Élection de Trump : décidément la gauche ne comprend rien

La gauche dénigre aujourd'hui les réseaux sociaux qui auraient contribué à l'élection de Trump, mais les encense quand ils servent son intérêt. Démagogie ?

Par Vianney de la Fortelle.

Donald Trump By: Marc NozellCC BY 2.0

Cela fait plus d’une semaine maintenant que Donald J. Trump a été élu Président des États-Unis d’Amérique. De manière étrange, le soleil a continué de tourner, les marchés financiers se sont tout de suite remis de l’événement, la peste et le choléra ne se sont pas répandus comme annoncé. Les choses ne changent pas et même la gauche, quel que soit le côté de l’Atlantique, continue à ne rien comprendre et débiter ses bêtises à un rythme stakhanoviste.

Christiane Taubira et les réseaux sociaux

hollande-gauche-rene-le-honzecLe 13 novembre dernier, Christiane Taubira s’en est prise à Internet et aux réseaux sociaux, les accusant d’avoir manipulé l’opinion et favorisé l’élection de Trump. Elle souhaite les responsabiliser, comprendre les réguler. Encore une fois le réflexe de la gauche réside dans le contrôle et la censure de ce qui lui déplait, ne s’inscrit pas dans sa vision du monde. Les Américains ont échoué à élire la 1ère femme présidente de l’Histoire1 Il y a forcément eu une erreur, une manipulation, un crime ayant détourné les masses du droit chemin. Il n’est pas normal que les suprématistes blancs, ces racistes, homophobes, armés jusqu’aux dents aient pu l’emporter.

Et pourtant la Gauche se trompe lourdement. Non, les électeurs de Trump ne sont pas ce qu’elle décrit. Non, il n’y a pas eu de manipulation ou autres tricheries. En fait, la Gauche est victime de ses erreurs et de ses tares. Elle a même oublié qu’il y a peu c’est elle qui recevait les suffrages des électeurs de Trump.

Ce que la gauche croit voir : le rôle des réseaux sociaux

Le cocasse de cette histoire est que les géants d’Internet, dont le fondateur de Facebook, roulaient pour Clinton. Observer la gauche appeler à sa régulation et son contrôle est donc particulièrement savoureux. Il est reproché aux réseaux sociaux d’avoir roulé pour Trump, contrairement aux médias qui, eux, étaient tous au garde à vous pour Clinton. On n’avait pas connu une telle unanimité depuis les beaux jours de la presse soviétique.

Contrairement à eux, sur les réseaux sociaux, les opinions étaient plus contrastées, beaucoup plus fidèles à la réalité électorale. Ceux qui ne se retrouvaient pas dans le projet démocrate pouvaient retrouver une information et des opinions plus nuancées, et même en faveur de Trump. Internet et les réseaux sociaux sont restés un espace de liberté beaucoup moins partisan que les médias officiels.

La gauche a la mémoire bien courte. En 2008, c’est Obama qui a profité pleinement des réseaux sociaux pour favoriser son élection. C’est lui qui en a très largement bénéficié pour diffuser son message, collecter des fonds, rameuter les électeurs. C’est lui qui a triomphé en grande partie grâce à eux. Symptomatique de la gauche : quand cela va dans son sens, elle encense, dans le cas contraire, elle censure.

Enfin, la gauche a participé directement à l’élection de Trump via les médias qu’elle contrôlait. Chaque sortie, boutade, énormité du candidat Trump était rapportée ad nauseam par la presse favorable à Clinton ; ce qui a été une immense publicité gratuite en faveur de Trump, un exemple très réussi d’arroseur arrosé !

Surtout, cela soulignait à quel point le système médiatique était biaisé, attaquant l’essence même du métier de journaliste. Certains médias ont passé moins d’une demi-heure à traiter de l’affaire des e-mails de Clinton lorsqu’ils passaient trois heures à pousser des cris d’orfraies à propos du « Grab a pussy » de Trump : pas étonnant de comprendre à quel point le monde médiatique avait vendu sa neutralité à Clinton.

