Ce que coûte la hausse du point d’indice des fonctionnaires

Publié Par Nicolas Lecaussin, le dans Fonction publique

À un an des élections, le gouvernement vient d’annoncer une augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 1.2 % en plusieurs fois. Cette hausse est d’ailleurs la plus forte augmentation sur un an depuis 2005 ! Or, la hausse du point d’indice c’est le coût de 44 000 emplois dans le privé.

Par Nicolas Lecaussin
Un article de l’IREF-Europe

François Hollande à Grenoble en 2013 (Crédits : Saly Bechsin, licence CC-BY-ND 2.0), via Flickr.

François Hollande à Grenoble en 2013 (Crédits : Saly Bechsin, licence CC-BY-ND 2.0), via Flickr.

La décision d’augmenter le point d’indice de la fonction publique est d’abord d’une mesure électoraliste car les socialistes espèrent mobiliser la fonction publique en leur faveur, ce qui est d’ailleurs régulièrement le cas, lors des élections de 2017. De plus, 2 députés PS sur 3 sont fonctionnaires ou dépendent de l’argent public. Ensuite, c’est une décision particulièrement égoïste et très inégalitaire dans un pays frappé par une grave crise économique et par un chômage de masse. Quel est le message donné aux millions de chômeurs et à tous ceux qui galèrent dans un secteur privé qui croule sous les réglementations et la fiscalité ? Incapable de mener à bien une petite réforme du marché du travail, on choisit d’augmenter les dépenses de l’État.

On l’a déjà écrit : la France est le seul pays à ne pas avoir fait une vraie réforme de l’État. Notre pays reste une usine à fabriquer des fonctionnaires : depuis 2013, la France a créé 40 % des nouveaux emplois publics dans la zone euro. On n’a pas touché au nombre de ses fonctionnaires, ni à leurs privilèges alors que dans d’autres pays, la crise de 2008 a été la grande occasion d’aller encore plus loin dans la baisse des dépenses publiques. Par exemple, le Royaume-Uni sous David Cameron ne s’est pas seulement contenté de supprimer 631.000 postes dans le secteur public entre 2010 et 2014 (sur la même période, la France a… créé 300 000 postes de fonctionnaires). Et, d’après les projections du ministère du Budget (HM Treasury), le nombre total de postes supprimés dans le public s’élèvera, d’ici 2019, à 1 million. Parallèlement, Cameron a aussi décidé de geler complètement les rémunérations des fonctionnaires entre 2010 et 2013, puis de bloquer à 1 % par an la hausse des salaires. Notre voisin a donc préféré la création d’emplois dans le secteur privé : depuis 2010, le Royaume-Uni a créé 2,5 millions emplois privés/nets.

En France, cette hausse des salaires des fonctionnaires coûtera environ 2 Mds d’euros par an à l’État, donc aux contribuables. Sachant qu’un emploi dans le privé coûte en moyenne 45 000 euros/an, le coût de la hausse du point d’indice des fonctionnaires c’est l’équivalent du coût de plus de 44 000 emplois privés. Le pays en aurait vraiment besoin.

Sur le web

  1. Le point d’indice n’a pas été augmenté depuis cinq ans. Même avec cette augmentation, le niveau de vie des fonctionnaires (à carrière stable) a donc diminué. C’est notamment le cas des retraités, dont la carrière est terminée, et donc stable. Donc on est dans la situation où, faute de savoir diminuer le nombre de fonctionnaires (publics un peu, territoriaux beaucoup) on réduit leur niveau de vie, en espérant que l’effet « progression dans la carrière » les empêchera de descendre dans la rue.

    Vision à bien court terme, car rendre les carrières de fonctionnaires de moins en moins attractives par rapport aux salaires du privé va décourager les vocations, encourager les départs à mi-carrière, et en final faire baisser la qualité du service rendu. Il suffit de regarder l’état de délabrement de certains services publics (justice…) ou encore les résultats médiocres obtenus (éducation…) pour comprendre que cette politique est désastreuse à long terme.

    La vision libérale à outrance défendue par l’auteur de ce billet (les fonctionnaires coutent trop cher à la nation…) est un contresens économique et social. Si l’état doit faire des économies, taper sur les individus comme il le fait au lieu de réformer les organisations est, d’un point de vue de l’efficacité économique, une immense bêtise (pour parler poliment).

