Crèches de Noël : attention aux manipulations politiques !

Publié Par Patrick Aulnas, le dans Libertés publiques

Par Patrick Aulnas.

Les crèches de Noël sont surveillées de près. Peuvent-elles être installées dans une mairie ou un hôtel de région ? Laïcité fait loi depuis 1905 et la crèche a incontestablement une dimension religieuse. La laïcité est un excellent principe, mais malgré tout, un doute subsiste dans les esprits à propos des crèches.

Une crèche avec ses santons est particulièrement émouvante pour tous ceux qui ont conservé quelque part un regard d’enfant, chrétiens ou pas. Mais le monde étant devenu ce qu’il est, même le regard d’un enfant peut être utilisé par la médiocrité ambiante.

Manipulation politique, prosélytisme religieux, action de promotion avec arrière-pensées financières, tout est possible et tout existe bel et bien dans la période de Noël. Les opportunistes de la pire espèce n’hésitent plus à utiliser les symboles auparavant respectés.

Toujours la basse politique

Pour certains ambitieux, l’existence médiatique est un but en soi. Et pour exister il suffit de provoquer. Ainsi, Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a fait installer une crèche de 14 mètres carrés dans le hall d’entrée de l’hôtel de région, à Lyon.

Objectif officiel : « mettre en valeur la savoir-faire des artisans santonniers de la Drôme ». Objectif réel : relancer la polémique pour en retirer un bénéfice politique en se plaçant dans le camp de la  tradition chrétienne, qui a le vent en poupe à droite. Certains politiciens n’ont plus aucune décence. Comment la grandiloquente ostentation d’une crèche de 14 mètres carrés pourrait-elle être associée à l’humilité de la naissance du Christ ? Mais le Christ importe peu. Il s’agit, figurez-vous, de Laurent Wauquiez en personne.

La position du Conseil d’État

Du côté des rigoristes de la laïcité, il est hors de question d’installer une crèche de Noël dans un bâtiment public. Des actions en justice ont été intentées contre de petites communes qui s’étaient hasardées à décorer ainsi le hall de la mairie pour les fêtes de Noël. Et l’affaire est parvenue au plus haut niveau de l’ordre juridictionnel administratif, le Conseil d’État.

La décision de la haute juridiction était attendue car elle avait précédemment approuvé l’annulation d’arrêtés municipaux interdisant le burkini. Certains organes de presse titraient donc : « Oui au burkini, non aux crèches ? ». Délicat, très délicat pour les juges. Leur décision fut donc prudhommesque. Le Conseil d’État précise qu’une crèche de Noël est « une scène qui fait partie de l’iconographie chrétienne et qui, par là, présente un caractère religieux. Mais il s’agit aussi d’un élément faisant partie des décorations et illustrations qui accompagnent traditionnellement, sans signification religieuse particulière, les fêtes de fin d’année. » Il en résulte que « l’installation d’une crèche de Noël, à titre temporaire, à l’initiative d’une personne publique, dans un emplacement public, n’est légalement possible que lorsqu’elle présente un caractère culturel, artistique ou festif, sans exprimer la reconnaissance d’un culte ou marquer une préférence religieuse. »

À l’évidence, une crèche comporte une signification religieuse

Une crèche peut-elle être dépourvue de signification religieuse et ne présenter qu’un « caractère culturel, artistique ou festif » ? La réponse est évidemment négative. Une crèche de Noël représente la Sainte Famille (Joseph, Marie, l’Enfant Jésus) et a d’abord et avant tout une signification religieuse. A-t-elle une fonction de prosélytisme religieux ? La réponse négative est tout aussi évidente. Il s’agit d’une pratique culturelle et festive ancrée dans nos traditions religieuses. L’Église catholique ne lui attribue d’ailleurs aucun autre rôle.