Au delà de cette histoire, les propositions de la Gauche après son élection sont symptomatiques de ce qu’elle est et de la menace pesant sur nos libertés.

Ce que la gauche ne voit pas : elle est la cause de l’élection de Trump

Trump peut vraiment remercier la gauche pour son aide, elle a largement favorisé son élection par sa stratégie et son attitude.

Terra Nova a du souci à se faire : c’est sa stratégie qui a été utilisée par Clinton, et cette stratégie a largement échoué. La proposition de Terra Nova est que la gauche abandonne la classe ouvrière au profit des minorités en tout genre (femmes, noirs, LGBT, etc). C’est ce qu’a fait Clinton. Elle s’est adressée aux bobos des grandes métropoles et a laissé tomber les ouvriers blancs de la Rust Belt.

Trump, lui, est allé chercher ces voix. Il a sillonné ces États, s’est adressé à ceux que l’on appelle les white trash, et ces derniers ont répondu présents. Ils ont trouvé en Trump un candidat qui s’intéressait à eux et leurs problèmes. Les solutions envisagées ne sont peut-être pas les bonnes, mais ils ont été écoutés et respectés, alors que la gauche les a abandonnés.

La gauche est intimement persuadée d’être le camp du Bien, d’incarner le sens de l’Histoire, de détenir les clefs de l’avenir. Cela l’a rendu hautaine, orgueilleuse. Elle regarde de haut et méprise ceux qui ne font pas partie des élus, elle frappe d’anathème ceux qui s’opposent à elle. Le terrorisme intellectuel n’est pas un vain mot. La gauche a abandonné les ouvriers, indignes de ne pas avoir voulu la révolution, au bénéfice des minorités.

Ceci s’est parfaitement illustré lorsque Clinton a insulté les électeurs de Trump, les traitant de « pitoyables » ; et continue encore lorsqu’on peut lire que c’est leur absence d’éducation (entendre suffisamment intelligents et endoctrinés) qui les a conduits à voter pour Trump. Il est tout à fait normal de ne pas voter pour ceux qui vous méprisent et vous insultent. Ceux qui se sont sentis visés par le mépris de cette intelligentsia qui les a abandonnés, ont naturellement voté pour celui qui se présentait comme leur opposant et leur victime.

Trump a très bien profité du politiquement correct de cette gauche pour renforcer son image de proximité avec ses électeurs. On ne gagne pas en méprisant son adversaire, c’est la bonne nouvelle de cette élection.

La gauche n’est pas libérale

L’élection de Trump a fait ressurgir le fond de la pensée de la gauche : le sectarisme et le totalitarisme de ses origines demeurent toujours présents. Elle ne les a pas abandonnés.

Les propos de Christiane Taubira reflètent très bien cette attitude. Doit être combattu tout ce qui n’abonde pas dans son sens, ne sert pas ses intérêts ou sa vision du monde. Elle tolère les espaces de libertés tant qu’ils servent son objectif. Son attitude vis-à-vis des réseaux sociaux en est le parfait exemple. Ils sont encensés en 2008 lorsqu’ils participent à la victoire d’Obama. Ils doivent être régulés et censurés dès lorsqu’ils contribuent à la victoire de son opposant. Encore une fois, la gauche veut réduire les espaces de liberté dont nous disposons. Elle met très bien en application les leçons de Trotsky2, elle est prête à se servir de n’importe quelle cause qui puisse servir ses objectifs.

Heureusement pour nous, la gauche reste aveuglée par son mépris, ses certitudes, et son politiquement correct. Ses propos après l’élection de Trump montre qu’elle n’a pas compris les raisons profondes de cette situation. Défenseurs de la Liberté, nous devons prendre garde à ne pas nous faire avoir par les sirènes de la gauche mais rester les plus vigilants possible face aux menaces qui pèsent sur les libertés, quelles qu’elles soient.

  1. Les médias se sont enthousiasmés. Ils ont oublié Thatcher, Merkel, Bachelet, Roussef, etc…  Attendons d’évaluer leur soutien à Marine Le Pen.
  2. Leur morale et la nôtre.