    1. @ Jean-Pierre :

      la vision libérale à outrance c’est la simple réalité (fasciste pour tout bon socialiste).

      OUI le niveau de vie des fonctionnaires a progressé depuis 5 ans, car sans augmentation du point d’indice, il y a les primes, augmentations individuelles et l’augmentation à l’ancienneté (le fameux GVT).

      OUI un fonctionnaire est mieux payé qu’une personne du privé, car à diplôme équivalent un privé est rarement cadre alors qu’il a les mêmes compétences.

      OUI le niveau des salaires de la fonctions publiques progressent, malgré les statistiques qui disent le contraire, car les statistiques sont des moyennes et ne tiennent pas compte de l’effet de Noria :

      Quand un fonctionnaire part à la retraite, c’est un haut salaire qui part, et qsuand il est remplacé par un jeune fonctionnaire, son salaire est moins élevé.

      Sur les 5 dernières années, de nombreux fonctionnaires sont partis à la retraite, et de nombreux fonctionnaires ont été recrutés, d’où forcément une baisse des salaires moyens dû à l’effet de noria.

      Les vocations, cela n’existe pas, la vocation du fonctionnaire, c’est la sécurité de l’emploi à vie, c’est tout.

      S’ils avaient réellement la vocation, ils ne demanderaient pas à être payés, ils ne viennent pas travailler gratuitement, donc ils n’ont pas la vocation, ne confondez pas avec une appétence particulière dans el cadre de la spécialisation du travail.

      « les fonctionnaires coutent trop cher à la nation » ce n’est pas une vision libérale, c’est la réalité, la plus grande partie du budget de l’état, c’est le coût des fonctionnaires, partout où l’état est important, partout il y du chômage et de la misère, c’est la réalité….

      1. Je pense que vous pourriez être tous les deux d’accord : le problème est le coût global de la fonction publique, donc à la fois des missions à remettre à plat (et en cause) et des processus de gestion inadaptés (notamment l’impossibilité de licencier…), et le poids excessif du secteur public en France. Mais il ne s’agit pas de stigmatiser individuellement les fonctionnaires (« vocation » ou pas) pour lesquels une politique salariale mieux adaptée aux services rendus et aux compétences exercées, est autant légitime que dans le secteur privé.
        Néanmoins j’en profite pour rappeler combien cette mesure de progression du point d’indice est démagogique, avec l’exemple des hôpitaux publics dont on demande en même temps (et justement) de réduire leurs dépenses, et alors que la masse salariale en représente au moins 60 %. Absence totale de vision d’ensemble, qui va bien avec l’incapacité à réellement réformer…

        1. Je suis d’accord avec vous Eric.
          La solution pour baisser le nombre de fonctionnaires, ce serait de diminuer le nombre de missions allouées à l’Etat, à simplifier ses process et ses lois.
          L’un des problèmes de l’Etat, c’est qu’il ne veut pas ou ne peut pas.
          Les lois sont toujours plus nombreuses, plus complexes. Les Français réclament toujours plus d’Etat, de régulation.
          Immanquablement, cela induit une hausse des moyens nécessaires à l’application de ces lois et/ou de ces missions ou alors une annihilation des effets de la rationalisation de l’organisation de la fonction publique …

      2. Le paradoxe est que pour les profs, ils sont moins bien payés en France qu’en Allemagne et que dans une majorité de pays voisins…
        Geler le point d’indice, c’est à terme comme évoqué plus haut geler les salaires (du fait de l’effet de noria). Cela revient à dire aux fonctionnaires, qu’ils ne pourront pas bénéficier d’aucune amélioration de revenus, même s’il y a croissance dans le pays, et qu’ils perdront annuellement l’inflation…
        On voit donc que la solution est bien dans le nombre, dans l’efficacité, et que cela remet en cause la haute fonction publique, énarchie inamovible !

      3. Contrairement aux stéréotypes sur le sujet, il est faux de considérer les fonctionnaires comme des “privilégiés”. Certes ils bénéficient d’une garantie en termes d’emploi. Mais, à qualification égale, leur salaire est plus faible que dans le privé.

        Les ouvriers et employés sont légèrement mieux payés dans la fonction publique que dans le privé, 15 euros nets de plus par mois. Mais les cadres (nombreux avec les enseignants) le sont beaucoup moins, 1.000 euros nets par mois de différence au bénéfice du privé.

