€. Dans la nouvelle donne, A et B vont payer chacun un impôt sur 100€ (donc sur 200€ en tout alors que seulement 100€ a circulé). Voilà qui va tondre encore plus cette population totalement inapte à se réveiller.

        • Tant qu’il s’agit d’un échange non monétarisé, la taxation est loin d’être évidente, ou même possible.
          C’est bien parce que À paie 100€ à B pour lui acheter son vieux fauteuil, lui payer des cours de Zumba, lui faire planter des roses dans le jardin ou l’aider à porter ses courses à la maison qu’il y a « revenu » et taxation.

          • Peut-être ! dans la mesure où B n’a pas recours à l’achat dans pareil circonstance. Mais pourquoi ne pas appliquer les règles d’une entreprise classique dans ce cas. Déduire l’achat de bien entre particulier si l’on doit déclarer la vente entre particulier ?

            • Parce que la prestation que A vend à B n’est pas une charge afférente à la prestation que B rend à À.
              Si A ou B fait de ces petits arrangements une activité professionnelle, c’est à dire dont il tire l’essentiel de ses revenus, alors il lui suffit de s’inscrire en tant que tel.
              L’une dès incompréhension sur le sujet provient par exemple du cas des chauffeurs Uber : la plateforme leur propose une activité permettant d’obtenir des revenus complémentaires en rentabilisant son propre véhicule. Mais beaucoup ont acheté le véhicule à cet effet et en font leur activité principale. Grosse erreur.

  • Les gueux ne doivent pas s’enrichir. S’ils s’enrichissaient, ils auraient de l’argent, avec de l’argent ils auraient un pouvoir, et avec du pouvoir ils pourraient devenir libres, puis une fois libres ils pourraient y prende goût et comprendre que les élites les ont sciemment gardés pauvres pour les manipuler afin de mieux les tondre.

    « Autrement dit, eBay, AirBnB, Leboncoin, Blablacar ou tant d’autres vont effectuer une partie du travail normalement dévolu à nos administrations diverses et variées, que nous sommes tous si heureux de payer fort cher » Formidable ! C’est comme si j’allais chez le dentiste pour m’auto-arracher une dent sans anesthésie (moi pas médecin, moi pas utiliser seringue) et payer le plein tarif à la sortie.

  • En France, je me suis rémunéré et j’ai rémunéré mon épouse dans mon entreprise en fonction du travail que nous effectuions et dans l’attente d’un contrôle bienveillant (par définition) des Administrations Fiscales et Sociales qui allaient indiquer à l’occasion de leurs visites si le montant des rémunérations de mon épouse et moi-même étaient « excessives ».
    J’avoue que, sans ces brillantes interventions, je n’aurais pas pu mesurer l’iniquité de mon niveau de rémunération par rapport à ces pauvres chômeurs, fonctionnaires et autres travailleurs français,
    et que je n’avais pas le niveau de conscience sociale qui me permette de réaliser une auto-critique pertinente de mes erreurs.
    Heureusement l’organisation impeccable de contrôle en vigueur dans notre pays a corrigé cette situation.

    La question que je continue à me poser est : pourquoi dans la devise du pays, le premier mot est « Liberté » ?

  • Bah… Ebay, LeBoncoin AirBnB et consorts feront comme Netflix… ils plieront bagages pour des cieux plus accueillants (Londres, Amsterdam; Bruxelles) mais grâce aux « intertubes » continueront de faire leurs business en France, et nous continuerons largement à nous en servir…
    Aux yeux et la barbe des parasites !!!

  • Pas vraiment d’accord… En tout il y à des excès… Tenter de Vendre sa maison ou la Louer c’est possible…. Acheter des appartements pour en faire des Hôtels déguisés ou Faire Promoteur du dimanche en divisant sa propriété en Lots sans payer ni Tva ni rien …C’est pas Top… Et donc ceux qui travaillent payent pour ceux qui spéculent….

    • Ah parce qu’en fait, « Acheter des appartements pour en faire des Hôtels déguisés » c’est spéculer et ça ne demande aucun travail, bien sûr. C’est totalement évident.

  • Les commentaires sont fermés.

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