URSAFF contre Uber : une vraie chasse aux sorcières !

Publié Par Guillaume Cairou, le dans Économie générale

Par Guillaume Cairou.

Il ne fait pas bon être en France un symbole de la nouvelle économie numérique, comme peut le constater amèrement la plateforme Uber à l’aune d’une énième procédure juridique, entamée cette fois-ci par l’Urssaf, en vue d’une requalification de ses chauffeurs en salariés.

Quand les organismes sociaux défendent les intérêts établis

Sous couvert de dénoncer un soi-disant « travail dissimulé », l’organisme de recouvrement prend donc le relais du lobby de taxis dans cette triste chasse aux sorcières menée à l’encontre de l’un des principaux piliers de l’économie à la demande, preuve de l’anachronisme dont fait souvent preuve l’Hexagone et ses administrations face aux innovations qui bouleversent l’ordre établi !

Nul doute que cette requalification intempestive et infondée bouleverserait considérablement le modèle économique de la fameuse start-up américaine, remettant en cause sa viabilité même.

Uber n’est pourtant pas ce « grand méchant loup » de la finance mondialisé que certains esprits étroits prennent plaisir à dénoncer et caricaturer tous azimuts. Uber, bien au contraire, c’est avant tout cette main tendue, et régulièrement saisie, à tous les travailleurs peu qualifiés, en particulier au sein des jeunes générations, qui ont fait le choix de l’initiative individuelle et de l’activité indépendante plutôt que de l’assistanat.

L’Urssaf est légitime dans un rôle de conseil aux entreprises et non d’inquisition enversles plateformes, métiers et nouvelles formes d’emploi qui permettent de lutter efficacement contre le chômage de masse !

Dans un monde idéal, les administrations et les pouvoirs publics ne devraient pas s’opposer aux entreprises et entrepreneurs mais, au contraire, les guider, les encourager, par exemple via l’application d’un principe « dites-le nous une fois » qui permettrait d’éviter la sanction en cas de première constatation d’erreur.

L’urgence pour l’administration et les services publics est donc de comprendre la nouvelle économie et de l’encourager autant que possible, plutôt que de chercher à faire la rentrer dans le cadre désormais obsolète du salariat traditionnel. Nous en sommes, hélas, encore loin.

  1. Soit vous travaillez chez Uber soit vous etes d’une mauvaise fois sans nom, en tout vous ne voulez voir que ce que vous voulez. Uber ce sont des chauffeurs qui versent une commission de 20 % à Uber BV, une filiale d’Uber immatriculée aux Pays-Bas, filiale à 100 % d’une autre société néerlandaise, Uber International BV… laquelle est elle-même la filiale à 100 % d’une troisième société, Uber International CV, qui réside aux Bermudes, un paradis fiscal. L’associé en nom d’Uber International CV est Neben LLC, une société immatriculée au Delaware (Etats-Unis), autre paradis fiscal. Ça vous plait ? C’est cool hein, c’est moderne ,donc à partir de là on accepte tout.
    Et travailler 70h/semaine avec à peine 1000€ par mois au final toutes charges deduites, ça vous dit ? Ah oui mais se sont des chômeurs de banlieue, des citoyens qui jouent en deuxième division, donc ils doivent accepter n’importe quelles conditions de travail, c’est ça ? L’economie du partage ce serait bien si on donnait au moins des actions à ceux qui créait réellement la richesse, cela aurait un peu de sens. Seulement ici cela profite à 3 ou 4 gros malins sortis de grandes ecoles de commerce prestigieuses. Mais que dis je, je suis un vieux machin ringard sans doute, il faut libérer les énergies, se délivrer des carcans institutionnels responsables de notre piteuse économie. (en gros, arrêter de payer des charges) Allons y c’est l’avenir du pays qui est en jeu. Sauf qu’on est pas dupe et le « petit peuple » a bien compris. Vous, les ultras libéraux, vous etes en train de les libérer les énergies, elles sont dans la rue, bravo ! Vous pensez que la seule valeur qui compte c’est l’argent, faire de l’argent, avoir plein d’argent et plus d’argent encore, et bien nous sommes tres nombreux à penser que la seule valeur qui compte c’est l’humain. C’est vous qui vous trompez. Uber n’est qu’un prédateur, c’est le roi du faux semblant, de l’illusion.

    1. Philippe GACHET-MAUROZ

      Bravo pour le développement de votre point de vue, je vous applaudi, je vous approuve…de la premiere à la dernière ligne…il y en a marre de cette bien pensance ultraliberale qui tue notre humanisme

    2. Tout à fait d’accord.

    3. Pourquoi tant de haine ? Si tu ne veux pas bosser pour Uber, juste le fait pas. Tu as ce choix.
      Par contre, si tu veux pas bosser pour les URSSAF, tu n’as pas le choix.
      Alors si il y a un prédateur dans l’histoire, c’est clairement l’URSSAF, et seulement l’URSSAF.