        Les fonctionnaires n’ont pas été épargnés, ces dernières années, par l’austérité. Le point d’indice gelé a perdu 8% de pouvoir d’achat. La rémunération des fonctionnaires progresse certes aussi via le déroulement de carrière (changement de grades, etc.). Mais l’austérité n’en n’est pas moins là.

        Les libéraux présentent la dépense publique comme un fardeau, un frein pour l’activité économique. Ce discours est malheureusement massivement inscrit dans les têtes, avec l’idée que « ceux du privé » financent les fonctionnaires improductifs. C’est oublier ce que la dépense publique, l’activité des fonctionnaires et leurs salaires apportent à la société.

        Un fonctionnaire, comme tout salarié, est productif, crée de la richesse monétaire, augmente le PIB. En 2014, la valeur ajoutée par les fonctionnaires a été de 360 milliards d’euros. C’est colossal, cela représente un tiers de la valeur ajoutée par les sociétés non financières.

        Nous sommes tous sur le même bateau, nous sommes tous productifs. La différence porte sur la validation de la production.

        La richesse créée par le privé est validée par la vente des produits. L’accès au service public lui est gratuit. On ne sort pas sa carte bleue à l’entrée d’une école ou d’un commissariat. Mais il faut bien payer cette richesse créée, cela est fait par l’impôt, lequel joue en quelque sorte le même rôle que le prix du croissant chez le boulanger.

        Outre l’impôt servant à payer la production des fonctionnaires, la dépense publique comprend des prestations sociales : en espèces (retraite surtout mais aussi allocations familiales, chômage, RSA…) pour 430 milliards, et en nature (remboursements des médicaments et consultations libérales, allocations logement…) pour 130 milliards.

        Ces prestations sont délivrées aux ménages, cela supporte une bonne partie de leur revenu et donc leur consommation auprès du privé.

        On comprend ainsi pourquoi la dépense a un effet multiplicateur positif sur l’activité globale : de façon directe (la production de services publics) ou indirecte (par les prestations versées aux ménages), elle soutient en fait la moitié de la consommation globale en France (laquelle représente 80% des débouchés).

        La France, à l’instar des autres pays européens, souffre avant toute chose d’un déficit de demande, de carnets de commande atones. Le libéralisme par l’austérité salariale et par l’austérité budgétaire, comprime deux des principaux leviers de la demande, les salaires et la dépense publique, ce qui finalement comprime le troisième, l’investissement.

        L’État a parfaitement les moyens de financer la hausse du point d’indice car celle-ci sera largement autofinancée. Plus de salaires pour les fonctionnaires, c’est plus de dépenses de leur part, plus de demande pour le privé, plus d’activité et d’emplois donc, ce qui augmentera finalement les recettes fiscales.

        Le ratio de dépense publique est calculé par rapport au PIB. Si la hausse de la dépense entraîne une hausse du PIB, le ratio augmente finalement pas ou peu.

        Il ne faut d’ailleurs pas se méprendre sur l’ampleur de la dépense publique. Elle s’élève à 1.200 milliards ce qui équivaut à 57% du PIB. Mais cela ne veut pas du tout dire qu’il ne reste que 43% pour le privé.

        En fait, la dépense publique n’est pas une part du PIB (la dépense privée calculée à son instar c’est plus de 200% du PIB !), une bonne part de cette dépense (les retraites, allocations chômage et familiale…) soutient la demande privé.

        Nos économies sont mixtes. En raison de sa prédation par la finance, le privé va mal comme en témoigne la crise ouverte en 2008. Heureusement que le public est là. C’est lui qui soutient la demande globale, ce qui profite aux entreprises privées.

        Ce que l’on peut regretter, c’est que le gouvernement creuse la fracture entre le privé et le public. Il augmente le point d’indice mais dans le même temps s’acharne à faire passer la loi Travail. Or celle-ci renforce l’austérité pour le privé, puisqu’elle prévoit la possibilité au niveau des entreprises d’adopter des règles moins favorables pour les salariés.

        1. L’État a parfaitement les moyens de financer la hausse du point d’indice car celle-ci sera largement autofinancée. Plus de salaires pour les fonctionnaires, c’est plus de dépenses de leur part, plus de demande pour le privé, plus d’activité et d’emplois donc, ce qui augmentera finalement les recettes fiscales.

