Blocage des raffineries : Gérard Filoche dérape sur Europe 1

Gérard Filoche By: patrick janicek - CC BY 2.0

Invité de l’émission de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 mardi matin face à Aurélien Véron, Gérard Filoche a énuméré les poncifs archaïques dont il est friand. Et encore une fois, il a dépassé les bornes.

Par Phoebe Ann Moses.

Gérard Filoche By: patrick janicekCC BY 2.0

 

L’émission de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 a coutume de donner la parole aux auditeurs. Le sujet de mardi était le blocage des raffineries. Après avoir une énième fois enfourché ses dadas traditionnels, Gérard Filoche (PS) est interpellé par une auditrice handicapée et alitée, qui depuis deux jours à cause des blocages, n’a plus la visite des auxiliaires dont elle a besoin. Visiblement à bout, elle tente d’expliquer que les personnes qui viennent l’aider chaque jour ne peuvent pas venir et qu’elle est bloquée elle aussi… mais dans son lit.

Gérard Filoche a-t-il conscience qu’en incitant aux blocages, il pénalise très durement des personnes fragiles ? Que nenni ! Voici les réponses qu’il a apportées à cette auditrice :

La loi va faire que les personnes handicapées seront moins bien traitées.
La personne qui l’aide [n’est pas venue parce qu’elle] est du côté des grévistes.
La grève c’est pour l’aider.
Avec cette loi, les handicapés seront foutus à la porte plus facilement.
Quand je me bats contre la loi, je vous défends et vous ne le savez pas.
75% des Français sont contre cette loi et en étant contre cette loi ils vous défendent.

Bienvenue dans le monde de Gérard Filoche, un monde de lutte des classes du XIXème siècle, où il répète en boucle tout le bien-être apporté par les syndicats, du congé maternité aux congés payés, en passant par la Sécurité sociale… Tout y est passé. Avec sa voix tonitruante et ses discours préformatés qu’il sert quelle que soit la question posée en face, on peut dire que l’ancien inspecteur du travail a de la bouteille et ne se laisse pas déstabiliser, y compris par les arguments d’une personne invalide qui constate surtout que ce sont les blocages qui perturbent sa vie quotidienne, et non la Loi Travail.

On peut remercier ce syndicaliste, cégétiste depuis 1963, qui lui aussi sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

Il faut l’entendre, des trémolos dans la voix, évoquer « ce droit imprescriptible » qu’est la grève, et rappeler au XXIème siècle que « les salariés produisent les richesses de ce pays et n’en ont pas la part qu’ils méritent ».

Et de critiquer « cette loi scélérate qui est une loi pour Uber, qui est une loi pour baisser les salaires, qui est une loi pour hausser la durée du travail, et qui est une loi pour virer plus facilement ». (L’anaphore chère au Président semble avoir encore de beaux jours devant elle)

Quant à Manuel Valls, qui dénonce le chantage opéré par la CGT, il veut surtout qu’on se rassure et qu’on se rendorme tranquillement :

Je veux une nouvelle fois rassurer les Français, leur dire que l’État fait preuve d’une grande fermeté pour qu’il n’y ait pas de pénurie de carburant.

C’est à se demander lequel de ces deux membres du bureau national du PS veillera le mieux sur nous.