Faut-il limiter la recherche du profit des entreprises ?

La responsabilité sociale de l’entreprise et la durabilité sont des concepts importants. Interprétés trop largement, ils peuvent causer un tort grave à notre économie.

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Faut-il limiter la recherche du profit des entreprises ?

Publié le 6 février 2017
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Par Germain Belzile.

responsabilité sociale
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La responsabilité sociale de l’entreprise et la durabilité sont deux concepts qui ont gagné en popularité au cours des dernières années. Des militants, des politiciens et des hommes d’affaires les utilisent, et la conduite des sociétés et des gouvernements est jugée en partie d’après eux.

Mais que signifient-ils exactement ? S’accordent-ils avec une gestion efficiente dans une société libre ? Dans quelle mesure sont-ils même utiles ?

Qu’est-ce que la responsabilité sociale ?

Le concept de responsabilité sociale de l’entreprise a été défini de diverses façons. L’économiste Howard R. Bowen l’a décrit il y a une soixantaine d’années comme « l’obligation pour les gens d’affaires d’appliquer des politiques, de prendre des décisions ou de suivre des lignes de conduite qui sont souhaitables compte tenu des objectifs et valeurs de notre société ». Jusque-là, pas de problème.

Même une définition plus large, incluant des mesures supplémentaires afin de promouvoir des objectifs socialement désirables, peut aider une entreprise à « bien faire tout en faisant le bien ». De telles mesures pourraient par exemple mener à l’accroissement des ventes de l’entreprise en raison d’une meilleure réputation, à des coûts réduits par une diminution des ressources utilisées ou à des employés plus impliqués grâce à la mise en place d’activités « vertes » internes.

Une définition élargie de la responsabilité sociale de l’entreprise

Certains voudraient toutefois imposer aux entreprises une définition de la responsabilité sociale qui s’étendrait bien au-delà des contraintes déjà établies par les lois et les règlements. Ainsi, l’entreprise devrait maximiser le bien-être de toutes les « parties prenantes », y compris les travailleurs, les consommateurs, la collectivité dans son ensemble et les générations futures. Cette définition extrême est beaucoup plus problématique pour les actionnaires et la société en général.

Comme Milton Friedman l’écrivait, « l’entreprise n’a qu’une seule responsabilité sociale — utiliser ses ressources et entreprendre des activités destinées à accroître ses profits, et cela, aussi longtemps qu’elle respecte les règles du jeu, soit de pratiquer une concurrence ouverte et libre, sans tromperie ni fraude ». Cela entraînera, indirectement, un accroissement général du bien-être de la société. En détournant l’entreprise de la recherche du profit, on risque de ralentir ou même de renverser l’accroissement du bien-être.

Un autre concept : la durabilité

Un autre concept largement employé mais mal défini est celui de durabilité, lequel remonte aux années 1960 et au début des années 1970. Comme la responsabilité sociale de l’entreprise, la durabilité a du sens si on la définit de façon étroite. Ainsi, en 1986, le Rapport Brundtland définissait le développement durable comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

Cependant, des organismes comme l’ONU et l’UNESCO ont étiré le concept de durabilité bien au-delà de cette définition, en y ajoutant des notions aussi disparates que « vivre en bonne santé », le sport et la culture. Une conception aussi large de la « durabilité » est inévitablement accompagnée d’appels en faveur d’interventions gouvernementales de toutes sortes.

Si nous nous en tenons à une définition plus restreinte — soit de nous assurer de limiter la pollution et de faire en sorte de ne pas épuiser nos ressources —, les marchés demeurent l’institution idéale pour assurer la durabilité.

Le marché, c’est durable

Premièrement, les marchés nous avertissent de la rareté des ressources parce que le cours de celles-ci augmentera : on utilisera moins une ressource rare ou on la remplacera par d’autres, plus abondantes. Deuxièmement, la rareté et le coût plus élevé d’une ressource nous incitent à en découvrir davantage. Troisièmement, puisqu’il peut être payant d’innover pour remplacer des ressources raréfiées, un système de libre entreprise remédie habituellement aux pénuries avant même qu’elles ne se produisent. En fait, le monde n’a jamais manqué d’une ressource essentielle à la croissance !

Enfin, le libre marché favorise la croissance, un meilleur niveau de vie et un environnement plus sain. L’Indice de performance environnementale du Center for Environmental Law and Policy de l’Université Yale montre que l’environnement se porte beaucoup mieux dans les pays riches que dans les pays en développement.

La responsabilité sociale de l’entreprise et la durabilité sont des concepts importants. Interprétés trop largement, ils peuvent causer un tort grave à notre économie. S’ils sont bien compris, ils complètent la recherche du profit et peuvent aider les entreprises et l’ensemble de la société à atteindre un objectif que nous partageons tous : une vie meilleure, aujourd’hui et dans les années à venir.

Sur le web

À Lire aussi : Dans un marché libre, aucun profit n’est « excessif » !

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  • Pourquoi des concepts raisonnables à l’origine comme la RSE et le Développement Durable doivent être détournés l, déformés pour complaire à une idéologie constructiviste ?
    La RSE c’est que la fin, la recherche naturelle du profit et de la rentabilité ne se fait pas par n’importe quel moyen. J’apparenterait la RSE et le DD à des codes de bonne conduite. Mais elles ne sont pas une fin en soi.

  • Le but de l’entreprise est de faire du profit. Le moyen est de satisfaire les besoins des clients.
    Une entreprise qui a un comportement peu « socialement responsable » (pollution, communication mensongère, etc…) perdra des clients.

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