Faites « un geste » pour la SNCF : donnez votre argent !

Sauver la SNCF ? Mais pour quoi faire ? Et avec quel argent ?

Par Phoebe Ann Moses.

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sncf By: VivirElTren.esCC BY 2.0

Pendant que le gouvernement se fait tirer l’oreille pour augmenter de 2 euros le tarif de la consultation chez un généraliste (« moins cher qu’un plombier », même Natacha Polony l’a dit vendredi matin sur Europe 1), ce même gouvernement semble avoir le geste large et le porte-monnaie plus élastique pour obtenir la paix sociale et un Euro 2016 bien tranquille.

Alors que des rumeurs laissaient entendre que les relations entre Guillaume Pepy et le gouvernement n’étaient pas au beau fixe et qu’il allait démissionner, il semble que pour apaiser la CGT l’État fasse absolument tout (et n’importe quoi). La SNCF doit affronter la concurrence en 2020 (pour les TGV) et pour cela, elle devait absolument adapter son mode de fonctionnement ultra privilégié, à celui du monde du travail normal.

La CGT à la rescousse

C’était sans compter la CGT, qui vient, semble-t-il, d’obtenir du gouvernement qu’on ne touche strictement rien aux conditions de travail des cheminots. En résumé : il fallait s’adapter en douceur, pour ne pas brusquer la vieille entreprise que le monde nous envie. Mais au final, point d’adaptation, donc point de rentabilité. On viendra pleurer en 2020 sur le manque de compétitivité de la SNCF face au privé. On criera haro sur les blablacar, uber, et autres systèmes d’organisation moins chers et plus satisfaisants, et on renflouera à coups de milliards ce qui ne marche pas.

Il est beau, ce pays, ou on s’évertue à garder en vie ce qui ne fonctionne pas et coûte cher, avec l’argent du contribuable. Quel beau pays où (pour ne prendre que cet exemple), la CGT, financée par nos impôts et nos cotisations sociales (sans lesquels elle n’existerait déjà plus), empêche la circulation des trains de la SNCF, financés eux aussi avec nos impôts, le tout géré par une société publique (encore nos chers impôts), à la dérive, et dont on voudrait nous faire croire qu’elle est performante pour que l’on continue à se faire plumer sans crier pour la renflouer.

Pas de vagues, c’est ça qui compte. La SNCF continuera donc à couler avec sa dette d’environ 50 milliards (« environ », parce que là on n’est plus au milliard près), malgré des injections financières astronomiques, avec notre argent et la bénédiction des socialistes. Oui, parce que Manuel Valls vient de dire que l’État allait « faire un geste ». Un geste avec l’argent des autres, c’est pas beau ?

Tout cela pour permettre à l’entreprise « de poursuivre la rénovation de son réseau ». On croit rêver : l’argent que l’on y met depuis des années ne servait-il donc pas à cela ? N’importe quelle entreprise privée brassant ces sommes et arrivant à ce résultat aurait non seulement fermé ses portes depuis longtemps mais aurait aussi dû rendre des comptes.

Comme d’habitude, les têtes changeront, on mettra Y à la place de X, les gouvernements seront remplacés par d’autres, s’évitant justement de rendre des comptes, ce qui permet toujours avec l’argent du contribuable de « poursuivre » tranquillement cette fameuse « rénovation » qui finira bien par arriver à grands coups de concurrence dans le wagon.

Il serait peut-être temps de considérer qu’il doit nous être rendu compte de l’usage qui est fait de nos impôts au lieu de penser qu’on fait ce qu’on veut avec l’argent des Français. C’est vous, les hommes politiques, qui nous êtes redevables, qui êtes à notre service, pas le contraire.