Pour Donald Trump : l’Amérique d’abord, l’OTAN devra faire sa part

Le milliardaire s'engage à moins d'interventionnisme américain et veut que les alliés des USA fassent leur part.

Par Daniel Girard.

Donald Trump By: Alex HansonCC BY 2.0

Le candidat à l’investiture républicaine Donald Trump n’a rien perdu pour attendre. Après avoir terrassé ses adversaires dans le Nord-Est lors du Super mardi, le milliardaire a poursuivi sur sa lancée mercredi à Washington en révélant sa politique étrangère. Sa devise ? L’Amérique d’abord. Donald Trump a souligné que l’Amérique a d’abord joué un rôle positif dans le monde, en contribuant à la victoire contre l’Allemagne nazie dans les années 40 et en défaisant le totalitarisme et le communisme dans les années 90. C’est par la suite, a-t-il précisé, que la politique étrangère américaine s’est détériorée à cause d’une politique d’interventionnisme injustifiée qui a mené à un désastre après l’autre.

Donald Trump a souligné que l’Amérique, aux prises avec une dette extérieure colossale, n’a plus les moyens de soutenir financièrement les pays de l’OTAN. 24 des 28 pays membres de l’organisation ne paient pas les 2% du PIB qu’on leur demande, a-t-il déploré. Il a aussi montré du doigt l’Asie et conclu que les pays qui ne veulent pas faire leur part devront peut-être accepter de se défendre eux-mêmes.


Donald Trump s’en est pris à Barack Obama qui, selon lui, a abandonné ses alliés les plus précieux, comme Israël, n’a pas donné suite au projet antimissile en république tchèque et en Pologne, en plus de déséquilibrer l’équilibre régional au Moyen-Orient en concluant un accord nucléaire inacceptable avec l’Iran.

Donald Trump a aussi lancé un avertissement à l’État islamique : « Vos jours sont comptés » a-t-il martelé en soulignant qu’éliminer ce groupe islamiste radical sera une priorité, en espérant qu’il pourra compter sur les pays alliés musulmans pour y parvenir rapidement. Il a affirmé que l’Amérique n’a rien fait pour empêcher le massacre des chrétiens du Moyen-Orient survenu dans la foulée des conflits en Irak, en Syrie et en Libye. Le milliardaire a reproché à Barack Obama et à Hillary Clinton de refuser d’utiliser les termes « islamistes radicaux » pour décrire l’État islamique. Pourtant, a-t-il dit, on ne peut pas vaincre un ennemi si on refuse de l’identifier.


Pour Donald Trump, les interventions américaines devraient favoriser la stabilité et non viser à convertir les pays à un système à l’occidentale dont ils ne veulent peut-être pas. À cet égard, il a rappelé qu’il s’était opposé à la guerre en Irak en 2003 contrairement à Hillary Clinton. Il a ajouté qu’il était important pour l’Amérique de renouer avec la Russie pour collaborer dans des dossiers stratégiques. L’homme d’affaires a lancé une flèche à Barack Obama concernant son ultimatum à la Syrie en disant : « nos amis et nos ennemis doivent savoir que si je trace une ligne rouge, je respecterai cette ligne rouge ».

Ce discours de Donald Trump sur la politique étrangère a dominé l’univers des nouvelles toute la journée de mercredi et, pour ne pas être en reste et dissiper l’air de défaite entourant sa débâcle du Super mardi, le candidat texan Ted Cruz s’est empressé, tard dans la journée, d’annoncer qu’il avait choisi l’ex-candidate Carly Fiorina comme candidate à la vice-présidence s’il réussit à remporter l’investiture républicaine.


Le choix de la texane Carly Fiorina, ancienne PDG du géant informatique Hewlett Packard vise à exploiter le vulnérabilité de Donald Trump dans le vote des femmes et aussi à opposer une femme d’affaires à la candidate potentielle des démocrates, Hillary Clinton. Ted Cruz espère que sa sélection sera le coup qui lui permettra de ronger l’avance de plus en plus insurmontable de son principal adversaire Donald Trump : selon l’estimé final de CNN du Super mardi, le milliardaire a presque atteint la barre des mille délégués dans la course à l’investiture.