Ma vie d’expat’ à San Francisco

Golden Gate Bridge By: Chris Brown - CC BY 2.0

Le témoignage d’Antoine : « L’expatriation m’a apporté un avenir professionnel que je n’aurais jamais pu atteindre en restant en France que ce soit en termes de salaire ou de poste. »

 Une interview par la rédaction de Contrepoints.

Golden Gate Bridge By: Chris BrownCC BY 2.0

 

Une petite présentation ?

Bonjour, je m’appelle Antoine, j’ai 37 ans, je suis marié et père d’un enfant. Je suis originaire de Normandie et je vis à San Francisco, Californie depuis 12 ans.

Que faites-vous comme métier dans ce pays ? Pouvez-vous raconter brièvement votre parcours professionnel ?

Je travaille dans la finance depuis mon arrivée. Au début j’ai commencé à travailler dans la banque, dans la continuité de ce que je faisais en France. Je me suis ensuite spécialisé dans la finance en particulier. Après avoir été trader chez Goldman Sachs, je travaille maintenant pour un fonds d’investissement américain.

Pourquoi être parti ?

Je suis parti un peu par hasard. J’ai rencontré ma femme pendant un voyage que j’effectuais en Californie en 2003, en vacances. Nous avons passé du temps ensemble en France, et j’ai ensuite décidé de franchir le pas et d’essayer de vivre à l’étranger. Je me suis dit que je n’avais pas grand-chose à perdre et que si ça ne marchait pas, je pouvais toujours revenir en France.

J’avais l’impression de ne pas avoir un avenir professionnel très intéressant dans la banque en France. N’ayant pas bac+5, j’ai très vite compris que mes possibilités seraient limitées. Je me sentais un peu dans une impasse.

Et puis en parallèle, j’en avais marre de la mentalité en général, quand même très négative.

J’étais loin de m’imaginer en partant le changement radical que ce cela aurait sur ma vie en général et mon travail en particulier.

Pourquoi ce pays ?

J’ai toujours été attiré par les États-Unis en général et la Californie en particulier. J’aime le surf, les voitures américaines, bref la culture locale. Même quand j’étais petit, j’étais fasciné par tout ce qui touchait à l’Amérique. J’ai toujours trouvé ce pays magnifique et ma première visite en 2002 m’a plus que conforté dans mon opinion. J’ai tout de suite adoré.

Donc je suis parti en ayant moins de doutes sur ma capacité à m’adapter sur place.

Photo personnelle. Tous droits réservés.
Photo personnelle. Tous droits réservés.

Quels doutes avez-vous eus ? Comment les avez-vous gérés ?

Oui, bien sûr j’ai eu des doutes, et de gros même. Changer de pays, surtout pour un pays lointain (j’aurais eu moins de doutes si cela avait été pour m’expatrier en Suisse…) est quelque chose de difficile. J’ai dû quitter mon travail, mes affaires mais surtout ma famille et mon pays. Comme chaque bond dans l’inconnu, j’ai eu beaucoup de doutes et d’appréhension : quel travail pourrai-je faire, vais-je pouvoir m’intégrer, etc.

J’ai quand même pu gérer tous ces doutes en prenant ça comme une expérience à vivre avec une relation risque/récompense assez asymétrique dans la mesure où dans le pire des cas je pourrais revenir en France sans avoir perdu beaucoup au change et en ayant de nouvelles perspectives professionnelles et personnelles.

Parlez-nous de votre quotidien : comment s’organise une journée, en quoi est-ce différent de la France, de ce que vous connaissiez ?

Mes journées s’organisent un peu différemment de la France. Comme San Francisco est sur la côte ouest, je commence le travail en général vers 7h du matin ce qui est relativement tôt. Par contre je finis vers 16h, donc j’ai le temps de profiter de la ville ou de la plage.

J’ai moins de congés qu’en France (environ 4 semaines) mais je ressens moins le besoin de partir étant donné le cadre incroyable qu’offrent San Francisco et la Californie. J’habite dans une ville internationale avec énormément d’opportunités et en même temps je suis à 10 minutes à pied de la plage donc avec presque un sentiment d’évasion journalier. Sans compter le grand nombre de parcs, la montagne pas loin, etc.

Presidio San Francisco By: Guilhem VellutCC BY 2.0

 

Je dirais que dans mon quotidien j’ai beaucoup moins une impression de négativité, de morosité ambiante que par rapport à la France. Les gens semblent beaucoup plus apaisés et heureux.

Un bilan aujourd’hui : que vous a apporté l’expatriation ? Et à l’entourage familial ?

Photo personnelle, tous droits réservés.
Photo personnelle, tous droits réservés.

L’expatriation m’a apporté un avenir professionnel que je n’aurais jamais pu atteindre en restant en France que ce soit en termes de salaire ou de poste.

De plus, le fait de découvrir un autre pays, une autre culture a été extrêmement enrichissant et positif.

Il n’y pas de doutes que ce n’est pas toujours facile d’être loin de ma famille. Mais avec la distance, je profite de mes proches de manière différente. Je les vois moins souvent mais je passe plus de temps de qualité.

Est-ce que vous vous sentez encore Français ? Pourquoi ?

Oui je me sens absolument encore Français et je pense que je le resterai toujours. Mes racines sont en France et ça ne changera jamais.

Autre chose à dire ?

San Francisco reste une ville chère ou il est difficile de trouver un logement de 2 pièces à louer pour moins de $2 500 par mois. Le système de santé américain reste onéreux si vous n’êtes pas salarié d’une entreprise.

Par contre c’est tellement stimulant d’habiter dans une ville où la plupart de l’innovation se réalise, c’est une ville qui bouillonne d’énergie !

Pour terminer, même si je reconnais que ce n’est pas toujours facile ou à la portée de tout le monde, j’encourage vivement l’expatriation. Le risque en vaut vraiment la peine.

Old painted ladies By: @sage_solarCC BY 2.0

 

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