L’horreur catastrophique de ces robots partout

Alors que les robots s'insinuent partout dans la société, les rapports s'accumulent pour montrer qu'on va forcément en souffrir. Ah bon ? Vraiment ?
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L’horreur catastrophique de ces robots partout

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 janvier 2017
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Alors qu’à l’approche de l’élection présidentielle, la France se raidit de plus en plus sur un paléo-socialisme poussiéreux, certains parlementaires de l’Union Européenne envisagent l’avenir avec le même prisme déformant montrant à quel point la vision catastrophiquement pessimiste de nos « élites » autoproclamées parvient à infuser une partie du reste du monde.

À l’instar d’autres sujets, comme la fessée qui a fini par être interdite puis, plus récemment, le loyer fictif dont le thème revient avec insistance, ces parlementaires ont décidé de remettre 2 euros dans la boîte à musique pour relancer le bastringue sur l’idée d’une taxe sur les robots.

Qu’elle est mignonne cette idée de taxe, qui passe tel un vieux chewing-gum insipide d’une bouche socialiste à l’autre, légèrement mâchouillée pour bien s’adapter aux différents publics à qui elle est destinée ! Et puis, tout le monde sait qu’une taxe sur les robots sera évidemment payée par les robots eux-mêmes, comme tout le monde sait qu’une taxe sur le lait est payée par les vaches, que les cotisations patronales sont évidemment payées par le patron directement de sa poche (mais si, bien sûr !) et que la lune est faite de fromage !

Depuis sa présence dans la bouche du petit Ben Hamon du Parti Socialoïde, le chewin-gum est allé se fourrer dans celle de ces parlementaires européens dans l’une de ces improbables commissions toujours prêtes à nous asséner l’un ou l’autre rapport imbuvable.

Dans une magnifique enfilade de non sequitur et d’affirmations sans preuves, pour nos élus, pas de doute : nous allons tous nous retrouver les bras ballants, à ne rien faire en regardant la planète se faire mettre en pièces par des robots devenus à la fois autonomes, rapides, efficaces et beaucoup trop intelligents pour nous. Mais si, c’est évident : puisque les robots vont progressivement nous remplacer dans toutes nos fonctions, alors nous n’aurons plus rien à faire, alors le travail humain ne vaudra plus rien, alors nous n’aurons plus de revenus puisque personne ne voudra nous embaucher, et nous allons donc tous mourir de faim.

Le suicide (ici & maintenant) est bien sûr une option envisageable en plus d’être délicieusement écologique, mais nos députés ont cependant quelques propositions pour nous éviter une fin misérable. Au-delà de la taxe qui revient sans surprise comme un mantra et forme la pierre d’angle de tout raisonnement politique ces jours-ci semble-t-il et qui, c’est garanti sur facture, va forcément aider la transition (mais si, puisqu’on vous le dit), nos députés proposent aussi de réfléchir à définir les différents types de robots possibles (les petits, les moyens, les gros, les gentils, les méchants, ceux qui sont intelligents ou ceux qui sont vraiment très très bêtes, etc… – catégories sujettes à changement), d’énumérer les droits que ces robots pourraient avoir, puis, enfin, à imposer plus ou moins finement un « kill switch », une fonctionnalité permettant d’arrêter net l’une de ces machines du diable lorsqu’elle viendra à tourner folle (la question n’étant pas « si » mais « quand », c’est évident).

C’est tout à fait rassurant, vous ne trouvez pas ?

Parce qu’en réalité, même si, parfois, une raie de lumière parvient à passer dans ces tunnels vraiment sombres de la pensée politique, à l’instar d’un récent rapport français (eh oui, français – tout arrive) qui estime que la destruction d’emplois induite par cette robotisation galopante ne sera peut-être pas un complet désastre, la tendance générale n’est vraiment pas à la réjouissance ; ici, on insistera sur le poste sur dix qui va disparaître à courte échéance, gobé par l’intelligence artificielle et l’automatisation. Là et avec les arguments affûtés qu’on peut attendre de la fine fleur philosophico-sociologique franchouille, on se désole que cette révolution robotique nous mène à notre perte, entièrement vouée qu’elle est aux gémonies du capitalisme privé apatride méchant méchant et surtout technolibéral (et vlan, un libéralisme de plus dans la brouette bien chargée des démons).

Si, après cela, vous êtes encore enthousiaste à l’idée que l’Humain puisse se dégager un peu plus de ses nombreuses contraintes physiques, c’est que vous n’êtes qu’un monstre froid, calculateur et égoïste, c’est-à-dire un gros libéral mangeur de chatons (ce dernier étant, internet aidant, la mesure ultime de la mignonitude dans l’équation maintenant célèbre que plus il y a de chatons, plus c’est gentil, et moins il y en, plus c’est l’œuvre du capitalisme libéral apatride patati patata). Par définition, la robotique et l’intelligence artificielle, c’est l’évaporation du chaton.

Pourtant, des éléments factuels permettent tout de même de prendre un peu de recul et d’évacuer assez fermement les remarques les plus évidentes.