          Arrêtez vos délires.
          Si ça marchait, il ne faudrait pas augmenter les fonctionnaires de 1% mais de 100 ou 10000 %
          Augmenter les fonctionnaires (ou les salaires quels qu’ils soit, d’ailleurs) n’augmente pas la demande parce que ça n’augmente pas la contrepartie réelle, laproduction. Çà ne fait que répartir différemment le pouvoir d’achat, en faveur des fonctionnaires et au détriment de tous les autres.

      4. « Les vocations, cela n’existe pas, la vocation du fonctionnaire, c’est la sécurité de l’emploi à vie, c’est tout. »

        Comment voulez-vous être pris au sérieux avec des jugements à l’emporte-pièce de la sorte ? Oui, la fonction publique est privilégiée et marche sur la tête. Oui, la plupart des fonctionnaires (et des français en général) souffrent, au mieux, de dissonnance cognitive sur le sujet des privilèges des fonctionnaires, et même souvent, d’hypocrisie totale. Mais la réalité des vocations, souvent malmenées par le système, notamment dans l’éducation, saute aux yeux pour qui s’intéresse un peu au sujet. Sortez de votre bulle, allez échanger avec des profs. Vous verrez que la réalité des individualités et des motivations est plus complexe que votre homme de paille ridicule. Aussi ridicule, d’ailleurs, que les caricatures que peuvent faire certains étatistes du chef d’entreprise aux dents longues et obsédés par le profit.

        L’entre-soi et les idées dogmatiques qui veulent se faire passer pour du positivisme, seront le tombeau des idées libérales. Vous faites dire beaucoup de choses à « la réalité ». Mais, sur ce point au moins, vous êtes complètement à côté.

    2. Si l’état doit faire des économies, taper sur les individus comme il le fait au lieu de réformer les organisations est, d’un point de vue de l’efficacité économique, une immense bêtise (pour parler poliment).
      -> OUI, et c’est en plus une immense bêtise politique. Il faudrait au contraire réaffirmer que la fonction publique maltraite les fonctionnaires et que tout le monde n’aurait qu’à y gagner à une vaste désétatisation

      « Même avec cette augmentation, le niveau de vie des fonctionnaires (à carrière stable) a donc diminué.  »
      -> faux, un socialiste de droite (E. Woerth) à inventer la « garantie individuelle de pouvoir d’achat » (GIPA), une prime qui compense la perte de pouvoir d’achat du point d’indice.
      -> et de toute façon, « à carrière stable », ça ne concerne que des gens en fin de carrière qui sont sur le déclin

      « C’est notamment le cas des retraités, dont la carrière est terminée, et donc stable.  »
      -> non, la pension des fonctionnaire retraités est augmentée avec l’inflation

      « Il suffit de regarder l’état de délabrement de certains services publics (justice…) ou encore les résultats médiocres obtenus (éducation…) pour comprendre que cette politique est désastreuse à long terme.  »
      -> aucun rapport. Le délabrement, réel, n’est pas un problème de qualité des fonctionnaires, c’est d’abord un choix de priorité (il y a de l’argent pour un plug anal géant sur une place publique, ou pour multiplier les options débiles et couteuse au bac — option sport « randonnée estivale » par exemple, si, ça existe pour de bon…), et ensuite une conséquence directe du mode de management par l’Etat, voir
      http://www.contrepoints.org/2012/04/13/79014-henri-fayol-et-lincapacite-industrielle-de-letat-1
      http://www.contrepoints.org/2012/04/15/79022-henri-fayol-et-lincapacite-industrielle-de-letat-2

    3. Jean Pierre, vous me faites bien marrer à donner des leçons d’économie. Un contresens économique? Allez y expliquez nous ça… Quelle loi économique est contrariée par le raisonnement ici présent?

      Combien de donneurs de leçon en économie ai-je rencontré qui n’ont pas l’ombre d’une idée de ce qu’est vraiment cette science? Alors allez y, je prends mes popcorns et je vous regarde vous ridiculiser avec des affirmations que je n’aurai aucun mal à vous faire regretter quand je les mettrai en perspective.

