François Hollande n’a plus le foot pour se refaire

Le Portugal triomphe à l’euro 2016 et avec lui s’effondrent les espoirs de succès du hollandisme. Le président est rattrapé par son impopularité et son incapacité à gouverner ses troupes, malgré une communication destinée à le rendre populaire.

Par Marc Suivre.

François Hollande n'a plus le foot pour se refaire
By: DonkeyHoteyCC BY 2.0

Rien n’y fait, même par beau temps, Hollande est un vrai chat noir. Lui qui comptait sur le ballon rond pour redorer un blason terni par 50 mois d’inefficacité gouvernementale, vient de voir son rêve lui échapper. Dans le domaine de la com’ opportuniste, la devise du Baron de Coubertin ne s’applique pas. On perd ou l’on gagne, il n’existe pas de juste milieu. L’Euro 2016 ne sera donc pas pour François Hollande le début d’une résurrection, mais bien la confirmation que tout ce qu’il touche se transforme en plomb !

Renaissance de Jacques Chirac

C’est que le football, pour les politiciens de ce pays (et pour toute une cohorte d’experts médiatiques), est avant tout une affaire de superstition. Ils y voient « la seule explication rationnelle » à la renaissance jugée « inespérée » de Jacques Chirac. Ils ont donc, depuis 1998, prêté toutes les vertus possibles à ce sport. D’où les espoirs grotesques mis dans cette compétition par les spin doctors du Château. Dans un pays qui a longtemps cru que ses rois étaient thaumaturges, est-il si absurde de considérer que 11 sportifs vêtus de bleu peuvent expliquer le retour de la croissance ? Endossant son costume de Français normal, notre Président s’est ainsi persuadé que les hommes de Didier Deschamps allaient le faire renouer avec le divin. Avec la victoire annoncée, la courbe du chômage allait forcément s’inverser, la croissance réapparaître et le 49-3 perdre toute signification néfaste.

Hélas, dans ce domaine comme dans d’autres, il y a loin de la coupe aux lèvres. Les Portugais ont crucifié l’équipe de France et avec elle son Président. La victoire se transformant en défaite, il est devenu évident que François le petit ne renversera pas la table. C’est le revers de la médaille. Après avoir surjoué le rôle de premier supporter des Bleus, il se retrouve avec un château de plus en Espagne. Une fois encore, dans ce règne absurde, le pathétique le dispute au ridicule.

Les Empereurs romains mesuraient le soutien des Dieux à leur règne terrestre, en ce que ces derniers leur accordaient la victoire sur leurs ennemis. À ce compte-là, avec ce dernier « succès » en date, la Roche Tarpéienne se rapproche dangereusement du Président du Conseil Général de la Corrèze.

Des espoirs douchés

Pourtant, les signes avant-coureurs de cette incapacité intrinsèque de François Hollande à s’attirer les faveurs du Peuple étaient légion. Sans remonter à son don pour faire tomber la pluie, après la victoire (forcement historique) sur l’ennemi allemand, les commentaires allaient bon train sur le net : « Après l’Allemagne, il nous reste à faire tomber Hollande » pouvait-on lire.

Le Portugal triomphe et avec lui s’effondrent les espoirs de succès du hollandisme. Le voilà rattrapé par son impopularité et son incapacité à gouverner ses propres troupes. Pouvait-on attendre autre chose d’un remplaçant, surgi à la dernière minute, afin de pallier le forfait du titulaire, rattrapé, lui, par un scandale sexuel ? La métaphore sportive est décidément bien cruelle pour François Hollande. Il devrait la manier avec précautions.