Ciudadanos, le phénomène libéral espagnol

L’Espagne a désormais un gouvernement, dont le président du conseil est Mariano Rajoy ! Et pour cela l’attitude de Ciudadanos, la toute jeune formation libérale, et de son leader Albert Rivera a été absolument décisive.

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Albert Rivera credits Contando Estrelas ((CC BY-SA 2.0) )

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Ciudadanos, le phénomène libéral espagnol

Publié le 5 novembre 2016
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Par Olivier Saez.
Un article de GenerationLibre

Ciudadanos, le phénomène libéral espagnol
Albert Rivera credits Contando Estrelas ((CC BY-SA 2.0) )

Après plus de 10 mois d’incertitude politique, l’Espagne a désormais un gouvernement, dont le président du conseil est Mariano Rajoy ! Et pour cela l’attitude de Ciudadanos et de son leader Albert Rivera a été absolument décisive. Non qu’ils soutiennent Mariano Rajoy, bien au contraire, mais tout simplement car c’était pour eux le moins mauvais des choix à faire. Un optimum de second rang nécessaire à la stabilité des institutions politiques du pays, pourrait-on dire.

Dès fin 2015, GenerationLibre avait vanté les mérites du programme politique de ce parti qui porte les idées d’un libéralisme économique réel et d’un libéralisme sociétal sincère, qui font tant défaut en France !

Le gouvernement impossible

Rappelons quelques faits. Les élections du 20 décembre 2015 ont été marquées par l’irruption dans le jeu institutionnel espagnol de deux formations politique nouvelles : à la gauche du PSOE, Podemos et un parti de centre droit libéral, Ciudadanos. Ces élections, comme cela a été maintes fois expliqué, ont marqué la fin du bipartisme qui a caractérisé la vie politique espagnole depuis 1978.

Faute d’un accord entre les partis et l’impossibilité pour le PP arrivé en tête de former un gouvernement, de nouvelles élections furent organisées le 26 juin dernier. La conclusion de ce deuxième épisode fut, en nombre de sièges au Congrès des députés, une victoire relative encore plus nette du PP (+14), un recul de Ciudadanos (-8), un recul du PSOE (-5) et une légère amélioration de Podemos (+3).

Mais malgré cette redistribution relative des cartes, les différents partis se retrouvèrent, encore, face à l’impossibilité de former un gouvernement. La condition sine qua non étant l’obtention d’une majorité absolue au premier ou au deuxième tour du vote. Avec l’abstention du vote du PSOE tel que prôné par Pablo Sanchez, point de gouvernement possible.

C’est là qu’Albert Rivera a été le plus intelligent de tous, celui qui a mis les intérêts de l’Espagne au-dessus des intérêts partisans, et c’est cela qui retient particulièrement notre attention.

La consécration des idées libérales

Sur le fond et sur la forme, Ciudadanos a gagné son pari : devenir un parti incontournable. En échange d’un « pacte » autour d’une liste partagée de 150 mesures clés, il a accepté de soutenir Rajoy pour constituer un gouvernement. Non un accord de gouvernement, car Ciudadanos n’est pas partie prenante au gouvernement.

Certaines des idées fortes de Ciudadanos (déjà présentées dans notre note de décembre 2015) forment le cœur de ce pacte. Mise en place d’un spending review pour réduire de façon drastique les coûts structurels de l’administration centrale et les doublons administratifs, réduction du nombre de contrats de travail, instauration d’un complément salarial pour les bas salaires, non augmentation des impôts, introduction d’une dose de proportionnelle, lutte contre la corruption, sont quelques uns des points sur lesquels Ciudadanos et le PP se sont mis d’accord.

Les dernières semaines ont été le théâtre d’une véritable leçon de politique moderne : pragmatisme, réalisme et générosité ont guidé les faits et gestes de Ciudadanos. On peut même dire qu’ils ont précipité et mis en lumière la crise du PSOE, dont son représentant jusqu’il y a peu, Pedro Sanchez a refusé l’abstention au deuxième tour du vote au Congrès des députés alors même qu’il était incapable lui-même de former un gouvernement et était prêt à refuser le droit au PP de gouverner alors même qu’il s’agissait de la formation arrivée en tête. La seule alternative était (encore) de nouvelles élections à la fin de l’année 2016.

Le Parlement va désormais être le théâtre d’âpres négociations, le gouvernement de Mariano Rajoy n’ayant pas de majorité absolue. Quels que soient les scénarios politiques possibles des mois à venir, une chose est certaine : Ciudadanos a déjà permis la consécration des idées libérales.

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  • Désolé de vous contredire, mais Ciudadanos est autant libéral qu’on le peut Être le Partido Popular ou le PSOE. Rappelez-vous de le dédicace de « La Route de la Servitude », de Hayek: « Aux socialistes de tous les partis ».

    Il suffit de lire leur propositions et leur accords avec les autres partis pour le réaliser.

  • Ciudadanos n’est pas un parti libéral mais plutôt social libéral. C’est un parti centriste avec des idées intéressantes mais beaucoup d’autres qui ne sont pas libérales. Si j’aimes assez bien leur image de volonté de réformer les choses et de lutter contre la corruption, il ne faut pas les idéaliser. Regardez un peu ce qu’ils disent sur l’état providence. Economiquement, je pense que le PP est plus libéral que Ciudadanos. Moi ce qui me gêne beaucoup chez le PP, c’est leurs magouilles et la corruption au sein de ce parti. Et même si le PP n’est pas un parti libéral, c’est le moins pire des partis avec Ciudadanos.Les socialistes ont une grande responsabilité dans les problèmes actuels de l’Espagne. Tout cela à cause de la démagogie. Quand à Podemos, ce parti a pour modèle le Venezuela chaviste.

  • C’est ce qu’on a espéré pour le FDP quand il a obtenu 18%. Puis aucune de ses mesures n’a été appliquée, et il a presque disparu de la scène politique. Un espoir à teinter de prudence.

  • Les commentaires sont fermés.

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