La pétition qui a changé l’économie

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Connaissez-vous la célèbre pétition des marchands de chandelles proposée par l'économiste Frédéric Bastiat ? Une leçon sur le protectionnisme proposée par Damien Theillier, philosophe, pour l'école de la Liberté.

Par Ferghane Azihari.
Un cours de l’école de la Liberté

Il semble malheureusement que certains sophismes restent éternels. Tel est celui du protectionnisme. L’économiste Frédéric Bastiat était lui aussi régulièrement confronté aux thèses qui présentaient la concurrence comme source d’appauvrissement global.

Ces thèses irriguent encore le débat contemporain. Pas un jour ne passe en effet sans que l’on entende dans les médias un politicien, un journaliste ou le représentant d’une corporation déplorer les effets du « dumping » et autres formes de « concurrence déloyale ».

Des travailleurs détachés, à AirBnB en passant par Uber et Heetch, les appels aux restrictions se multiplient pour entraver une concurrence qui, sous prétexte qu’elle affecte effectivement certains producteurs, serait source d’appauvrissement pour l’ensemble de la société.

Pour lutter contre ces idées qui dominent également son époque, Frédéric Bastiat va employer ses talents de pamphlétaires pour écrire un texte parodique qui sera publié dans un média national : la pétition des fabricants de chandelles.

Lobbys contre le soleil

Frédéric Bastiat incarne dans ce texte les représentants des lobbys de producteurs de lumière artificielle. Ces lobbys déplorent l’avantage comparatif du soleil qui produit à certaines heures de la lumière abondante et…gratuite.

Cette lumière gratuite nuit aux parts de marché des fabricants de chandelles ! La solution est donc toute trouvée. Il convient de faire voter une loi pour forcer les citoyens à refuser l’ensoleillement naturel. Cela permet de les pousser à consommer de la lumière artificielle. Cette mesure a donc l’avantage de protéger certains emplois dans l’industrie de la lumière. La prospérité de tous est ainsi confortée.

Cependant les choses ne sont pas aussi simples. Il faut en effet rappeler que la finalité du marché réside dans la satisfaction des besoins du consommateur. La production est un moyen. Pas une fin en soi. Ainsi donc, un emploi n’est utile que s’il permet de produire un service utile au consommateur. Forcer ce dernier à acheter de la lumière artificielle dont il pourrait se passer est donc impertinent et destructeur de richesse puisque les ressources engagées pour protéger les emplois inutiles encouragent une mauvaise division du travail et nuisent à la productivité globale.