      Quant à ta jolie tirade sur l’humain, on la connait. Alors tu es peut-être un gentil garçon, mais malheureusement on n’a aucun moyen de te distinguer de tout un tas de gens moins fréquentable pour qui la seule valeur qui compte c’est l’humain et l’argent hautement méprisable (ainsi que les « boutiquiers » comme disait Napoléon) :
      Tous les esclavagistes, pour qui l’argent ne compte pas, seulement la force de travail des esclaves
      Les titulaires de « droits » sociaux, ce genre de choses que, en 1789, on appelait des « privilèges ».
      Les gens qui méprise tellement l’argent qu’il se gène pas pour s’approprier celui des autres, comme les agents de l’URSSAF.
      Les enfants-soldat de Pol pot, qui effectivement brulaient sans remord l’argent, avant de massacrer ceux qui lui trouvait une valeur.
      etc.
      en fait, ce qui compte pour moi, c’est la façon dont tu appliques tes idées.
      Si tu te les applique à toi même, et seulement à toi-même (et avec d’autres d’accord avec toi) , parfait pour moi, aussi débile qu’elles soient à mes yeux, je les regarderai avec curiosité et je les copierai même si finalement je vois que je m’étais trompé.
      Si tu cherche à les imposer, si elles sont tellement « bonne » qu’ils faut des lois et des codes pour les imposer à des gens qui sont contre, tu es juste une sorte d’infréquentable comme mentionné plus haut. Et d’autant pire que tu te prétend meilleur, comme dans ta tirade.

      PS : moi libéral je suis très content de voir les gens dans la rue, s’entretuer les nuisibles, syndicalistes et gouvernement. Qu’il s’en aillent tous, et avec eux leurs « lois » qu’ils ont pondues et pondent par tombereaux.

  2. Philippe GACHET-MAUROZ

    voici un article d’une naïveté désarmante…Uber c’est c’est bien, c’est le futur, l’Urssaf c’est rétrograde, Uber c’est l’avenir de la jeunesse…etc…
    C’est bien malheureux, mais l’Urssaf fait le boulot de nos politiques…
    Chacun ferait bien de se poser la question de notre futur justement…notre système repose sur la répartition via la taxation sur le travail…si la mise en place d’un nouveau système du travail échappe à ces taxations c’est la fin de la redistribution…adieu retraite, allocations diverses, dont chômage, adieu système de santé
    L’Uberisation c’est l’individualisation , si celle ci augmente au détriment du salariat, c’est uniquement sur les salariés survivants que reposera la répartition…
    Les politiques ferment les yeux sur cette perspective, laissant à la justice le soin de determiner le futur de notre société…

    1. Thèse sensée, exprimée notamment par Eric Verhaeghe

      Il ajoute que l’URSSAF est en service commandé de politique, justement. En droit pur Il est très difficile de faire la différence entre Uber et un service de réservation de taxi comme G7 (ami du pouvoir !) et outes les tentatives de bloquer Uber par la loi ont échoué. Ne reste plus que le harcèlement, par l’URSSAF par exemple…

      Vous avez raison, « adieu retraite, allocations diverses, dont chômage, adieu système de santé », mais c’est mort simplement parce mal géré ; et mal géré parce que gérer de façon politique et non économique.

  3. Si Contrepoints continue à publier des articles de cette trempe la suite est facile à deviner. Soit elle perdra progressivement son électorat ou devra se contenter des simples avec un nivellement par le bas, soit elle accélérera la chute du libéralisme outrancier qui devient caricatural avec Uber.

    1. Son lectorat, pardon ! Bref, sa clientèle.

    2. Libéralisme outrancier en France ?

      Pierre, Avez vous déjà dirigé une entreprise et subit un contrôle URSSAF ?

      N’avez vous pas compris que les petits gars de Seine Saint Denis ont pu enfin créer leur job uniquement en contournant la réglementation et l’URSSAF. Sans cela, nous serions dans une situation bloquée, avec trop peu de taxis, et des jeunes au chômage.

      Que proposez vous ? Que nous maintenions un niveau de Cotisation URSSAF délirant et que nous acceptions encore et pour toujours un taux de chômage des jeunes de 25 %. Avez vous connu le chômage au début de votre carrière professionnelle ? Ou avez vous connu les 30 glorieuses ?

      UBER est devenu le premier employer de seine Saint Denis. Remettez l’URSSAF au milieu, vous cassez la machine a créer de l’emploi.