      1. La « science » dont vous parlez me parait du même niveau que la médecine au temps de Molière. Je n’en veux pour preuve que les débats entre le clystère et la saignée : transposez entre les différents courants économiques, le choix des politiques par nos gouvernements, faut il travailler 35 heures ou 39, etc. Parlez moi d’un « art », et j’accepterai le mot, mais « science », non… enfin, pas encore, mais qui sait, dans deux ou trois siècles !

    4. Il y a bien longtemps qu’on aurait dû supprimer les échelons, les échelles, le point d’indice, augmenter significativement les fonctionnaires très compétents, geler les salaires des moyennement compétents et moyennement motivés, virer les mauvais.

  2. Peut-on émettre l’idée de GAINS DE PRODUCTIVITÉ—–qui permettrait de réduire le nombre et ainsi d’augmenter leur salaire

    1. GAINS DE PRODUCTIVITE ?
      Dans le secteur des services ?
      D’un point de vue microéconomique, le secteur des services (que ce soit dans le secteur privé ou la fonction publique) connait les gains de productivité parmi les plus faibles.
      C’est en tout cas le cas depuis un siècle. Je doute que cela change malgré l’informatisation.

      1. Ça dépend beaucoup du « service ». Le « secteur des service » est un grand fourre-tout qui inclut la vente, la comptabilité, le nettoyage, la banque, la logistique et les transports, l’hôtellerie, l’enseignement, la santé, etc.
        Les uns ont des gains nuls, les autres font des gains tels qu’ils sont obligés de muter et carrément changer de métier pour occuper leur personnel devenu inutile (banque), et entre les deux il y en a qui font d’énormes progrès qui sont intégralement transformés en services supplémentaire sans réduction de personnel (santé).
        Spécifiquement pour l’État, le premier poste c’est le mammouth et son personnel, qui coute officiellement 1/3 de plus que le même service rendu par l’école privée sous contrat.

        1. Le mammouth ne demande qu’à être réformé. Mais il faudrait pour ça un ministre et quelques directeurs de services qui aient quelque chose dans le pantalon, au lieu de se coucher devant des syndicats, lesquels tiennent leur pouvoir en définitive de leur capacité à mettre les jeunes dans la rue. C’est en tout cas le souhait de tous les profs que je connais.

          1. Je suis assez d’accord. Je crois malheureusement que c’est juste impossible, et qu’il n’a pas d’autre solution que l’équarissage

    2. Mais les fonctionnaires, cornaqués par leurs syndicats, ne veulent ni gains de productivité ni réduction des effectifs.

  3. Les fonctionnaires subissent depuis 2010 un gel de leur point d’indice.
    Ce qui veut dire que ceteris paribus, ils ont perdu, à grade constant 7,2% de pouvoir d’achat en 6 ans.
    Il existe toujours, et c’est heureux, sauf pour Contrepoints, l’avancement des échelons qui correspond à la rémunération de l’expérience au fil du temps.
    Si on veut réellement baisser les dépenses publiques, pourquoi ne pas aborder non plus les « fonctionnaires » qui ne travaillent absolument pas et qui coûtent 14 % du PIB; je veux parler des RETRAITES !

    1. la technique rhétorique constant à partir de la référence la plus favorable n’est que ça : une technique rhétorique.
      Il y a eu, depuis 2010, tout un tas d’autres augmentations : primes, transformation de corps, changement de catégorie. Par exemple, tous les « contrôleur du travail » (catégorie B) sont converti en « inspecteur du travail » (catégorie A) via des concours de complaisance. Pourquoi ? pour rien, juste pour les augmenter tous en bloc.
      C’était déjà le cas sous Sarkozy, et ça a continué, et j’ose dire empirer, sous Hollande.

      Lié la rémunération à l’expérience est une aberration mentale. la rémunération doit, idéalement, être liée au travail accompli, et si l’expérience permet de travailler plus et mieux, parfait, mais je n’ai jamais rien observé de tel dans l’administration.

    2. « la rémunération de l’expérience au fil du temps ». Quand on lit ça on hallucine ! En quoi est-il normal de rémunérer l’expérience ? Si l’expérience génère plus d’efficacité et plus de productivité : oui.

      Toutefois vous avez vu, vous, de l’efficacité et de la productivité dans la fonction publique ? Ce sont là deux mots dont ils ignorent superbement l’existence.

