Trump : les Démocrates sauront-ils perdre avec l’élégance nécessaire ?

Debate Trump-Clinton By: Bill B - CC BY 2.0

Le comportement de certains supporters d’Hillary Clinton face à la victoire de Trump est épouvantable, là où Obama a su réagir à propos.

Par Bruno Lévy.

Il est toujours facile d’être émotionnellement intelligent en cas de réussite, mais on se révèle bien davantage face à un échec. C’est exactement pourquoi le discours d’Obama sur l’attitude à adopter de la part des Américains face à l’élection de Trump commande le respect et l’admiration. Il a exprimé le sens exact de ce que signifie d’accepter d’avoir perdu une élection.

Par opposition, le comportement violent d’une minorité de partisans d’Hillary Clinton est tout simplement épouvantable :

  • Violentes émeutes dans la rue
  • Interventions auprès de certains grands électeurs républicains, représentant leur État dans le collège électoral, afin qu’ils portent leur vote contre Trump, une démarche très respectueuse des électeurs ayant voté dans ces États… merci pour eux. Je suppose que c’est ainsi que ces personnes veulent enseigner la tolérance à leurs enfants ?
  • Préoccupation raciale du profilage du vote. Comme si le fait que 80% des Noirs aient, semble-t-il, voté pour Clinton invalidait le vote des 20% qui ont voté pour Trump. On croyait que le point de vue non raciste consistait à considérer que chaque électeur est avant tout un individu avec des opinions qui lui sont spécifiques, le conduisant à soutenir tel ou tel candidat (mais aussi bien entendu que l’origine ethnique ne pourrait être utilisée pour l’exclure du vote). Mais maintenant on apprend que le racisme, c’est quand 52% des Blancs votent pour un candidat auquel sont opposés 80% des Noirs…
  • Manifestations où se multiplient des « Pas mon président ». Fondamentalement, une personne qui brandit un tel slogan signe indique qu’elle n’accepte les résultats d’une élection démocratique, dont elle a accepté les règles à l’avance, uniquement si ils sont conformes à ses désirs…. Quelle leçon de non-violence et de respect.
  • Propagation de rumeurs sur Twitter annoncant une vague de violences racistes depuis le jour de l’élection…
  • Publication de tweets appelant au meurtre de Trump (un journaliste britannique l’a fait)

Nous avons tous constaté l’intolérance affichée par des amis sur Facebook, et ailleurs, justifiant leur rejet et leur haine, traitant Trump de tyran fasciste, entre autres. Certains de mes « amis » Facebook ont manifesté une grande agressivité à mon encontre à la suite de mes arguments plus modérés sur les conséquences de cette élection.

hillary-rene-le-honzecPendant toute la campagne électorale, je n’ai pas été fan d’Hillary Clinton et j’ai été atterré par les propos racistes (surtout anti-mexicains) et sexistes de Trump. Aucun candidat n’a eu ma préférence. Mais certains sont incapables de comprendre qu’être opposé à ces deux candidats ne signifie pas être en faveur de celui qui l’emporte… Pour eux, simplement, accepter les résultats de l’élection vous transforme en idiot dangereux incapable d’empathie, et à l’encontre duquel l’agressivité se justifie…

Le jour de la déclaration de la Première Guerre mondiale, des personnes ont, paraît-il, été tuées aux terrasses de cafés parisiens, simplement à cause de leur refus de saluer le drapeau. L’incapacité de constater et accepter même de légères divergences d’opinion est certainement un pré-requis pour ce type de violence.

Une opinion totalitaire se caractérise principalement par la croyance que la fin justifie les moyens. Aucun mépris pour Trump ne peut justifier les comportements violents cités plus haut. Comment peut-on croire en une nation civile et tolérante sans l’intelligence émotionnelle de savoir accepter la défaite ?

L’Amérique peut remercier le président Obama d’avoir indiqué le chemin de l’acceptation de la défaite, avec grâce et dignité.