Après le Penelopegate : la droite doit garder le cap et réformer

François Fillon By: European People's Party - CC BY 2.0

Les révélations sur François Fillon ne doivent pas inciter la droite à battre en retraite et se replier sur le plus frileux des conservatismes. Elle doit au contraire rester fidèle au programme de réformes qu’elle s’est donné pour redresser le pays.

Par Frédéric Mas.

Après le Pénélope Gate : la droite doit garder le cap et réformer
François Fillon By: European People’s PartyCC BY 2.0

Les révélations, vraies ou fausses, légales ou illégales, ont entaché la réputation du candidat de la droite et du centre François Fillon. Parce qu’il se présentait comme le candidat de la réforme et de la mesure, la déception d’une partie de son électorat fut grande. Quand celle-ci a découvert que par bien des côtés, leur candidat était à l’image de cette classe politique qui depuis 30 ans vit de l’argent des autres, elle a sombré dans le déni, voire le renoncement.

La campagne de presse contre François Fillon est telle que c’est dans ses propres rangs qu’on s’interroge : faut-il remplacer le candidat Fillon ? Et si oui, par qui le remplacer pour faire gagner la formation de la droite et du centre ?

Avant de vouloir remplacer François Fillon, il faut garder à l’esprit qu’il a été désigné au cours d’une primaire ouverte face à des adversaires tout aussi déterminés que lui à gagner. Retirer aux militants et aux électeurs cet aspect, c’est aussi leur dénier toute légitimité dans un processus de désignation jusqu’ici respecté et justement inventé pour tenter d’échapper à la confiscation de la politique par les politiques.

Le retour des vieux chevaux contre Fillon ?

Rayer d’un trait de plume le résultat des primaires à droite aurait le résultat catastrophique d’alimenter la défiance vis-à-vis des appareils politiques et médiatiques. Si le résultat des primaires ne plait pas, alors les élites des Républicains se donneraient le droit de l’effacer. Cette défiance pourrait être encore plus grande si le candidat remplaçant se révèle être un cheval sur le retour, rescapé des campagnes chiraquiennes ou sarkozystes.

Affaiblir la position de la droite et du centre au profit de son adversaire d’aujourd’hui, Emmanuel Macron, n’aura pas simplement une incidence sur l’élection présidentielle en cours, mais aussi sur les législatives suivantes : si d’aventure le candidat Macron devenait ce président sans appareil politique expérimenté, face à une droite en déroute, cela pourrait ouvrir un boulevard au parti socialiste pour se refaire. Non seulement les minces possibilités de réforme s’évanouiraient, mais l’héritage catastrophique de François Hollande se perpétuerait à l’échelon local (ou même, de manière diffuse, au sein du gouvernement Macron).

Remplacer Fillon ?

L’homme François Fillon n’est finalement que de peu d’importance : ce qui a été déterminant dans sa désignation, c’est son diagnostic sur l’état de la France et la nécessité de réformer, de « débureaucratiser » le pays. Bien sûr, François Fillon n’est pas le chevalier blanc ou le « thatchérien » que certains de ses partisans ou de ses adversaires ont voulu croire. Il a même battu en retraite assez rapidement sur l’assurance-maladie.

Seulement, ce sont ces idées de réformes, qui sont pour nous des questions de principe, qui tout comme celles de Macron visant à combattre l’économie de rente, doivent être défendues. Si Fillon doit se désister, cela doit venir de lui, et ne doit avoir pour origine la pusillanimité de son propre camp prêt à toutes les concessions pour arriver au pouvoir. Celui-ci ne doit pas faiblir, et, sous la pression médiatique comme des clientélismes, ne doit pas reculer car les effets cumulés du chômage, de la dette publique et de la pression fiscale confiscatoire et injuste mettent aujourd’hui en danger de mort le modèle social et politique français.

La situation historique de la France est trop grave pour remettre à plus tard la réforme nécessaire et se contenter de reprendre les vieilles recettes du conservatisme.