      Je pense que vous faites allusion au fameux GVT. Une chose est sûre : il est dommage qu’il ne l’ait pas mis dans le désordre car nous aurions des TGV et là ça pulserait ! Et au final on en aurait besoin de moins et on pourrait en licencier pour permettre d’alléger le budget…

      1. En effet, l’expérience aboutit à plus de charges et de blocages pour le citoyen, parce que le fonctionnaire sait mieux comment l’emm… Les contrôleurs aériens, par exemple.

  4. Jean Pierre :

    Vous n’avez pas compris une chose, la crise économique a eu pour effet de diminuer de 30 à 50 % les revenus des salariés qui sont tombés au chomage après avoir été licencié, et des indépendants qui sont toujours en activité, ou ceux qui ont tout perdu

    Les fonctionnaires, eux n’ont absolument pas été affecté, leur rémunération est la même depuis la crise alors qu’ils ont la garanti de l’emploi à vie, elle n’a pas été rabotée de 10 à 20 % comme cela a été le cas dans d’autres pays européens. Elle a même été augmentée contrairement a ce que l’on dit avec les évolutions de carrières

    Vous parlez d’un service public dégradé ? ce que vous ne comprenez toujours pas, c’est que ce n’est pas une question de moyen mais de compétence et de répartition, de nombreux fonctionnaires sont en surnombre dans des administrations alors qu’ils sont en manque dans d’autres (justice).

  5. En France, on constate une lente hostilité se développer contre les fonctionnaires. Ils ne sont pas tous riches bien sûr, mais bénéficient tous de privilèges et de pouvoir que n’ont pas les autres citoyens. La fonction publique, c’est le clergé de l’Ancien régime, qui pèse sur les autres et en pratique décide de tout avec la protection des politiciens. Elle bénéficie d’une solidarité à sens unique et ne partage pas les aléas du reste de la population. Et comme elle croît de plus en plus et que les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles, cette hostilité est inévitable. Elle risque d’ailleurs de se transformer en révolte violente quand la population aura vraiment faim.

  6. Fonctionnaire d’Etat depuis 25 ans et âgé de 64 ans je dois continuer à travailler car j’aurai droit à une petite retraite dans la mesure où les années passées dans le privé ne sont pas prises en compte dans le calcul de la retraite des fonctionnaires. D’autre part, je dois assurer le travail de deux personnes en retraite et non remplacées. L’augmentation du point d’indice de 0,6% en juillet va me rapporter 12 € brut/mois soit 0,52 ct/jour. Dans le ministère dont je dépends, les primes non pas été augmentées pour la 3ème année consécutive et effectivement j’ai eu droit à une augmentation au bout de 4 ans comme prévue dans la grille indiciaire. Vous dites : « cette hausse des salaires des fonctionnaires coûtera environ 2 Mds d’euros par an « , seulement la non augmentation du point d’indice a rapporté 7 milliards depuis 2010, la ministre de la fonction publique l’a reconnu.

    1. Soyez déjà heureux d’avoir une retraite, pour ceux en début ou milieu de carrière aujourd’hui, rien n’est sûr. Merci les pleurnichards qui ont obtenu ce résultat délirant : les retraités ont un meilleur revenu que les actifs. Et comme il n’y a pas de repas gratuit, mais qu’il y a, par contre, 10 000 milliards de dettes publiques …

      Çà finit par m’énerver profondément ce MENSONGE : depuis quand, et où, compte-t-on l’absence d’une dépense supplémentaire comme une recette, un truc qui a « rapporté » ?
      La non augmentation n’a rien rapporter du tout, c’est l’augmentation qui aurait couté, et qui va couté. Le raisonnement « je peux me payer 2 petits fours de plus parce que je me suis contenter de ma ration toute la semaine dernière, c’est , comment le dire poliment … ah non en fait on ne peut pas le dire poliment.