Il y a quelques pays dont le nombre de robots par habitant est très nettement supérieur à celui de la France, à commencer par l’Allemagne voisine, et qui ne présentent pour autant pas du tout le profil de pays sinistrés. Au contraire. Cela doit vouloir dire quelque chose, mais quoi diable ?

Il y a l’histoire, certes récente mais néanmoins répétée sur les 2000 dernières années, de toutes ces régions, de tous ces pays, ces continents même qui n’hésitèrent pas et n’hésitent toujours pas à utiliser une invention, à remplacer l’une ou l’autre opération auparavant manuelle par des automates ou des mécanismes malins, à décharger l’Homme de son fardeau. À chaque fois, on a observé une amélioration des niveaux de vie au lieu d’une augmentation de la misère. Cela doit vouloir dire quelque chose, mais quoi diable ?

Il y a le fait que les besoins humains ne sont jamais restés figés sur ce qu’il était possible d’obtenir à mesure que, justement, le champ des possibles augmentait. Au début du XXème siècle, avoir l’électricité et l’eau courante vous plaçait dans la bourgeoisie aisée. De nos jours, il faut aller dans les pays où, justement, l’automatisation n’est pas même un rêve pour retrouver ce niveau d’exigences.

En fait, comme je l’ai développé dans de précédents articles (ici et notamment), la révolution robotique qui pointe son nez, aussi profonde, aussi rapide soit-elle ne changera pas la donne économique : à mesure que les prix des biens et services automatisés chuteront, les humains déplaceront leurs besoins sur des produits et des services peu ou pas touchés par cette révolution, ou, plus probable encore, en créeront de tout nouveaux (et dans cette hypothèse peu hardie, l’absence d’imagination des détracteurs de cet argument n’est pas une excuse).

Enfin, on évoque toujours le cas de ceux qui, remplacés par des robots, se trouveront (inévitablement) sans travail. On oublie, systématiquement, que cette notion d’absence de travail n’est valable que lorsqu’on a auparavant consciencieusement verrouillé le marché du travail : barrières à l’entrée avec des règlementations, patentes et contraintes de plus en plus lourdes, obstacles continuels à la bonne marche et au développement des entreprises, barrières à la sortie en empêchant capitalisation, héritage ou constitution de rente, et, par dessus-tout, institutionnalisation nécrogène de l’entraide humaine dans une solidarité étatique millimétrée.

La révolution robotique arrive, qu’on le veuille ou non. Or, tout montre que les choix de sociétés qui sont faits actuellement (et notamment votés par toute une génération qui ne sera plus là pour en subir les conséquences) vont durablement gêner les capacités d’adaptation naturelle des sociétés et des individus qui les composent.

Bonne nouvelle cependant : le coupable est déjà trouvé ! Ce sera le technolibéralisme, pardi !


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  • « La machine et le chômage » de Alfred Sauvy explique la même chose . A court terme cependant certains auront du mal à se reclasser et ce n’est pas la faute de l’Etat .

    • la faute à l’éducation nationale qui enseigne le conformisme et non pas l’adaptabilité ?
      donc quand même la faute à l’état, non ?

    • Si il y a 6M de chômeurs en France 10.2% de la population active, quand les pays voisins eux sont au quasi plein emploi avec des taux de chômage inférieur à 5% ce n’est pas à cause de l’état.

      • C’est vrai que ni le code du travail (4000 pages) ni les impôts (illisibles et gargantuesques) ne sont EN RIEN responsables du chômages hein…

      • Ah, oui, c’est parce que le capitalisme apatride ultra libéral est plus présent en France (comme l’illustre bien la dépense publique représentant 58% du PIB) que chez ces socialistes à l’Etat tout puissant que sont les Suisses, par exemple…
        Bien sûr.

    • C’est surtout quand l’Etat va faire défaut que les cohortes de bénéficiaires des rentes publiques vont avoir du mal à se recaser, et je ne parle pas de la recherche d’un travail évidemment, mais de la recherche désespérée d’une nouvelle source de revenus pour vivre sans contrepartie de travail.

      A côté, l’arrivée des robots, ce sera de la gnognotte.

  • Bah, les robots auront droit au RU et resteront dormir dans leur caisse de transport…. n’est ce pas déjà ainsi avec nos installations solaire nos éoliennes et nos robots politiques ?

  • Hamon devrait faire une loi pour obliger les méchants robots à travailler 35h et à ne pas travailler le dimanche!

    Sérieusement l’humoriste Benoit Hamon est trés bon!

  • Qu’est ce qu’un robot?
    Au fond, le parfait esclave de l’antiquité, déchargeant des tâches pénibles et serviles, permettant aux hommes de travailler exclusivement à la recherche de la sagesse philosophique; c’est ainsi qu’Aristote, entre autres, justifiait l’esclavage.
    La libération de l’homme par la machine se retrouve, au XIXe siècle, sous la plume d’auteurs très opposés quant à leurs positionnement politique.

    Qui dit que la valeur « travail » doive alors persister en tant que telle?

  • Excellent, comme toujours (je me répète mais comment faire autrement ?).
    J’ajoute que l’unique raison pour laquelle les choses ont un coût, c’est qu’il faut du travail pour les produire et que personne ne souhaite travailler gratuitement. Si par miracle (mais toute personne réfléchissant 5 mn s’apercevra bien vite que c’est impossible), les robots en venaient à remplacer tout le travail humain, tout serait gratuit. Plus personne ne devrait travailler, plus personne n’aurait besoin d’avoir de « revenu ». Finie la redistribution !
    En attendant, la diffusion des robots et autres machines et techniques destinées à économiser du travail humain permet, comme elle l’a toujours fait, d’augmenter les salaires réels (niveau de vie) tout en diminuant le temps de travail de chacun. C’est d’ailleurs la seule manière de parvenir à ces objectifs ! On ne peut être contre les robots et pour le progrès social. Comme sur d’innombrables autres sujets, les socialistes sont des tartuffes.

    • « Si par miracle (mais toute personne réfléchissant 5 mn s’apercevra bien vite que c’est impossible), les robots en venaient à remplacer tout le travail humain, tout serait gratuit. »
      Car seule la main d’oeuvre a coût, et non les matières premières ni les robots?

      • A partir du moment ou tout est generé (et auto généré) par les robots : non. Plus tard on s’approvisionnera des elements rares depuis l’espace.
        Ce sera la fin des ideologies des cavernes.

        Faut etre encore un peu patient …

      • Réfléchissez un peu. A votre avis, pourquoi les matières premières ou les robots ont-ils un coût ?

      • Aïe, aïe, aïe… L’erreur cruciale des premiers économistes, continuée par Marx… la valeur-travail. Le prix n’est en rien lié aux coûts de production ou de quoi que ce soit, mais à la rareté et au niveau de désir (subjectif) des consommateurs. Produite par des robots ou pas, si vous bavez devant une Aston-Martin je peux vous la vendre cher. Parce que vous en rêvez et qu’elles ne courent pas les rues (les deux vont souvent ensemble).

        • Lisez bien mon commentaire et vous verrez que je n’adhère pas du tout à la valeur travail telle que vue par Marx qui avait ignoré deux choses essentielles :
          1) la loi de l’offre et de la demande à laquelle vous vous référez
          2) le travail autre que le travail manuel, notamment celui des techniciens, ingénieurs, organisateurs, vendeurs et au dessus de tout, celui des entrepreneurs et des capitalistes sans lesquels la productivité des autres travailleurs serait très faible, avec les salaire ou revenus réels qui vont avec, comme ce fut le cas pendant les millénaires qui ont précédé la « révolution industrielle ».
          La loi de l’offre et de la demande ne suffit pas à expliquer pourquoi les choses ont un coût, car même ce qui est rare et désiré s’échange toujours contre du travail humain. Elle ne sert qu’à expliquer pourquoi certaines choses sont plus chères que d’autres et pourquoi certains métiers sont mieux payés que d’autres. La liberté de l’expression de la loi de l’offre et de la demande permet d’orienter la production vers les besoins exprimés les plus urgents des producteurs-consommateurs. Si votre Aston-Martin coûte plus cher qu’une Fiat 500, c’est parce qu’il a fallu plus de travail pour la produire, mais si personne n’en voulait, elle ne vaudrait rien, quelle que soit le travail fourni pour la produire. Si on était capable de produire une Aston-Martin avec aussi peu de travail qu’une Fiat 500, la première ne vaudrait pas plus cher que la deuxième. La loi de l’offre et de la demande ne peut servir d’explication exclusive qu’au prix ce qui est à la fois non reproductible et désiré (exemple :1 tableau de maître). Mais même dans ce cas, ce qui est non reproductible et désiré s’échange contre du travail humain (sauf s’il s’échange contre un autre bien non reproductible et désiré).
          Je reproduis ci-dessous des éléments de démonstration écrits pour d’autres commentateurs.
          Tout ce qui peut être obtenu sans travail (exemple : l’air que nous respirons) est gratuit. Tout ce qui est produit par le travail humain est payant et c’est justement parce que c’est le fruit du travail humain que c’est payant. Le travail sert à produire tout ce que nous désirons et que la nature ne nous procure pas sans que nous ayons le moindre effort à fournir. L’argent ou monnaie sert à échanger du travail humain, échange qu’il favorise dans des proportions gigantesques par rapport au troc. Dans une société libre, c’est à dire une société dans laquelle personne ne peut vivre au dépend du travail des autres par la contrainte (ce qui n’est pas le cas de la notre), chacun est à la fois producteur et consommateur et chaque producteur ne peut produire que ce qui est désiré par les autres producteurs.
          Les prix (dans une société libre) sont le résultat d’un mixte complexe de coûts de production (dans lesquels interviennent à leur tour les 2 éléments suivants que sont les coûts du travail et la loi de l’offre et de la demande) et de la loi de l’offre et de la demande, à côté de laquelle les marxistes passent complètement.

  • Les robots ne sont qu’une excuse de plus à mettre des taxes. Si ce n’étaient eux, ça serait leurs frères… Le problème c’est l’avidité permanente d’argent des autres que les « clercs » manifestent.

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