Distinguer le culturel du religieux, comme le fait le Conseil d’État à propos des crèches installées dans les mairies ou autres bâtiments administratifs, relève de l’impossible. Tout simplement parce que notre culture a un fondement religieux. Tout ce qui touche à la fête de Noël, si on en exclut les dérives consuméristes, est religieux. Tout ce qui, dans cette célébration, est beau, noble, tout ce qui a de la grandeur et de l’humilité, tout ce qui est ferveur et naïveté enfantine, tout ce qui est émotion profonde et altruisme est religieux.

La peur de l’Islam

Derrière la polémique concernant les crèches de Noël, apparaît la question des racines chrétiennes de la France et de l’Europe. Mais aussi, en creux, celle de la place à accorder à l’Islam dans le domaine culturel. L’identité malheureuse occidentale campe en arrière-plan dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. Faudrait-t-il accorder à l’Islam l’équivalent de la crèche symbolique si par hasard une municipalité française avait un conseil municipal à majorité musulmane ?

La réponse devrait aller de soi : il n’y a aucune tradition musulmane dans la culture française. Notre architecture, notre sculpture, notre peinture ont été pendant presque deux millénaires inspirés par le christianisme. Mais jamais par l’Islam. Il n’en va pas de même en Espagne où l’occupation arabe a laissé de magnifiques réalisations architecturales comme l’Alcazar de Séville ou l’Alhambra de Grenade.

Certains cercles islamiques prétendent même que l’architecture gothique s’inspire, par sa légèreté, de l’art musulman. Peu importe. Ce débat de spécialistes ne modifie pas la réalité : les cathédrales gothiques ont été érigées à la gloire du Dieu des chrétiens. Aucune revendication islamique ne peut être acceptée en France au titre de nos traditions culturelles. Il convient de le dire clairement au lieu de faire profil bas ou de sombrer dans la politicaillerie ordinaire.

Faut-il cacher nos œuvres d’art d’inspiration chrétiennes ?

Les crèches ne sont d’ailleurs que la partie émergée de l’iceberg. La problématique concerne la visibilité publique de nos racines culturelles. Certains souhaitent effacer toute trace d’art d’inspiration religieuse de l’espace public, probablement pour nous imposer ensuite le vivre ensemble multiculturaliste de leurs rêves. En 2015, des élus écologistes de Rambouillet (Yvelines) ont demandé qu’une statue de Nicolas d’Argennes priant et un tableau du Christ en croix de Charles Thévenin ne soient plus exposés à la mairie.

Les élus écologistes, probablement incultes, qualifiaient ces œuvres d’art de « symboles religieux ». La commune de Langrune-sur-mer dans le Calvados possède un tableau du début du 16e siècle du peintre florentin Giovani Antonio Sogliani. Il s’agit d’une Vierge à l’Enfant avec Saint-Jean-Baptiste, scène ultra fréquente à l’époque, dans un état de conservation remarquable. Le tableau, d’abord placé dans l’hôtel de ville, a été transféré au musée de Beaux-arts de Caen, officiellement pour qu’il soit accessible au public.

Si des fresques illustrant une scène religieuse ornaient depuis des siècles la salle d’un conseil municipal ou d’un conseil régional, devrait-on les recouvrir d’un voile ? Faudra-t-il se contenter désormais des pitreries de l’art contemporain et cacher honteusement toutes les créations artistiques à connotation religieuse du passé ? Doivent-elles être réservées aux seuls musées quand l’espace public est envahi des créations de pseudo-artistes ?

Ces questions méritent d’être posées puisque des communes financent des créations graphiques que l’on n’ose qualifier d’artistique. La mairie de Grenoble, à majorité écologiste, a ainsi subventionné un festival de street art dans lequel était exposée une fresque intitulée L’État matraquant la liberté.

Elle représentait une femme à terre matraquée par deux policiers, l’un tenant un bouclier comportant l’inscription 49.3. C’est de l’art dit contemporain, financé avec l’argent de nos impôts par de petits politiciens se prenant pour de grands mécènes. Avec l’argent des autres.

