Macron, Juppé : des libéraux, vraiment ?

Le libéralisme, c’est « tendance » ! Mais regardons de plus près en quoi il consiste avant d’affirmer que Juppé ou Macron est libéral.

Par Simone Wapler.

Alain Juppé By: Foreign and Commonwealth OfficeCC BY 2.0

Récemment, pour attirer l’attention, il faut se déclarer libéral. Le libéralisme est devenu tendance. Macron est libéral. Juppé est libéral.

Le libéralisme est à la mode

« La révolution culturelle qui dérange », sous-titrait magazine Le Point. Le Cercle des Échos publie un Manifeste libéral pour la jeunesse. Challenges analyse la « nouvelle vague libérale pro-Macron. (…) Ils détestent l’État obèse, les normes, les impôts, et chérissent les entrepreneurs. Certains sont libertaires, d’autres conservateurs. Qui sont ces jeunes loups du libéralisme qui disputent le buzz au phénomène Macron ? »

Un vent étrange souffle sur notre France étatiste et centralisée, c’est indéniable. Toutefois, si les énarques Juppé et Macron sont libéraux, je suis moi-même carmélite…

Dans le domaine économique, le degré de libéralisme d’un pays peut assez bien se mesurer en comparant la taille du secteur privé et celle du secteur public. Tout sur le secteur privé, c’est l’anarchie, avec zéro État et aucune police ni justice. Le tout-État, c’est le communisme avec zéro secteur privé.

À cette aune, avec 57% de l’économie appartenant au secteur public, force est de constater que la France est plutôt socialo-communiste que libérale. Ceux qui voient dans l’ultra-libéralisme ou néolibéralisme les origines de nos maux actuels ont probablement abusé de psychotropes ou autres substances hallucinogènes.

Nous continuons à tourner le dos au libéralisme car notre PIB national augmente très peu tandis que les dépenses de notre secteur public gonflent. Il serait intéressant que nos étatistes néo-socio-libéraux Macron et Juppé placent leurs propres curseurs et dosent leur « libéralisme ». Nous serions ainsi fixés.

Le véritable libéralisme

Le véritable libéralisme s’appuie sur le marché — au sens de la concurrence –, et sur des transactions nouées librement. La liberté de contracter est la seule garantie que l’échange soit juste et profitable aux deux parties. Car quel bipède serait assez fou pour accepter de commercer s’il est perdant ? En revanche, si l’acheteur est forcé d’acheter ou si le vendeur est contraint de vendre, ou encore si le prix est fixé par un tiers… où sont l’équité et la liberté ? L’échange n’est plus libre, il est faussé, il y a un gagnant et un perdant. Où sont le marché et la concurrence dans le pays champion du « capitalisme d’État » ?

Au-delà des échanges marchands, le libéralisme s’appuie sur le triptyque liberté-propriété-responsabilité. La liberté est inconcevable sans propriété et sans responsabilité. La propriété implique la responsabilité.

Nous arrivons au coeur de la tragédie.

Rendre les gens irresponsables renforce le rôle du politicien

Le métier d’un politicien est de se rendre important, indispensable. Pour y parvenir, il faut pousser les gens à se défausser de leurs responsabilités. C’est assez facile car l’irresponsabilité est toujours dans un premier temps confortable, reposante. Notre renoncement permet alors aux politiciens d’administrer en lieu et place de chacun pour le plus grand bonheur de tous. Ils nous protègent contre les méchants qui sont les autres, tous les autres…

« Pour améliorer la société, ils commencent par anéantir l’individu, sous prétexte que tous les maux en viennent comme si tous les biens n’en venaient pas aussi ». (Frédéric Bastiat)

Les politiciens ont pris en main nos retraites. Résultat : en France, le système de retraite par répartition coule. Des fonctionnaires et des économistes ont pris en main la monnaie et les taux d’intérêt. Ils sont en train de torpiller le système de retraite par capitalisation.

Les réponses étatiques et collectivistes aux questions d’assurance sociale sont en train de faire naufrage.

Le technocrate Juppé ou le financier Macron cautionnent ces vols tout en s’autoproclamant libéraux.

Nous quittons la tragédie pour la farce.

Le premier, condamné à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour financement occulte de son parti, reste persuadé qu’il faut « sauvegarder le modèle social français » qui est pourtant la cause de notre appauvrissement continu.

Le second pense que « le libéralisme est une valeur de gauche ». Cette remarque prouve que Macron ne sait pas vraiment de quoi il parle. Le libéralisme, qui s’appuie sur l’humanisme, n’est en réalité ni de droite ni de gauche, ni progressiste ni conservateur.

L’État ne nous rendra jamais plus que ce qu’il nous prend. Ne croyez pas ces boniments.

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