Le dangereux appauvrissement de l’Île-de-France

Pauvreté (Crédits Claudius DORENROF, CC BY-NC-ND 2.0)

L’ensemble de l’Île-de-France s’appauvrit depuis 15 ans par rapport au reste de la moyenne nationale. Effet Huchon / Delanoë / Hidalgo ?

Par Éric Verhaeghe.

Un SDF dans la rue
Pauvreté (Crédits Claudius DORENROF, CC BY-NC-ND 2.0)

Le Secours Catholique a présenté hier un rapport sur les inégalités en Île-de-France. L’interprétation des nombreuses statistiques produites par l’association insiste sur l’accroissement des inégalités en Île-de-France. Mais la lecture du document amène à un constat plus sombre encore, et plus anxiogène : c’est l’ensemble de l’Île-de-France qui s’appauvrit depuis 15 ans par rapport au reste de la moyenne nationale.

L’Île-de-France s’appauvrit

Plusieurs données statistiques laissent pantois sur la situation économique et sociale de l’Île-de-France. Par exemple, ce tableau en dit long sur la dégradation des conditions en vigueur dans la capitale :

Ile-de-France

La lecture de ce tableau est assez simple. Entre 2002 et 2012, le revenu fiscal médian sur l’ensemble de la France métropolitaine a augmenté de 30%, mais de 24% seulement en Île-de-France. Sur cette période, aucun département de la région n’est parvenu à « performer » aussi bien que la moyenne nationale. L’évolution est particulièrement dramatique en Seine-Saint-Denis, où le revenu fiscal médian a progressé deux fois moins vite que dans le reste de la France.

Pour le premier décile, c’est-à-dire les 10% de revenus les plus bas, les écarts sont encore plus marqués. La Seine-Saint-Denis va par exemple progressivement presque trois fois moins vite que le reste du pays. Le Val-de-Marne ou l’Essonne ont progressé deux fois moins vite. Seuls les « pauvres » de Paris et des Hauts-de-Seine ont progressé plus vite que la moyenne nationale. Démonstration est ici faite qu’il vaut mieux être pauvre parmi les riches, que riche parmi les pauvres.

Toujours est-il que ces statistiques sont implacables : les Franciliens s’enrichissent moins vite (ou améliorent moins) leurs revenus que les autres Français.

L’Île-de-France victime de la décentralisation ?

On ne peut évidemment s’empêcher de penser que cette dégradation des conditions de vie en Île-de-France par rapport au reste du pays n’est pas étrangère à la décentralisation. Plus l’État déconcentre les pouvoirs, plus les Franciliens s’appauvrissent.

Cette situation est d’autant plus inquiétante que l’Île-de-France a bénéficié, pendant plus de quinze ans, d’une parfaite homogénéité politique entre la région et la capitale. La domination des Huchon et des Delanoé s’est, dans la pratique, traduite par une paupérisation de la région capitale…

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