  4. Le problème n’est pas l’URSSAF, mais le niveau des cotisations URSSAF et la complexité de leur réglementation qui vous fait tomber à coup sur lors d’un contrôle (même si vous faites tout votre possible pour respecter la loi)

    Essayez de mettre un taux de TVA à 30 % et vous verrez le grand boom du commerce sous terrain.

    C’est ce qu’il se passe avec l’URSSAF. Trop couteux, trop complexe. Et donc tentations multiples de contournement.

    1. La loi Thévenoud entrée en vigueur en janvier est claire. Uber s’en tape et mise sur la volonté populaire de vouloir tout, tout de suite et si possible gratuitement, sans réfléchir plus loin sur les conséquences d’une telle attitude. L’URSSAF ne fait que son travail.

      1. Si une loi est inique, doit elle être suivie ? Non.

        1. Ne vous reste plus qu’à faire comme la CGT et descendre dans la rue. On vit en démocratie Charles, vous pouvez faire changer une loi. Mais vous devez la respecter ! Et l’URSSAF doit la faire appliquer. Point barre.

          1. +1 et puis ce genre d’article évacue d’un revers de main l’aspect politique de la situation alors que c’est l’élément primordial, les arguments philosophique ou autres joyeuseté sont sans intérêts.
            On peut très bien considérer Uber comme l’avenir et une nécessité pour l’économie et la lutte contre le chômage et reconnaître qu’actuellement la situation juridique d’Uber est une anomalie, voir une position de privilège honnêtement je ne vois pas quel argument serait valable pour défendre un taux de collecte réduit de l’URSAFF pour Uber ou son absence de collecte.
            Il n’y simplement que deux solutions: aligner Uber sur le reste ( solution in fine la plus rationnelle sur le plan politique mais à court terme) ou considérer que la situation d’Uber prévaut désormais au niveau de l’URSAFF, aligner toutes les autres boîtes sur Uber et obligatoirement prendre en compte la réforme du système protection sociale, assurance et plus généralement de l’Etat-providence quelle implique ( drastique in fine on ne va pas se mentir: honnêtement qui est assez dingue pour proposer ça maintenant, même la droite n’y songe pas donc on peut toujours attendre)

          2. D’accord avec Pierre. Changeons la loi. Mais vite.

            La France championne d’Europe des prélèvements sociaux.
            Et par voie de conséquence la France est devenue championne d’Europe des franchises.

            CQFD.

            Baissez les cotisations URSSAF et les tentatives de contournements disparaitront.

        2. D’ailleurs sur Uber le silence de la droite est assourdissant: peur de mettre en colère sa clientèle électorale? A chacun ses copains on dirait, profs et cheminots à gauche, taxisg7 et professions règlementées à droite.
          L’iniquité d’une loi est un concept bien fumeux puisque totalement subjectif une loi sera toujours inique pour les uns ou pour les autres.
          Sachez que toutes les manifestations et mobilisations contre n’importe quelle loi reposent sur un dénominateur commun: l’iniquité ou la prétendue iniquité ressenties par leurs opposants.

          1. G7 est un pote à Hollande. Mais il a surement des amis à droite aussi …
            l’iniquité n’a rien de fumeux, c’est facile à repérer : déjà, toutes les lois dont ceux qui les votent et les soutiennent ne subiront pas les conséquences négatives sont iniques. Ce critère réduit notre paquet de lois et de code à quasiment rien, le reste doit pouvoir est considéré comme juste.même si pas parfait

          2. Wahoooo… On dirait qu’il y a de plus en plus de gens qui ne viennent que pour enfiler les chapelets de saucisses collectivistes. « Chacun ferait bien de se poser la question de notre futur justement » terminer tous employés d’État ?
            Certains commentaires me font peur dans un pays où la liberté est restreinte. Aujourd’hui il vaut mieux travailler au noir qu’être employé (ou alors dans la police, il paraît que c’est une fonction d’avenir).

      2. Uber s’en tape la loi Thévenoud (*) ? Mais tout le monde s’en tape, à commencer par le conseil constitutionnel : il a indiqué que si il valide la loi c’est seulement parce qu’elle est trop facile à contourner (il donne même des exemple de comment ça peut se faire !) , sinon ça aurait été inconstitutionnel.

        (*) une loi qui porte le nom de ce député modèle, ça pose un peu la qualité …

  5. Utilisateurs de taxi, utilisateurs de VTC, c’est le moment de partager votre opinion !

    Kurt Salmon lance un appel pour la constitution d’un panel de consommateurs afin de mieux comprendre ce que vous pensez des services de transports tels que les taxis ou les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). Agé(e) de plus de 18 ans et résident(e) à Amsterdam, Bratislava, Paris, Rome, Stockholm, Vienne ou Varsovie, votre opinion nous intéresse !

    De plus, cette étude pourrait servir de base pour une future réglementation !

    https://fr.surveymonkey.com/r/KS_Survey_FR

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