6 réformes qui ont rendu l’Australie prospère

Publié Par Nicolas Lecaussin, le dans Océanie, Pushmobile

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

L’Australie a voté ce week-end, alors que le pays vient d’entrer dans sa 25ème année de croissance économique ininterrompue. En effet, depuis 1991, il n’y a pas eu de récession et cela malgré la grande crise de 2008. Ce sont pas moins de 100 trimestres de croissance positive qu’a connu le continent australien ! Quelles sont les recettes de ce succès ?

Les premières réformes mises en place à la fin des années 1980 par le Parti travailliste ont été décisives. On a rendu plus flexible l’économie australienne en supprimant de nombreuses réglementations et taxes et en déréglementant le marché du travail ainsi que le système financier. La maîtrise de la création monétaire a été aussi importante car l’inflation n’a plus jamais dépassé le 2 ou 3%,  et la Reserve Bank of Australia n’a jamais voulu jouer avec les taux d’intérêt pour les garder artificiellement bas. C’est l’une des raisons pour lesquelles le pays n’a pas été touché par la crise de 2008.

Réformisme de John Howard

Les années 1990 sous le gouvernement de John Howard ont encore accéléré les réformes. D’ailleurs, il y a eu un surplus budgétaire pendant plus de 10 années consécutives. Et aujourd’hui, l’Australie est le pays :

  1. Avec un taux de chômage 2 fois moins élevé que celui de la France : 5.5 % contre 10.3 % et un taux d’emploi à 73 % contre 63 % pour la France
  2. Dont les taxes sur le travail sont parmi les moins élevées dans les pays de l’OCDE : 27 % contre 48.5 % en France (chiffres OCDE, 2014) et dont le marché du travail est l’un des plus flexibles, avec d’autres pays comme Singapour, la Nouvelle-Zélande, le Canada et le Danemark
  3. Où l’école est libre, autonome et en concurrence grâce aux « vouchers » ou « bons scolaires ». Dans le classement PISA concernant les résultats des élèves, l’Australie se situe dans le top 10 des meilleurs
  4. Dont le système de retraite est basé sur trois piliers : un de base et public, un deuxième par capitalisation créé en 1992 et un troisième d’épargne volontaire. Les fonds de pension représentent environ 105.4 % du PIB contre moins de 2 % en France.
  5. Dont la politique d’immigration a plutôt réussi car elle a mis en place un système de points en fonction des besoins en main d’œuvre. C’est la qualification du demandeur qui détermine ses chances d’obtenir l’asile ainsi que les choix des entreprises qui ont la possibilité d’ acheter des quotas d’immigrés selon leurs besoins.
  6. À la première place selon l’indicateur du « vivre mieux » réalisé par l’OCDE en 2013. La France est à la 18ème place sur 34 pays.

Les élections législatives doivent trancher entre la coalition conservatrice au pouvoir de Malcolm Turnbull et l’opposition travailliste, un scrutin législatif dont l’issue devrait être serrée. Quels que soient les résultats, il y a peu de chances que le nouveau gouvernement change la politique économique qui fait le succès du pays depuis 25 ans. Un véritable modèle à suivre.

Sur le web

  1. Oui bon sympas mais pas réellement jouissif mais bon merci pour m’avoir fait penser à consulter la base donnée de L’OCDE, c’est réellement plus instructif de comparer les données par exemple de « La France » vs « l’Allemagne ».

    Merci.

  2. 2/3 des exportations sont constituées de matières premières.

    Déficit courant de 4 % du PIB.

    Immobilier délirant.

    L’Irlande était un « tigre », jusqu’au jour où la supercherie a explosé au grand jour.

    La différence, c’est que l’Australie a pu profiter de la gourmandise chinoise envers ses minerais.

    1. de quelle supercherie irlandaise parlez vous ?

      1. La croissance irlandaise pre-2010 faite principalement d’une bulle immobilière.

        1. Et depuis, l’Irlande a affiché la plus forte croissance en Europe en 2014 (je crois) et 2015 (j’en suis presque sûr) avec respectivement 4,8% et 7,8% et a ainsi quasiment gommé la récession de 2008, me semble-t-il, merci pour elle.
          Cette forte reprise est encore récente et ne se traduit pas encore dans tous les secteurs, et donc tout le monde n’en a pas encore profité, mais il y a fort à parier que dans une poignée d’années, la grande majorité des Irlandais auront retrouvé et dépassé leur pouvoir d’achat pré-crise.

