Loi Travail : la CGT a déjà perdu

Philippe Martinez le 14 juin 2016 by Pascal.Vandon(CC BY-ND 2.0)

La grève générale n’a pas eu lieu, les Français se sont affairés autour des inondations et de l’Euro 2016. Bref, la CGT a déjà perdu et la loi Travail passera.

Par Jacques Garello.

Philippe Martinez le 14 juin 2016 by Pascal.Vandon(CC BY-ND 2.0)
Philippe Martinez le 14 juin 2016 by Pascal.Vandon(CC BY-ND 2.0)

Les Français devraient savourer leur victoire sur la CGT. La centrale communiste les a condamnés pendant plusieurs semaines à subir pénurie de carburants, paralysie des transports, blocage de l’activité, mais plus grave encore : avec le soutien de médias inconscients, voire manipulateurs, ils ont pu voir la violence s’étaler au quotidien, l’état de droit se dissoudre dans les manifestations, jusqu’à respirer des vapeurs de guerre civile.

La CGT a perdu parce qu’elle n’a pas eu de chance. D’une part, les inondations ont détourné l’attention des médias, nous avons eu des journaux télévisés sans aucune allusion à aucune grève, aucune barricade, aucun défilé.

Le zouave, le stalinien Philippe Martinez et le foot

Le zouave du pont de l’Alma a été plus présent que le stalinien Philippe Martinez. D’autre part, l’Euro de football a remis les valeurs de la République en place : le foot passe avant la politique, à J-7 l’affaire était dans le sac : Didier Deschamps a été plus présent que le stalinien Martinez.

Peut-on aller plus loin dans l’analyse de l’échec de la CGT ? Le but qu’elle a visiblement affiché n’a pas été atteint : il n’y a pas eu de grève générale. Peu à peu l’espoir s’est évanoui. Les aiguilleurs du ciel ont annulé leur préavis de grève, les routiers ont reçu l’assurance de ne rien perdre sur leurs heures supplémentaires, les pilotes du SNPL ont compris que le moment était mal choisi, et surtout à la SNCF le front syndical s’est effondré, la CFDT, puis ensuite l’UNSA ont quitté la partie.

Bénéficiant d’un soutien populaire au départ, certains Français estimant que la CGT leur permettait de faire grève par procuration, la grève est devenue de plus en plus intolérable avec le temps, avec la menace de perturbation de l’Euro. Le numéro de pitre de Besancenot et Mélenchon n’a plus amusé personne. On a progressivement compris que les grévistes ne luttaient pas tant contre la loi travail que pour le maintien de leurs privilèges : on a été mieux renseigné sur les conditions de travail et de salaire des cheminots, pilotes et contrôleurs aériens. Les seuls jusqu’au-boutistes ont été animés par leur aveuglement idéologique : marxistes, écologistes, anarchistes.

Le gouvernement a sa part de responsabilité dans l’affaire. Une double part. La première est d’avoir patiné sur la loi El Khomri qui, au départ, mécontentait les partisans d’une réforme du Code du travail parce que trop timorée et arbitraire, mais tout autant les adversaires de toute réforme menaçant la puissance syndicale ; ensuite, les multiples bricolages et renoncements ont vidé le texte de toute logique. La seconde est d’avoir toléré que la chienlit s’installe dans le pays et que la mascarade de boue la nuit se poursuive pendant un mois, jusqu’à l’attaque de la voiture de police qui a été une sauvagerie de trop.

Le gouvernement a enfin réagi, le discours de Tokyo a été clair et ferme, et la loi travail sera promulguée. Parallèlement François Hollande lâche du lest : à la SNCF, il désamorce la tension en accordant aux cheminots des modalités dont la direction ne voulait pas (Guillaume Pépy a songé à démissionner), les routiers ont été rassurés par le ministre des Transports, les fonctionnaires ont eu leur gâterie, comme les étudiants, les paysans. Ces largesses coûtent, semble-t-il quelque 4 milliards d’euros, de quoi réduire le déficit budgétaire : après 2017 le déluge…

Après la pluie, le beau temps ?

Faut-il en conclure qu’après la pluie nous aurons le beau temps ? La grève générale a été le chant du cygne de la CGT. Pour autant, le poison marxiste et socialiste continue à prolonger la maladie du corps social français. La France ne sortira guérie qu’à deux conditions : libération et éducation.

La libération, c’est celle que les libéraux appellent de leurs vœux, celle pour laquelle nous travaillons sans cesse depuis plus de 50 ans : des relations sociales régies par le dialogue personnel et le contrat plutôt que par le code et les syndicats, des entreprises gérées par la productivité plutôt que par la réglementation et la fiscalité, des Français entreprenants plutôt que des assistés, un État gardien des libertés plutôt qu’un État-Providence. La libération exige une véritable rupture en 2017 et nous engageons les candidats à comprendre et appliquer les principes libéraux.

Mais il ne peut y avoir libération s’il n’y a pas éducation. Les esprits français sont formés et déformés dans les deux foyers d’irresponsabilité et d’ignorance que sont l’Éducation nationale et la Sécurité sociale. Il faut en finir avec ces deux monopoles et mettre en place privatisation, autonomie et concurrence.

Alors oui, la CGT sera définitivement vaincue. La malchance qui la poursuit aujourd’hui se transformera en déroute demain.

Sur le web