Brexit : conséquences dangereuses pour l’Europe et la France

Brexit (Crédits : Jeff Djevdet, licence CC-BY 2.0)

Le Royaume-Uni n’est pas le seul qui a à perdre avec les conséquences d’un éventuel Brexit vendredi prochain. La France et l’Europe aussi.

Par Vladimir Vodarevski.

Brexit (Crédits : Jeff Djevdet, licence CC-BY 2.0)
Brexit (Crédits : Jeff Djevdet, licence CC-BY 2.0)

Le vote sur le Brexit approche puisque l’élection est prévue pour ce jeudi 23 juin. Les partisans du maintien du Royaume-Uni dressent un tableau apocalyptique du Brexit, ainsi que les institutions européennes. En fait, le Brexit serait catastrophique pour l’Europe, et notamment pour la France. C’est pourquoi, s’il se réalise, l’Europe et la France ont intérêt à passer très vite des accords avec le Royaume-Uni qui permettront de commercer comme si ce dernier était encore dans le marché commun.

Le Royaume-Uni peut perdre beaucoup si les frontières de l’Europe se ferment à ses produits et services. Mais l’Europe peut perdre beaucoup si le Royaume-Uni ferme ses frontières également. Et notamment la France. En effet, le Royaume-Uni importe énormément en provenance de l’Europe. Et en particulier de la France, pays avec lequel son commerce extérieur est déficitaire. Une fermeture des frontière signifierait une crise en Europe, et particulièrement chez un des membres les plus fragiles de l’Union : la France.

Le Royaume-Uni, pays des startups, pour combien de temps ?

Le Royaume-Uni est par ailleurs un pays actuellement très dynamique. Du point de vue de la croissance, et du point de vue de la création et du développement d’entreprises. C’est LE pays européen des startups. Ce dynamisme signifie des importations de biens et services en provenance de l’Union Européenne. Mais aussi un atout pour l’Europe. Le Royaume-Uni est tourné vers le futur et vers les pays émergents. Il est impératif de tout faire pour rester lié à cette dynamique. L’Europe a tout intérêt à garder ce pays dans une zone de libre-échange.

Un pays a beaucoup à perdre avec le Brexit : c’est la France. Car le commerce extérieur français avec le Royaume-Uni est bénéficiaire. Car il est un partenaire majeur de la France, après l’Allemagne. La France a intérêt à maintenir le libre-échange avec le Royaume Uni, surtout compte tenu de son atonie actuelle. Le Royaume-Uni est un facteur de croissance pour la France.

D’autre part, le dynamisme du Royaume-Uni équilibre celui de l’Allemagne. Et la France a peu de chance de récupérer des activités financières importantes. Elle ne récoltera que des miettes, du fait de sa fiscalité et de sa réglementation anti-entreprises. Afin de faire contrepoids à l’Allemagne, la France a intérêt que Londres reste une place financière importante en euros. Sinon, c’est l’Allemagne qui récoltera la mise.

En conclusion, les prédictions apocalyptiques en cas de Brexit sont absurdes. À moins que les partenaires du Royaume-Uni ne se tirent une balle dans le pied, provoquant eux-mêmes une crise. Plutôt que de jouer les oiseaux de mauvais augure, mieux vaudrait s’intéresser aux raisons qui motivent le Brexit.

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