Grandeur et décadence de l’art occidental

Demander de retirer une œuvre d’art d’inspiration chrétienne d’un édifice public revient tout simplement à nier notre culture. Un tel comportement dénote surtout une ignorance de la philosophie laïque qui n’a jamais été et ne sera jamais la négation des fondements d’une culture.

Bien au contraire, agressée de toutes parts, notre identité culturelle doit être revendiquée haut et fort. Au nom de la laïcité, on doit saluer très bas les philosophes des Lumières qui nous ont apporté la liberté, mais on ne peut qu’admirer les milliers de chefs-d’œuvre d’inspiration religieuse que l’histoire nous a légués.

Ils ont leur place partout, et surtout dans les édifices publics, afin que chacun puisse les connaître. Rien dans l’art contemporain ne les égale parce que rien d’élevé n’inspire les artistes d’aujourd’hui. Au premier regard, chacun s’émerveille de la pureté presque enfantine des fresques de Fra Angelico ou de l’indicible grâce des sublimes madones de Fra Filippo Lippi.

Des artistes qui expriment le plus profond de leur être atteignent à l’universel et émeuvent spontanément. Mais qui est ému par le négativisme nihiliste de l’art contemporain ? On achète, on spécule mais on n’aime pas.

 

 

  1. Ces politiques sont des traîtres. Le peuple l’a bien compris puisqu’il ne va plus voter !
    Je vis et travaille actuellement à l étranger et il ne me viendrait pas à l’idée d’imposer quoi que ce soit à les hôtes.
    Les Français sont faibles et se laissent imposer des règles dont ils ne veulent pas par cette pseudo élite inculte.

  2. Les contorsions françaises sur le sujet sont ridicules. Le monde entier a de quoi se tordre de rire.

  3. Dans cette société déliquescente nous n’en sommes plus à un délire près …

  4. Inculte ,qui n’a pas de culte(la culture est a 99% religieuse), serait il le synomyme de laïc ,laïcs qui voudraient bien nous transformer tous en moutons ?

    1. Ce que vous dites est faux. Vous confondez les mots culte (latin cultus) et culture (latin cultura). Cultura signifie « cultiver », « habiter », « honorer ». Il définit l’action de cultiver la terre au sens premier puis celle de cultiver l’esprit, l’âme au sens figuré. C’est Cicéron qui fut le premier à appliquer le mot cultura à l’être humain : « Un champ si fertile soit-il ne peut être productif sans culture, et c’est la même chose pour l’humain sans enseignement. » (dans Tusculanes, II, 13). Le terme culte du latin cultus désigne l’hommage rendu à une divinité parce que justement il se réfère également à l’action de cultiver, de soigner, de pratiquer un ART. Vous ne semblez pas avoir retenu ce qu’a dit Cicéron concernant l’enseignement humain. Normal, on considère aujourd’hui le latin et le grec comme des langues « mortes » alors que vous et moi on les parle tous les jours. Je suis effaré par l’ignorance crasse des gens qui utilisent des mots sans en connaître la signification. Se référer à la loi de 1905 comme étant le summum de l’évolution humaniste et du progrès philosophique est une injure à notre culture gréco-romaine. En France vous souffrez d’un mal endémique et morbide obsessionnel qui s’appelle « La laïcité militante ». Et la plupart des militants ignorent que le terme laïc est issu du latin laicus « commun, du peuple (laos) », terme ECCLESIASTIQUE repris au grec d’église laikos, « commun, du peuple (Laos) », par opposition à klerikos = le clec, désignant les institutions spécifiques aux religieux. Le terme laicus est utilisé dans le vocabulaire des églises chrétiennes dès l’Antiquité tardive pour désigner toute personne de la communauté qui n’est ni clerc, ni religieux c’est-à-dire profane en matière de théologie. Cependant, elle appartient bien à l’Eglise, dans le sens qu’elle en suit le culte puisque l’incroyance étant alors inconcevable à l’époque et peut même y exercer des fonctions importantes. L’abstrait désignant cette position a donné en français le terme « laïcat ». Au Moyen Âge, le mot « laïc » distingue en fait l’homme commun, qui doit être enseigné, de l’individu « instruit » consacré par son état religieux. La névrose obsessionnel française de « laïcité militante » a détruit une bonne partie de votre patrimoine culturel. On ne compte plus les chef d’oeuvres en déliquescence ou églises détruites et perdues. Dommage. Vous ne vous rendez même plus compte que vous avez élevé la Laïcité au niveau de Religion d’état! Et c’est un problème spécifiquement français qui ne perturbe nullement les esprits des pays qui vous entourent.

