Attentat à Nice : ce que l’on sait

Plus de 80 personnes sont mortes, dont des enfants, dans un attentat sanglant à Nice qui porte la marque de l’organisation terroriste État Islamique.

Par Stéphane Montabert.

Attentat à Nice
Ils s’étaient massés au bord de mer sur la célèbre Promenade des Anglais pour conclure la fête nationale française dans son traditionnel feu d’artifice ; ils ne se doutaient pas que la soirée s’achèverait dans les cris, les larmes et le sang.

Attentat à Nice : un bilan dramatique

Dans une France libérée de l’organisation de l’Euro, sous plan vigipirate renforcé et sous état d’urgence, un camion blanc a pu librement foncer dans la foule dans une rue fermée à la circulation, fauchant touristes et familles de Niçois qui rentraient chez eux, avant que le conducteur ne soit finalement abattu. 2 kilomètres de carnage, plus de 80 morts dont des enfants, des blessés par dizaines, des milliers de personnes que les événements de la nuit auront durablement traumatisé. Et dans toute la France, des gens qui se disent que ça aurait tout aussi bien pu leur arriver aussi ce soir-là.

Depuis des années ce mode opératoire est employé par les terroristes palestiniens contre les Juifs en Israël, mais qui s’en soucie ? En attendant, Israël a appris à se défendre. Même en France, un événement similaire avait eu lieu au marché de Noël de Nantes en 2014. On avait commodément conclu à l’acte d’un « déséquilibré ».

Un Tunisien de 31 ans coupable probable

Des papiers d’identité au nom d’un Niçois tunisien de 31 ans auraient été retrouvés dans le camion de location, mais nul ne sait encore s’il s’agit du conducteur. Si c’est lui, cela jette encore une fois le trouble sur les réservoirs de haine anti-français d’une partie des résidents du pays.

L’attentat porte la signature de l’État Islamique ; en attendant cette confirmation, on peut gager que l’affaire suivra son cours avec l’emploi des mots-clef habituels – pas d’amalgame, loup solitaire, impossible à prévoir, radicalisé sur Internet, stigmatisation et islam ce n’est pas ça, ainsi que les passages obligés allant du logo au hashtag obligatoire, peut-être une Marche blanche… Ensuite, on découvrira les nombreuses traces et indices laissés par l’assassin et ses relations avec les services de renseignement.

Le terrorisme ne sauvera plus François Hollande

Au lendemain des attentats de Paris en 2015, un membre du gouvernement socialiste affirma avec un cynisme achevé, mais en off naturellement, que François Hollande « était vraiment verni, avait une bonne étoile ». Il signifiait par là que suite à ces massacres, le réflexe de rassemblement et de solidarité entre Français choqués profiterait électoralement au chef de l’État. Aujourd’hui, la lumière de l’étoile a pâli. Aucune pirouette ne sauvera plus son quinquennat.

Les Français n’en peuvent plus des gesticulations du maître de l’Élysée. Non seulement il ne contrôle plus rien, mais il ne donne même plus l’illusion de contrôler quoi que ce soit. Sa trace dans l’Histoire semble se résumer à ses problèmes de coiffure, ses manœuvres contre les trublions ambitieux de son camp, ses promesses creuses et mensongères, ses maîtresses, ses paris sans cesse perdus, son mépris pour les sans-dents. « Quitte ou double ! », lancerait-il dans un sourire comme un ultime défi à une population française écœurée. Mais l’humeur n’est plus aux joutes de langage.

Au lendemain du 14 juillet, les Français comprennent que les attentats ne cesseront jamais vraiment sur le sol du pays tant qu’un changement de paradigme, une véritable révolution, n’aura pas lieu au sommet de l’État. Il faudrait pour cela un retour résolu du gouvernement français sur ses fonctions régaliennes – la police, la justice, la défense, la sécurité – qu’il a tant négligé depuis des années. Une politique de droite libérale classique, en somme. Et si, selon toute probabilité, M. Hollande s’avère incapable d’apporter ce changement, la perspective d’une option plus radicale est de plus en plus probable pour les élections de 2017.

Les citoyens français seront peut-être désormais davantage pressés de trouver des alternatives que de se serrer les coudes autour de dirigeants incompétents.