          Et de toutes façons, si on compare avec les années 90 ou le début des années 2000, la progression a été spectaculaire (l’Irlande était le pays le plus pauvre de l’UE au début des années 90), même après que la crise de 2008 soit passée par là. La France ne peut pas en dire autant.
          Et puis, il vaut mieux augmenter de 50 puis diminuer de 5 que d’augmenter de 20 sans diminuer ensuite.

        2. « La croissance irlandaise pre-2010 faite principalement d’une bulle immobilière. »

          Ou pas. Enfin ce n’est pas je pense, l’élément le plus important expliquant la croissance.

          Et surtout, une bulle immobilière est généralement la RÉSULTANTE de la croissance (et non l’inverse), associée le plus souvent à des difficultés (réglementaires par exemple) pour l’offre à s’adapter à la demande, et à une politique de taux bas.
          (Ou alors une bulle complètement artificielle menée par une banque centrale associée à des politiques dirigeant l’investissement vers l’immobilier. Mais je ne pense pas que ce soit le cas de l’Irlande)

          M’est avis que ce sont surtout les réformes entreprises et notamment la fiscalité faible sur les entreprises qui expliquent en très grande partie la croissance fantastique que l’Irlande a connu depuis le milieu des années 90.

          1. Non, la bulle immobilière est due à une augmentation du crédit non gagée sur une augmentation de la productivité, raison pour laquelle la bulle éclate.

            Pour ce qui est de son cas actuel, la dette est à 124 % d’une année de PIB, alors qu’elle était à 24 % en 2007.

            Et ça ose critiquer la France pour son « Etat obsèse »

    2. Oui le Venezuela aussi… 2/3 des exportations sont constituées de matières premières. L’Algérie aussi.
      Avant d’exporter, il faut extraire: investir, innover pour booster la profitabilité… on imagine les bienfaits d’un enfer fiscal à la française sur ce type d’activité, très « intense » en capital.
      Stef du Canada.

      1. Non, c’est entre 95 et 100 %.

        Par contre, la part des exportations des matières première semble plus proche de la Russie.

        Pour ce qui est de l’Australie, une partie est due aux « services », sous-entendu, banques, sous-entendu emprunts immobiliers trop importants.

        http://www.thebubblebubble.com/australia-bubble/

        Malgré ses ressources minières, ce pays accuse un déficit courant de l’ordre de 4 % du PIB.

        1. Le déficit courant c’est une chose… A première vue il est dans les négatifs depuis longtemps déjà. Et pourtant la dette est sous contrôle
          A quoi ressemble la balance des capitaux? les IDE sont probablement très importants … ça aide. Sans doute encouragés par un environnement favorable . Au Canada pareil, et en plus le Canada affiche une balance courante excédentaire.

          Quant à la bulle immobilière: au Canada nous avons le même probleme depuis au moins 15 ans, On nous annonce une catatstrophe imminente, mais pour l’instant ça tient. C’est que les 250 000 immigrants qui rentrent chaque année, entretiennent la croissance du secteur.
          Je ne connais pas la situation de l’immigration en Australie, mais je présume qu’ils sélectionnent leurs immigrants sur des critères professionnels également. Encore faut-il créer les conditions idéales pour accueillir des immigrants qualifiés.

          Que ce soit pour les investissements étrangers, ou pour les immigrants qualifiés, on en revient au fond de l’article de M. Lecaussin. Aux bonnes réformes… Et sur ces points, la France a tout faux.

          1. Ou bien les achats faits à crédits de gadgets « unaffordable ».

            Pour le Canada, aussi pas, mal de déficit courant, eh oui quand le pétrole n’est plus à 150 $ le baril, par contre c’est vrai qu’avec tous le pognon que les Chinois claquent pour acheter à Vancouver, ça en fait du pognon à claquer …

    3. @ nolife

      « 2/3 des exportations sont constituées de matières premières. »
      Non, 46.5% et comme les exportations c’est 20% du PIB ça explique que seul 5% de la population travaille directement dans l’extraction des matières premières.

