Refondation de l’école : le sinistre triomphe de l’idéologie[Replay]

By: Jean-Marc Ayrault - CC BY 2.0

Par la Refondation de l'école, François Hollande a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué : l'éducation nationale a totalement intégré le message égalitariste.

Par Jacques Garello.

By: Jean-Marc AyraultCC BY 2.0

« L’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi ».

La grande réunion de « Refondation de l’École » marque le succès complet du quinquennat Hollande et s’inscrit dans la grande campagne de soutien à la candidature de notre Président pour un nouveau mandat. Elle vient à point nommé rappeler aux Français que, contrairement à ce qu’on dit, le principal du travail de décomposition nationale et d’idéologie égalisatrice et marxiste a été fait, et bien fait ; il laissera des traces durables (voir notre précédent article).

Élèves et familles premières victimes de la refondation de l’école

Rien n’a été épargné aux élèves et à leurs familles. Tout a été accompli selon les vœux des enseignants révolutionnaires, base électorale incontournable et puissant syndicat parlementaire. La présence des trois ministres successifs de l’Éducation Nationale s’imposait. Grâce soit rendue à Najat Vallaud-Belkacem pour la réforme des collèges, l’évacuation des matières « classiques », trop marquées de culture bourgeoise réactionnaire et inaccessibles aux familles de prolétaires. Reconnaissons aussi à Benoît Hamon le mérite d’une innovation majeure en matière de rythmes scolaires, avec le beau défi du mercredi après-midi, immense service rendu aux parents et nouvelle charge pour les municipalités. Mais surtout apprécions l’héritage laissé par Vincent Peillon, l’apôtre de l’école laïque, républicaine, qui a réussi à parfaire l’entreprise lancée en 1944 par les communistes Langevin-Wallon : dire qu’il a fallu plus d’un demi siècle pour couronner l’entreprise de démolition et de conditionnement de la jeunesse !

Voilà donc que ce que le Programme Commun de la Gauche avait voulu réaliser, à savoir le grand Spulen (Service Public Unique et Laïque de l’Éducation Nationale) sans y parvenir sous Mitterrand et Savary, Hollande l’a pleinement réussi. D’ailleurs ce qui montre que le succès a été complet c’est qu’à quelques exceptions près, toute la classe politique s’est crue obligée d’entonner l’hymne de « l’École de la République » et de magnifier la laïcité, valeur fondatrice de ladite République.

À ces frondeurs qui doutent encore des avancées du quinquennat Hollande, le conclave a pour mission de rappeler que les promesses ont été tenues : le nombre d’emplois créés dans l’Éducation Nationale est à ce jour de 48.000, et on atteindra les 60.000 annoncés. Les syndicats d’enseignants ont eu toute liberté de mettre les collégiens et lycéens dans la rue chaque fois qu’il le fallait, notamment pour s’opposer à la loi El Khomry qui, comme tout le monde le sait, promettait la précarité et l’exploitation, faisant des jeunes de la chair à pâté pour le patronat. Enfin, et non le moindre, justice et dignité ont été rendues aux laissés pour compte de cette administration : les gens du primaire vont voir leur prime passer de 400 à 1 200 euros, comblant l’écart qui les séparait des enseignants du secondaire et des agrégés. D’ailleurs, il n’y a plus que des professeurs maintenant : les instituteurs ont disparu, ils sont devenus « professeurs des écoles », et les maîtresses des classes maternelles auront bientôt une promotion et une considération dont elles ont été privées à ce jour.

Pas de mobilisation pour l’école

Face à ce naufrage douloureux et scandaleux, l’opposition n’a pas cru devoir alerter les familles françaises. Celles-ci se sont spontanément mobilisées contre les lois Taubira, mais pour l’école, il n’y a pas eu la même ferveur ni la même détermination qu’en 1984, lorsque François Mitterrand a été obligé de retirer la loi Savary. Ainsi les moyens de l’école privée, dite libre, ont-ils été mesurés et diminués sans cesse par l’administration centrale, où les syndicats règnent en maître (et ont eu jadis la peau de Claude Allègre). Pourtant les files d’attente s’allongent pour inscrire les enfants dans les écoles de l’enseignement privé.

L’école va-t-elle être au cœur des programmes des candidats ? Les libéraux le souhaitent et font toutes les propositions concrètes pour instaurer autonomie et concurrence dans le système scolaire. L’Aleps a exposé toutes les réformes nécessaires, y compris les modalités de financement offertes aux parents enfin libres de choisir l’école de leurs enfants. Mais à ce jour, on n’entend pas grand-chose, si ce n’est la promesse du roi des sondages d’augmenter les traitements des enseignants… pour qu’ils s’occupent un peu plus des écoliers.

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