      Vous n’êtes pas content de votre travail, de votre salaire, ou des deux ? bienvenu au club, il y a du monde…
      Vous assurez le travail de deux autres personnes … ou bien vous assuriez le travail d’un tiers de personne avant ? La fête est finie, c’est dommage pour vous, d’autant plus dommage qu’il y en a d’autres qui peuvent continuer à être « absolument dé-bor-dée ».
      Si vous vous croyez tant à plaindre, et bien juste démissionnez et aller faire reconnaitre vos droits à une rémunération plus en rapport avec vos mérites dans le privé …

      1. @P vous comparez le sort des fonctionnaires avec les chômeurs. Soit, ils sont en effet, relativement à cette catégorie, des privilégiés. Mais si vous les comparez avec des employés du secteur privé, à niveau égal (par exemple cadres bac+5) il ne doit pas vous échapper que les salaires du privé sont compris entre +50% et +100%, à âge et expérience égale. Or si le privé connait des secteurs à risques, il connait aussi nombre de situations où l’emploi est quasi garanti à vie.

        Quant à vos imprécations « Si vous vous croyez tant à plaindre, et bien juste démissionnez et aller faire reconnaitre vos droits à une rémunération plus en rapport avec vos mérites dans le privé », qu’en savez vous ? A qui vous adressez vous ? A moi ? Qui vous dit que je suis fonctionnaire ? Qui vous dit que je ne suis pas un créateur d’entreprise, lequel a conscience que sans une fonction publique de qualité, un pays moderne ne peut pas fonctionner ?

        1. Fable. Le secteur public paye mieux a peu près tout le monde. Il y a une petite poignée de professionnels qui effectivement sont moins bien payé dans le public, c’est facile de les identifier : ils démissionnent pour aller dans le privé, et on a le plus grand mal à les remplacer autrement qu’avec des débutants naïfs ou trop serrés financièrement pour chercher mieux, des étrangers, ou des gens qui ont trop de casseroles pour pouvoir exercer dans le privé …
          Quant aux cadres à bac+5, à part une poignée de perles rares et quelques situations où la connaissance de administration et un carnet d’adresse est un plus (pour traiter avec l’administration !), ils seraient juste incapable de travailler dans le privé, leur expérience du public est un handicap et pas du tout une « expérience égale ». Section « perle rare », j’ai un ami qui a une situation très enviée dans le privé, après une carrière administrative des plus médiocres. Je ne sais pas ce qu’il serait devenu si il n’était pas sorti de l’administration ; il moisirait dans un placard, je pense.

          Je ne m’adressais pas à vous mais à Olivier, et je ne juge que les propos, pas les personnes qui les tiennent. J’en ai donc RAF de savoir si vous êtes ceci ou cela (bien que je doute fortement que vous soyez un créateur d’entreprise, je crois qu’un mercredi à 21 h vous ne seriez pas en train de chater )
          « sans une fonction publique de qualité, un pays moderne ne peut pas fonctionner »
          QED : la France ne fonctionne pas, en tout cas pas comme un pays moderne, et sa trajectoire ressemble tout à fait à celle de la GB des années 60-70 (un « pays en voie de sous-développement »). Elle n’a pas une « fonction publique de qualité », nonobstant la prétention de certains qui prennent l’ENA pour la cuisse de Jupiter…

      2. Quelle virulence dans vos propos, vous dites « depuis quand, et où, compte-t-on l’absence d’une dépense supplémentaire comme une recette, un truc qui a « rapporté » ? et bien c’est le principe de la tirelire tout simplement.
        Qui a dit que je n’étais pas content de mon boulot et de mon salaire de cat.B (concours) et que j’étais tellement à plaindre, pas moi car j’ai un job et des collègues sympas c’est déjà ça.
        Je ne vais pas démissionner pour faire reconnaître mes droits à une rémunération en rapport à mes mérites dans le privé, mais plutôt faire bientôt valoir mes droits à la retraite.
        Voilà cher « P » vous avez eu en pâture l’avis d’ un fonctionnaire pour alimenter votre haine et votre mépris, je n’envisage pas que vous changiez d’avis quand vous vous rendrez dans un hôpital ou aurez besoin des services de la police ou des pompiers.

        1. Une tirelire n’est pas un revenu et n’a jamais « rapporter » quoi que ce soit. Et de toute façon l’État n’a pas de tirelire, il a des dettes colossales. Le jour où l’état sera riche, et bien ma foi, on pourra penser à augmenter en bloc tous les fonctionnaires, aujourd’hui …
          Et je ne vois rien de plus méprisable et haineux que votre utilisation de boucliers humains (hôpital, police, pompiers) pour vous défendre. Au demeurant, les cliniques privées font le même boulot pour moins cher que les hôpitaux, et les pompiers pour la plupart ne sont pas des fonctionnaires, mais des volontaires et des contractuels
          Je n’ai d’ailleurs rien contre les fonctionnaires, ils font légitimement ce que font tout employé : demander moins de boulot, plus gratifiant , et plus de paie. Par contre je ne supporte pas les mensonges et les pleurnicheries.

