Barack Obama restera-t-il dans l’histoire comme un second Kennedy ?

Barack Obama a été un Kennedy – inspirant la même fascination et suscitant la même inconditionnalité plus esthétique que politique – mais honorable.

Par Philippe Bilger.

Barack Obama : un Kennedy honorable ?
By: Pete ProdoehlCC BY 2.0

Je prends des risques. Pas beaucoup. Hillary Clinton sera la prochaine présidente des Etats-Unis.

La campagne a été plus que médiocre et aucun des candidats n’a rassuré le monde sur sa capacité à répondre aux défis aussi bien nationaux qu’internationaux qu’il aura à affronter.

Mais Hillary Clinton va gagner parce qu’elle aura eu en face d’elle un être intelligent mais trop souvent histrion et approximatif.

Elle va l’emporter surtout à cause de l’immense soutien médiatique et artistique qui n’a cessé de lui être prodigué.

Hillary moins enthousiasmante

obama-rene-le-honzecElle va vaincre parce que le couple exceptionnel formé par Barack Obama et son épouse Michelle s’est impliqué avec énergie et enthousiasme pour la défense d’une cause démocrate qu’Hillary Clinton avait du mal à incarner.

C’est très injuste mais, songeant au président Obama, je ne peux m’empêcher d’opposer le don, le talent et la grâce à l’implacable enseignement des résultats.

Sur le premier plan, il a été transcendant. Dans n’importe quelle posture, seul ou avec Michelle, son aura demeurait incontesté parce qu’il échappait à tout soupçon, tout zeste de ridicule.

Pour le second, on ne peut pas dire que sa politique, notamment internationale, a été un succès et c’est un euphémisme. Au fond il n’a jamais tenu les promesses de son verbe éclatant et le tour de force est que cependant – parce qu’il a la grâce et qu’il aurait été presque vulgaire de le confronter à son médiocre bilan – il a été porté aux nues, bien au-delà de ce que ses entreprises méritaient (Valeurs actuelles, Le Point).

Un JFK honnête ?

Pour les USA, je ne vois qu’une comparaison possible mais relative. Avec John Kennedy. Mais un Kennedy qui aurait été honnête, n’aurait pas trempé pans des magouilles, avec des accointances plus que douteuses et avec des comportements personnels dégradant la fonction présidentielle.

Barack Obama a été un Kennedy – inspirant la même fascination et suscitant la même inconditionnalité plus esthétique que politique – mais honorable.

Je regrette que l’examen des actes, les résultats d’une présidence passent au second plan quand un responsable a la lumière – alors que d’autres n’ont rien de plus que leur être besogneux et ordinaire.

Richard Nixon dans son premier mandat a été un formidable président mais il n’avait pas l’apparence qui convenait. Pas assez plaisant à regarder, à regarder agir, à regarder vivre ! Il était remarquable pour l’essentiel mais la masse aime admirer une belle image du pouvoir pour lequel elle a voté.

Parfois, en observant la situation française et en gardant à l’esprit des scènes américaines, je ne suis pas loin de plaindre nos président qui ont été et seront exclusivement jugés sur leur bilan – avec des conclusions négatives – parce qu’ils n’ont jamais eu la possibilité ou la chance de pouvoir détourner l’attention civique sur eux-mêmes, leur légèreté, leur grâce, leur élégance – tout ce qui les faisait passer à côté du réel au lieu d’être en plein dedans et souillés par lui.

On dira des uns qu’ils ont été mauvais et des autres on se souviendra. Longtemps.

Un jour, la mythologie s’effritera.

Hillary Clinton, si bien soutenue par Barack et Michelle, ne peut pas perdre. Mais elle, elle n’aura pas le choix. Elle ne sera évaluée que sur ses résultats.

Sur le web