      1. Ne généralisez pas, ce n’est pas la France, mais un groupe de personnes qui depuis 250 ans, s’évertuent par tout les moyens à sublimer les contradictions les plus évidentes, à réécrire l’histoire, à légitimer l’arrogance et qui ont fait de cette mauvaise foi un sport national : le coq Français, fier d’avoir les pieds dans le fumier, bouffi d’orgueil et de fatuité et ayant décrété être en droit de donner des leçons au monde entier.

  5. Les tableaux à thème religieux ou « social » scènes de grève, miséreux mendiant, « riches » méprisants » , n’ont pas leur place dans les mairies, mais dans les églises, les locaux de partis, les musées ou mieux, dans les salles de vente pour que puissent les acquérir qui veut.

  6. Je lève le doigt (tout en le laissant rainer sur le clavier) :
    « Moi, M’sieur, j’ai une idée »
    -oui mon petit pastilleverte, peux-tu la dire devant (l’écran de) tes petits camarades ?
    – ébin, yaka enlever Marie, Joseph, le petit Jésus et les anges..
    -mais que va t il rester ?
    – ébin le bœuf et l’âne (et en plus c’est cacher et halal), et les bergers (prolétaires exploités), et peut-être les chameaux des rois mages, mais pas les rois mages (monarques richissimes et exploiteurs)
    -…
    -épi, pour éclairer, on mettra des leds…pour sauver la (Sanctissima) Planète

  7. Vous voulez supprimer les crèches , symboles de Noel, ben y’a qu’à supprimer Noel, plus de fêtes, plus de congés, allez hop tous au boulot …

  8. Bonjour, il manque deux sujets dans votre article je trouve: notre culture française ne s’est elle pas agrandie avec la période des croisades, des colonies et de l’Algérie française ?? Et au-delà de la question: doit on ou pas au regard de la loi de 1905 installer des crèches dans les mairies? Il y a la question plus taire à taire qui est: Nos fonctionnaires sont ils vraiment payés pour faire de la déco, et dépenser l’argent public en santons?

  9. Les mêmes qui s’offusquent de nos crêches et veulent faire disparaître les croix de l’espace public ( il y a du boulot !), ne s’offusquent pas quand certains élus, et non des moindres, célèbrent le ramadan avec l’argent public et financent abondamment les « associations culturelles musulmanes » toujours avec nos impôts bien sûr … Après la révolution et la destruction de milliers d’oeuvres chrétiennes, de nombreuses communes françaises ont été « débaptisées » pour prendre un nom révolutionnaire !(à commencer par les Saint et Sainte… bien entendu ). C’est Louis XVIII qui a annulé le changement de nom des 3000 communes rebaptisées par les Sans-culottes.
    Bientôt nous demandera t-on de changer à nouveau des milliers de noms de villes, de rues … de supprimer tous nos calvaires, oratoires et croix sur nos églises pour complaire à tous ces tenants de la laïcité si tolérants avec d’autres religions ?

    1. Un collègue m’a raconté qu’en Lorraine, beaucoup de localités ont un nom finissant par « ange », ce que les Révolutionnaires ont voulu remplacer par « sans-culotte ». Son village d’origine se nomme « Puttelange »….

  10. Noël est un symbole de joie et d’espérance principalement pour les plus pauvres. Effacer le symbole peut-il faire disparaître la pauvreté ? Le scandale est-il ce symbole d’espérance ou n’est-il pas plutôt que la pauvreté existe encore face à l’hyperconsommation et aux agapes de cette période de l’année ?

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