    2. Vous ne voudriez tout de même pas avoir la même retraite quun fonctionnaire ayant travaillé toute sa vie dans la fonction publique, plus une retraite correspondant aux points accumulés lors de votre activité dans le privé.

      1. Absolument pas, il s’agit de justifier le fait qu’il y a une retraite du privé + une retraite du public, les deux sont distinctes.

  7. Ah le fameux modèle britannique !

    Regardons plus en détail.

    Un déficit public supérieur de 46 % à celui de la France alors que le gouvernement a supprimé de nombreux postes et gelé les salaires de ses employés ! Et ce n’est même pas compensée par des dépenses infrastructures sous 1 % du PIB, un des plus faibles taux des économies européennes !

    Un salaire réel inférieur de 6 % à ce qu’il était en 2007.

    Des emplois créés précaires, à temps partiel via les contrats « zéro heures » qui concernaient 700 000 personnes entre Octobre et Décembre 2014, ou encore via le régime équivalent à celui d’auto-entrepreneur en France qui correspond à 60 % des emplois créés sachant que le revenu de ces auto-entrepreneurs a chute de plus de 20 % !

    Une productivité plus faible de 10 % par rapport à ce qu’elle était avant crise et plus faible que celle de la France.

    La dette des ménages britanniques en 2013 se situait à 160 % du PIB contre 125 % pour les USA et 103 % pour la France.

    Une surévaluation des prix de l’immobilier qui présente tous les signes d’une nouvelle bulle…

    Bilan : le RU a supprimé des emplois publics mais son déficit public est toujours élevé, plus élevé que celui de la France. Ce déficit ne provient même pas de dépenes d’investissement pourtant nécessaires dans ce pays. Le RU a créé des emplois, des emplois très précaires ce qui a augmenté la pauvreté, fait baisser les salaires réels, tout en voyant sa productivité baisser, et cela grâce à une hausse de l’endettement des ménages permises par une bulle immobilière. Je ne sais pas vous mais ça me rappelle la situation des Etats-Unis avant la crise des subprimes… Ce qui est certain c’est que ce n’est pas très sain et même si la situation en France n’est pas terrible, je pense qu’elle vaut au moins celle du RU.

  8. BUCHSENSCHUTZ YVES

    Avez-vous comptabilisé ce que représente l’incidence sur les retraites qui sont également concernées je crois. (Bloquées également dans le privé).

  9. Heureusement que certains ont les fonctionnaires, le SP et même les retraités pour se défouler !!!

    Ce débat est caricatural et vise à diviser encore un peu plus le pays.
    Comme si par magie libérale, s’il n’y avait plus de fonctionnaires, le pays se redresserait, les salariés auraient plus de pouvoir d’achat, les créations d’emploi seraient très nombreuses, les entreprises vont de nouveau investir, le coût du capital se réduirait, etc..
    Dans le grand pays libéral que sont les USA, c’est effectivement nettement mieux …. mais le taux de pauvreté n’est jamais que d’environ 24 % (seuil 60 % du revenu médian). Le Royaume Uni, tout aussi libéral, c’est nettement mieux avec un chômage autour de 5 % … mais 10 % des britanniques qui ont un travail ne peuvent pas en vivre ….
    Notre « modèle » a des défauts sans doute mais est-il aussi mauvais que cela ? Les autres pays ont aussi leurs problèmes…. La théorie c’est parfois très beau mais la réalité est parfois bien différente !

    1. Je ne paie pas des impôts pour réduire un taux de pauvreté dont le calcul vaut ce que valent tout ce genre de statistiques. Je paie des impôts pour avoir un service public. Or je n’ai pas ce service efficace, mais tout un tas de complications et d’empêcheurs de tourner en rond, soutenus par des fonds qui me sont extorqués. Qu’ils aillent faire quelque chose d’utile, ou qu’ils se taisent !

  10. François Hollande achète des votes avec nos impôts.

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