Référendum : victoire écrasante des eurosceptiques aux Pays-Bas

Geert Wilders crédits Metropolico.org (CC BY-SA 2.0)

Le non au référendum néerlandais sur l’accord entre l’Europe et l’Ukraine va-t-il créer une nouvelle crise de l’Union ?

Par Thomas Palermo.

Mark Rutte
Mark Rutte – premier Minstre Néerlandais – subit un échec cuisant

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait déclaré qu’un NON « pourrait ouvrir la voie à une crise européenne », nous y sommes.

Accord européen bloqué

Le référendum avait pour objet l’accord commercial entre l’Union Européenne et l’Ukraine. Il devait être ratifié par les 28 États membres pour être validé. Les Pays-Bas étaient le dernier État à ne pas l’avoir fait. Tout l’accord est aujourd’hui totalement bloqué.

Depuis juillet 2015, les Hollandais peuvent exiger un référendum consultatif sur l’annulation d’un projet de lois voté en assemblée. Si le taux de participation du référendum atteint les 30%, le vote est invalidé et doit être à nouveau soumis aux deux chambres du Parlement, cette fois-ci en connaissance de l’opinion du peuple.

Avec 32% de participation et un NON à 64%, le Premier ministre Mark Rutte, ainsi que plusieurs représentants des grands partis qui ont milité pour le OUI, ont déclaré que compte tenu de la victoire écrasante du NON, ils ne ratifieraient pas l’accord en l’état.

Europe, le début de la fin ?

Le député Geert Wilders, président du PVV, parti à la fois eurosceptique et d’extrême-droite, n’a pas masqué sa satisfaction en déclarant sur twitter « Il semble que les Néerlandais ont dit non à l’élite européenne et non au traité avec l’Ukraine. C’est le début de la fin de l’UE »

Il s’agit d’un sérieux revers pour le Premier ministre Mark Rutte. Les résultats de ce référendum, dont les organisateurs admettent qu’il ne concerne pas l’Ukraine mais répond à une animosité plus large envers l’UE, met les Pays-Bas dans l’embarras alors qu’ils assurent actuellement la présidence tournante de l’Union Européenne jusqu’à la fin juin.

Les résultats de ce vote ont été très suivis à Kiev bien sûr, mais aussi en Grande-Bretagne, quelques semaines avant le référendum britannique sur le Brexit qui aura lieu en juin prochain. À ce propos, Brian Monteith, le porte-parole de la campagne en faveur du Brexit, a déclaré dans un communiqué que « Ce rejet humiliant de l’accord avec l’Ukraine prouve que les gens n’ont pas besoin de soutenir l’Union européenne pour se sentir Européens ».