Ce que les Québécois pensent réellement du pétrole

Ce que les Québécois pensent du développement du pétrole sur leur territoire.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Pumpjack Pétrole en Californie (Crédits Justin Vidamo, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Ce que les Québécois pensent réellement du pétrole

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 février 2016
- A +

Par Michel Kelly-Gagnon.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Pumpjack Pétrole en Californie (Crédits Justin Vidamo, licence Creative Commons)
Pumpjack Pétrole en Californie (Crédits Justin Vidamo, licence Creative Commons)

Les Québécois sont-ils pour le développement du pétrole sur leur territoire ? Sont-ils contre le fait d’utiliser du pétrole des sables bitumineux ? Jugent-ils plus sûr le transport du pétrole par train ou par pipeline ?

En vous fiant seulement à ce qu’on peut lire dans les médias, ou entendre de la bouche des groupes de pression, vous risquez d’avoir un portrait faussé de la situation. En effet, la réalité est pas mal différente lorsqu’on demande aux Québécois de s’exprimer directement sur la question.

C’est ce que révèle un sondage Léger commandé par l’IEDM et rendu public lundi dernier, dont voici quelques résultats :

  • Dans une proportion de plus de 2 pour 1, les répondants jugent préférable que le Québec exploite ses propres ressources pétrolières, au lieu de continuer d’importer de l’extérieur le pétrole qu’il consomme.
  • Une écrasante majorité de Québécois préfèrent que le pétrole importé de l’extérieur du Québec provienne de l’Ouest canadien. En effet, 59 % d’entre eux privilégient cette option contre seulement 5 % pour l’endroit de provenance qui arrive au deuxième rang (Mexique).
  • 41 % des Québécois privilégient le pipeline comme moyen de transport du pétrole le plus sûr, loin devant les autres options (camion-citerne 14 %, bateau 10 %, train 9 %).

Les Québécois adoptent une approche pragmatique quant à la provenance et au transport du pétrole. Les résultats de ce sondage montrent aussi, clairement, que les Québécois sont prêts à dire oui au développement du pétrole sur leur territoire.

Ça tombe bien, parce que les entrepreneurs d’ici aussi le sont.

Rappelons que le gouvernement du Québec, via sa filiale Ressources Québec, et en partenariat avec une société française, s’est associé à l’entreprise québécoise Petrolia et à Corridor Ressources pour mettre en place un partenariat visant à démontrer la viabilité commerciale des ressources d’hydrocarbure de l’île d’Anticosti.

Comprenez-moi bien. La participation du gouvernement dans les projets de développements de ressources est très, très loin de mon idée d’un libre marché. Mais si cette façon de faire atténue les craintes et les incertitudes pour tous, c’est un bon compromis dans les circonstances. Ce genre de projet pilote permet au gouvernement, au public et aux investisseurs de voir qu’il est possible de développer nos ressources de façon sécuritaire. Le PDG de Questerre, Michael Binnion, exprime d’ailleurs de façon éloquente cet état d’esprit sur son blogue :

(Traduction libre) « Tout le monde, y compris le gouvernement, s’accorde sur le fait que nous avons besoin de nouvelles réglementations. C’est pourquoi les programmes pilotes sur l’île d’Anticosti sont soumis à un examen et à une stricte surveillance. Nous respectons le fait que les citoyens ont des préoccupations, qui sont légitimes. Des programmes pilotes comme celui impliquant Petrolia sont une bonne façon de répondre à ces préoccupations […] Aujourd’hui, nous pouvons aller de l’avant en utilisant les conclusions d’experts indépendants pour travailler ensemble et créer un cadre légal moderne, strict et efficace pour le Québec. »

En fait, l’idée ici n’est pas qu’il faille aider les compagnies pétrolières du Québec, mais simplement arrêter de leur nuire en changeant constamment les règles applicables.

Bientôt, une étude hydrogéologique menée par une firme indépendante sera dévoilée, sur la base de laquelle les fonctionnaires du gouvernement devront décider s’ils émettent ou non un certificat d’autorisation de forages de fracturation sur l’île d’Anticosti.

Si les scientifiques impliqués donnent leur « OK » (et que les déclarations de certains politiciens ne viennent pas « contaminer » le processus), tout sera alors en place pour permettre au Québec – et à l’ensemble de ses citoyens – de profiter à juste titre de ses ressources.

Même si le contexte du cours actuel du pétrole rend incertaine, pour le moment, la rentabilité de certains projets de développements, il serait mal avisé de ne pas développer ces ressources, surtout si on peut le faire d’une façon sécuritaire et respectueuse de l’environnement.

Lire sur Contrepoints notre dossier spécial Québec

Sur le web

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Très bon article qui met en lumière la déconnection de notre gouvernement et les mensonges de notre gauche québécoises

  • Mais y -a-t-il des ressources significatives sur Anticosti ? Pas d’évidence pour l’instant.

  • Si des gens se promenait avec des pancartes disant « pas d’avions chez nous », « avions etrangés n’apporte rien au Quebec », tout le monde trouverait ça ridicule.

    C’est précisément ce qui se passe dans cette affaire de pipeline, contre des gens du même pays en plus et peu semble comprendre le ridicule de l’opposition.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Michel Gay et Jean-Jacques Nieuviaert.

 

La crise énergétique européenne de ce début 2022 est d’une gravité qui n’avait plus été connue depuis les chocs pétroliers des années 1970.

Mais contrairement à ce que la Commission Européenne tente de nous faire croire, les causes de cette crise ne sont pas principalement externes à l’Europe, et le conflit russo-ukrainien est loin d’en être la cause déterminante.

Depuis plus de 10 ans la Commission européenne n’a aucune stratégie ni aucune vision pour assurer à la ... Poursuivre la lecture

Les prix élevés pour les métaux ?

Un analyste de l’Agence internationale de l’énergie, cité par l’AFP, donne la solution : « investir dans des nouveaux projets miniers. »

Mais où ? Avec quel argent ?

Cela ne risque-t-il pas de vous mettre à dos les écolos ?

Qui a envie d’investir ?

Les métaux ont chuté à travers le plancher en début de 2020, en raison de la fermeture des usines. Si des restrictions bloquent à nouveau les économies, les sociétés vont à nouveau essuyer des pertes.

L’opérateur d’une mine... Poursuivre la lecture

Après de nombreuses tergiversations, l’Europe a finalement décidé dans la nuit de lundi à mardi d’un embargo partiel sur les importations de pétrole russe. « Partiel » car il vise exclusivement les importations par voie maritime (soit deux tiers des importations).

Elles devraient être arrêtées d’ici décembre 2022. En revanche, l’acheminement par oléoduc se poursuivra jusqu’à une date non fixée. Il se matérialise notamment par l’oléoduc de l’Amitié (son nom Russe est « Droujba ») transitant depuis la Sibérie Occidentale 1,5 millions de ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles