On montre Macron pour mieux camoufler l’idée libérale

Publié Par h16, le dans Édito

Pas de doute, c’est la rentrée. Pas de doute, l’élection présidentielle approche. Pas de doute, l’intelligentsia, le Tout-Paris, nos médias subventionnés et la fine fleur de l’élite du pays a déjà choisi, faute de mieux, son candidat : ce sera Macron. À tel point qu’on en voit des petits bouts tous les jours, sur tous les supports et dans la bouche de tous ceux qui jacassent fort.

Soyons honnête : si le 1% politique français a choisi Macron presque officiellement maintenant, c’est plus par dépit que pour un quelconque attachement idéologique. Oh, il y a bien sûr les dissidents qui continuent de fricoter avec l’aile gauche de la gauche avec Hamon, le plus jeune fossile communiste du Parti Socialiste, ou avec Montebourg, le plus frétillant Géo Trouvetout de la politique improvisationnelle. Quelques autres se contenteront sagement de Mélenchon, Lider Marxisto d’une gauche complètement en déroute, mais à ces quelques exceptions près, le renoncement de Hollande en rase campagne électorale aura laissé toute la Socialie orpheline et dans ce cadre, Macron représente pour certains une maigre bouée de sauvetage.

Du reste, Macron a quelques avantages. Au contraire de Montebourg qui empile les casseroles, de Hamon qui n’a aucun bilan d’aucune sorte à présenter si ce n’est une loi consternante de démagogie, de Valls qui a contrario, en a un bien pourri et de Mélenchon, tribun sans peuple et sans maroquin, Macron peut prétendre avoir été au gouvernement et avoir laissé une trace.

Oh, pas bien grosse ni bien profonde, la trace, j’en conviens aisément. Pas plus qu’une esquisse, un trait léger de fusain dans l’épais corpus de lois du pays, mais un trait qui permet, maintenant, de tirer quelques enseignements.

Ainsi, les cars « à la Macron » emportent l’adhésion du public : 900.000 voyages ont été effectués avec les nouvelles lignes qu’aura permis la libéralisation partielle des services d’autocars en région. Certes, il est pour le moment délicat d’affirmer, même du bout des lèvres, que ces nombreux voyages supplémentaires ont entraîné une création d’emplois qui signifierait une vraie amélioration dans ce domaine.

Mais on ne peut retirer à cette initiative le fait qu’elle permet à toute une catégorie de population de voyager, qui n’aurait pas même tenté de le faire dans la situation précédente, le train et l’avion étant pour elle inabordables. Indéniablement, cela représente aussi une opportunité d’activité pour des entreprises qui cherchent à s’agrandir (et donc, à terme, qui peut se traduire par une création de richesse voire, soyons fous, d’emplois). Pour le moment, cela reste anecdotique, parce que la concurrence est là, jeune, rude, et qu’il faut s’ouvrir le marché (quitte à vendre à perte comme le font certains opérateurs avec leurs trajets à 2€). Mais à terme, un décollage, même modeste, de cette activité représente une réelle amélioration pour des centaines de milliers de personnes, tant du côté des clients que du côté des entreprises qui voient-là s’ouvrir des relais de croissance.

Accessoirement, cette libéralisation timide bouscule trains et avions. Si ces derniers sont maintenant effectivement dans le jeu de la concurrence depuis des années et s’adapteront bien à l’arrivée des autocars, il en va autrement pour le diplodocus du rail français qui souffre déjà de la concurrence d’un moyen de transport pourtant vieillot (ce qui en dit long sur la société nationale).

Parallèlement, la presse ne se fait pas prier pour relater à grands articles élogieux l’ouverture des magasins le dimanche. Enfin, certains magasins, bien précis, pour certains dimanches, bien compris, et le tout dans le cadre très bien défini des lois et codes déjà en vigueur. Il ne faudrait surtout pas s’emballer.

Malgré tout, les médias sont obligés de relater des faits qui corroborent ce dont on se doutait depuis un moment : l’ouverture du dimanche de ces quelques magasins ne provoque pas la fin de la civilisation française mais permet de créer des emplois ! Le BHV annonce avoir créé 150 nouveaux CDI, et les Galeries Lafayette ont déjà recruté 330 personnes pour ces dimanches, en prévoyant de créer 500 nouveaux postes, sans compter les emplois indirects. Enfin, indirectement, le chiffre d’affaires de ces magasins augmentera, ce qui fera toujours autant de rentrées fiscales et de taxes pour un État qui en a toujours autant besoin.

Difficile de ne pas se réjouir de tout cela… On pourra cependant déceler la volonté des médias de favoriser leur poulain avec la mise en avant aussi judicieusement minutée de ces éléments qui doivent tant à la loi qu’il a portée lorsqu’il était encore ministre. Soit, ne faisons pas la fine bouche : cela reste de bonnes nouvelles, timides mais dans le bon sens.

Maintenant, ne rêvons pas : aucun de ces médias ne s’interroge en effet sur la raison profonde de ces réussites, même timides, accolées à cette loi. Pas un organe, pas un article ne semble vouloir noter la concomitance de cette amélioration avec l’introduction d’une micro-dose de liberté dans la société française. Personne pour admettre, même à demi-mots, que les légères vapeurs de libéralisation introduites ici ont déjà provoqué des bénéfices palpables là. Encore moins pour comprendre et expliquer que la réduction du périmètre étatique, que le relâchement de son étau permettent déjà de créer de l’emploi ou de sauvegarder le pouvoir d’achat de certaines populations.

A contrario, on se rappellera qu’à chaque fois qu’une crise, qu’une dérive sont constatées, ces mêmes journalistes mettent le turbo pour accuser le capitalisme et la trop grande liberté laissée aux vilains patrons, à la finance apatride ou que sais-je encore.

Mais voilà : il en va de façon radicalement différente lorsqu’on observe le contraire. Si cela va mieux, c’est sans rapport avec cette once de liberté ajoutée dans le brouet étatique servi à tous. Non, décidément, tout ceci ne doit rien à l’idée libérale, pardi. Cette réussite est presque fortuite, c’est simplement et à peine plus le résultat d’une bonne idée d’un homme mollement adoubé par le pouvoir actuel. Et il ne faudrait surtout pas qu’il en soit autrement ! Imaginez un peu qu’on ouvre, par mégarde, les yeux des uns et des autres sur cette causalité pourtant évidente, et le risque serait grand que les Français en redemandent. Oh, non, décidément non.

Le libéralisme génèrerait des bénéfices pour tous ? Allons, vous n’y pensez pas !


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Sur le web

  1. Macron ou Fillon ? Fillon – à cause de son étiquette « de droite » – va mettre la CGT dans la rue et tout sera bloqué. Macron au pouvoir parviendra peut-être à faire passer des micro-doses de libéralisme. Ce sera toujours mieux que rien.

    1. Les micro-doses ne suffiront pas. Ce pays a besoin d’un remède de cheval.

    2. Croyez-moi, Macron est au moins aussi haï que Fillon. Rappelez-vous le scandale du costume.. Les syndicats vont brailler, c’est la seule certitude pour 2017.

      1. Et les manifestations contre la loi El Khomri, qui était pourtant très timides, on été suffisantes pour mettre la CGT dans la rue, alors les réformes qui se préparent seront un casus belli pour tous les apparatchiks de gauche.

        1. Juin 2017, début de la guerre civile quoi qu’il arrive aux elections ?

          1. Autant filer tout de suite les clés du pouvoir à la CGT, cela évitera de devoir se farcir cette pénible et inutile parodie de démocratie que les médias nous infligent quotidiennement.

    3. Et j’ajoute que Macron à l’air d’être un morceau beaucoup plus tendre que Fillon pour les syndicats et corporations.

    4. Hollande a mis aussi la CGT dans la rue, parce qu’il a voulu faire le contraire de ce qu’il a dit qu’il ferait.
      Macron va essayer de cultiver l’ambiguïté jusqu’au bout.
      Au moins Fillon est clair et précis. S’il est élu et réforme suffisamment vite, ça peut marcher.

      1. Oh, vous savez, la CGT n’a pas besoin de motif pour se mettre dans la rue. Avec la CGT, on est dans le registre du réflexe instinctif de la bête sauvage, comme les dobermans qui bouffent les bébés.

        Le politicien que veut vraiment réformer ce pays doit accepter les conséquences pratiques de la réforme : cogner le plus fort possible, jusque dans les chiottes si nécessaire. Dans le cas contraire, ce n’est pas la peine d’essayer de réformer. Ou alors, ce ne sont pas vraiment des réformes, on fait semblant mais rien ne change vraiment.

    5. Macron n’a pas cessé de changer de discours ces derniers mois. Toutes les ambitions libérales qu’il pouvait avoir se sont évaporées les unes après les autres pour retourner sur le bon vieux discours socialiste de base. Je suis vraiment déçu que F. Fillon fasse volte-face sur la sécurité sociale mais en ce qui me concerne, mon vote ira probablement pour lui.

    6. De toutes façons, n’importe quelle micro-réforme va faire descendre les milices privées de la CGT dans la rue. Le bon candidat n’est pas celui qui ne fera aucune réforme. Le bon candidat sera celui qui appliquera la législation existante sur les milices privées aux milices privées de la CGT. Macron va-t-il appliquer la législation existante ? Non. Un autre va-t-il l’appliquer ? Rien n’est moins sûr.

  2. La trace de Macron ? Une trace de pneu.

  3. la dernière phrase serait plutôt: « je vous fais Marchais »

  4. Les cars Macron….ou comment donner des croissants aux pauvres… une nouvelle race de socialistes , les Marie Antoinette , la tête dans les nuages ils observent le petit peuple se debattre pour survivre.

  5. Le programme de Macron est volontairement ultra flou, car il sait très bien que si il va trop les détails, chaque media va le critiquer en permanence.
    Donc encore une fois, nous avons affaire à un bon politique, qui joue sur une mouvance du style je suis bobo parisien forcément à gauche pour ma conscience mais intérieurement je me rends compte que le socialisme ce n’est pas ça.
    Donc voter Macron donnera bonne conscience. Ce n’est pas non plus voter à droite.

    1. Macron libéral? avec Pisani Ferry comme directeur de campagne? vous fumez quel bout de moquette?

  6. Jean-Gilles Mongendre

    Les syndicats prévoient déjà blocage sur blocage en cas d’élection d’un candidat qu’ils considèrent comme libéral. La seule solution pour éviter ce foutu traquenard serait évidemment l’adoubement par le vote populaire. Ce que l’on appelait l’état de grâce post-élection n’existant quasiment plus, il conviendrait d’organiser, sitôt élu, avant même que les mairies n’aient eu le temps de ranger les isoloirs, un référendum sur le statut de fonctionnaire. Pour passer, une réforme exceptionnelle nécessite des moyens exceptionnels…

    Mais bon, tout ça n’arrivera pas pour quatre raisons :
    – personne, et encore moins un des candidats actuels à l’élection présidentielle de 2017, n’est assez désintéressé (ou imperméable aux tombereaux de critiques dont il deviendrait instantanément la cible) pour proposer cette opération salutaire !
    – pour être élu, un candidat doit raconter de belles histoires. Mais en imaginant que mon candidat existe et soit élu (en racontant n’importe quoi, donc), un tel référendum sanctionnera son manque d’honnêteté, les votants répondant à celui qui pose la question plutôt qu’à la question même. Il n’aurait donc d’autre choix que de jouer franc-jeu sur ses intentions avant l’élection, ce qui l’empêchera d’être élu (et oui, la fonction publique, c’est quand même un sacré vivier d’électeurs cons…cientisés !).
    – quiproquo inouï, ce candidat devient président de la République et lance son référendum. On peut s’attendre à ce que sa campagne pro-oui soit noyée 1) sous celle de l’opposition, qui la présenterait comme portant hautement atteinte au vivrensemble puisqu’elle dresserait méchamment les gentils Français les uns contre les autres alors qu’ils sont tous frères (amen), 2) sous celle des médias, pressentant que cette petite révolution en entraînera sûrement d’autres, 3) sous celle de certains des propres alliés du président, pas forcément enthousiasmés par cette initiative radicale !
    – la participation aux référendums n’est jamais phénoménale, et surtout on peut supposer qu’elle serait massive chez nos amis les fonctionnaires, persuadés qu’il s’agirait de la fin du monde pour eux.

    Et je crois que j’en oublie d’autres…

  7. L’auteur étant anarcho-capitaliste et libertarien donc ne prêchant que pour sa propre paroisse le procès contre Macron est assez caduque.

    1. Pas besoin d’étiquette anar libertarien etc. pour comprendre que Macron n’est rien d’autre qu’un produit marketing.

  8. Philippe gachet_mauroz

    Ces créations de ligne de bus sont a l image de macaron, de la poudre aux yeux.
    Une idée du siècle dernier qui a crée plus d embrouille dans la gestion des chauffeurs et le montage financier pour trouver un équilibre économique.
    Les premiers licenciements et faillites ont mis a peine un an…

  9. Macron? Un petit Narcisse qui n’a rien trouvé de mieux que ses initiales pour nommer son mouvement! Il n’y a pas plus égocentrique!

  10. Tout ce délire Macronesque ne vous pose pas question ? Sa candidature est poussé pour que rien ne change.

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