      « Déficit courant de 4 % du PIB. »
      Non, 1.8% estimé en 2015 (2.3% en 2014)

      « Immobilier délirant. »
      Pour un européen avec un salaire européen, oui. Pour un australien, beaucoup moins. J’ai travaillé en Australie durant 3 ans en détachement avec un salaire double et puis en local avec un salaire triple à 5 chiffres. Etant Dir Op j’embauchais du personnel et un simple acheteur de 25-30 ans c’est $85,000.

      http://www.lemoci.com/fiche-pays/australie/indicateurs/

  3. 6 gouvernements en 6 ans !? Crise politique majeure ? Non ,non ! Tout va bien selon l’ adage « à beau mentir qui vient de loin » .

    1. Et le pays continue à tourner normalement… A se demander même s’il ne tournerait pas encore mieux SANS gouvernement. 😀
      C’est le principal quand même, surtout quand on voit la situation d’explosion sociale en France à chaque nouvelle mesurette malgré les (ou a cause des) milliards du social-clientélisme.

  4. Sauf qu’en France le candidat qui proposerait le quart de la moitié de ce programme serait certain de perdre. Pourquoi? Parce que les français n’en voudraient pas. Il n’y a qu’à voir la situation provoquée par la loi travail, ou les groupes « citoyens » tous gauchiste ou même les propositions des candidats sur le site de la primaire.org: de l’État, de l’État et de l’État.

    On a les politiciens que l’on mérite. Si vous voulez vivre dans un pays libéral, quittez la France. Car notre pays ne sera jamais comme la Suisse ou l’Australie: la mentalité y est totalement differente.

    1. Entièrement d’accord.
      Le droit social AUS ne diffère pas tant du Français. Mais il ne sert que de dernier recours si le salarié n’a pas retrouvé de job. La mentalité est fondamentalement différente: votre employeur peut avoir tort, mais au lieu de chercher la confrontation, la démarche est de trouver un employeur en phase avec ses valeurs et ses prétentions. Un univers de difference. Meme a imaginer, très difficilement, que des reformes aient lieu en France, la culture victimaire ne changera pas.

      1. Beaucoup plus souple le droit social. Beaucoup de gens se louent directement en tant que contractors sans passer par des agences et peuvent occuper des postes importants dans des entreprises avec ce statut pendant 20 ans.
        Vu que le marché du travail est très dynamique et que certains ouvriers sont payés à la semaine, ils peuvent très bien vous lâcher le vendredi soir sans plus de préavis que cela parce qu’ils ont trouvé mieux ailleurs ou parce que vous leur avez mal parlé, donc l’ouvrier compétent (mais pas non plus un as) on le soigne aux petits oignons.
        Après ça dépend aussi des états : South Australia est un repère de syndicalistes (pire que la CGT) qui empêchent même des fournisseurs d’employer ses propres salariés pour faire une installation chez un client (faut tot négocier avec le syndicat, on se croirait à Fos avec es dockers) mais ils le paient par un chômage plus important. Perso j’étais sur Victoria, très cool.

  5. Mouais…. je les aime bien, là-bas, moi aussi….. mais il y a plusieurs choses à ne pas oublier :

    – post 2008 ce n’ est qu’ une question de la planche à billet US, qui a entrainé un tel Search For Yield, vers les émergents et surtout la Chine, que l’ Australie en a profité en exportant ses minerais…

    – idem pour les taux d’ intérêts, en 2013 le taux directeur était encore de 3%, actuellement il est à 1.75….. même recettes que partout ailleurs, ils vont allègrement vers le zero, mais plus lentement que les autres, c’ est tout… quand ont-ils monté les taux pour la dernière fois ?

    – depuis des années on parle là-bas de trouver un relais au mining boom…. mis à part le tourisme et l’ enseignement, il ne reste rien, tout le reste, c’ est de la consommation intérieure.

    – taux d’ impôsition monstrueux, récemment majoré pour les investisseurs étrangers d’ ailleurs.

    – mentalité insulaire, protectionniste, ce qui ne les empêche pas d’ avoir des problèmes avec leurs immigrés, surtout musulmans.

    …. Alors même si on assiste à un certain regain d’ intérêt pour les commodities, je ne parierai pas sur eux à court terme. Comme pays de l’ OCDE fortement exposé aux émergents, OK, mais pas comme Safe Heaven, ça, non.

  6. «Pour qu’un pays soit prospère, il suffit que :
    – son budget soit équilibré
    – que ses impôts soient légers»
    Adam Smith.
    Comme toujours, il avait raison.

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