Transition énergétique, la vraie et la fausse

L'environnement est un sujet trop sérieux pour être laissé aux politiciens écologistes.

Par Emmanuel Bourgerie.

Éoliennes (Crédits : Aoedieart, licence Creative Commons)
Éoliennes (Crédits : Aoedieart, licence Creative Commons)

La transition énergétique sera l’un des plus grands défis du 21ème siècle. Vous entendrez cette phrase dans la bouche de nombreux hommes politiques, en particulier de la part d’environnementalistes. Personnellement, c’est aussi ce que je pense : notre technologie doit évoluer et s’adapter pour minimiser son impact sur l’environnement qui nous entoure. Mais de quelle transition exactement parle-t-on ?

Si vous me posez la question, je vous répondrai qu’il faut trouver des alternatives aux énergies fossiles émettrices de CO2. En clair, la priorité est de s’attaquer au charbon, au pétrole et au gaz. Nous avons fait une bonne partie de cette transition en France, et ce depuis longtemps, lorsque nous sommes passés au nucléaire. Nous consommons toujours des énergies fossiles pour notre électricité, mais à des niveaux anecdotiques. Il reste la question ouverte des transports, sur lesquels je reste optimiste, même si à l’heure actuelle la voiture à essence n’a toujours pas trouvé de rival.

Mais si vous posez la question à un écologiste, il vous répondra que la priorité absolue est de s’éloigner du nucléaire pour aller vers les fameuses « énergies renouvelables ». J’avoue que c’est une idée qui me laisse perplexe, puisque si la préoccupation première sont les émissions de CO2, le nucléaire et l’éolien par exemple ont des émissions tout à fait comparables par kw/h, de l’ordre d’un cinquantième du CO2 rejeté s’il faut obtenir la même quantité d’énergie à partir du charbon. Quelle est la fameuse « transition » que les écologistes voudraient donc voir ? Quels sont les gains (chiffrés) en matière de gaz à effets de serre qu’ils espèrent en passant d’une source d’énergie propre à une autre source d’énergie propre ?

Pardonnez mon cynisme, mais j’ai peur que ce ne soit rien d’autre qu’une justification bidon pour un plan de relance paléo-keynésien. Les économistes qui martèlent la nécessité d’une telle transition appartiennent à une certaine école d’économie bien particulière. Et tous ne peuvent tenir plus de 10 secondes sans ajouter « … et ça créera des emplois ! » Ils ne sont pas réellement intéressés par une quelconque réduction des émissions de CO2, mais obsédés par un plan de relance qu’ils n’arrivaient plus à justifier. Ne vous y méprenez pas, cela n’a rien à voir avec une quelconque science climatique, ce n’est rien d’autre qu’un plan de relance de l’emploi.

Bastiat s’en retournerait dans sa tombe : cassons la vitre (les centrales nucléaires qui marchent parfaitement bien) pour donner du travail aux fabricants de vitres (le lobby éolien), le tout alimenté par des forts déficits publics bien entendu, sinon ce ne serait pas drôle. C’est vraiment difficile de prendre les keynésiens au sérieux lorsque eux-mêmes sont incapables de tenir un discours qui tienne la route scientifiquement.

Les climatologues sont formels : l’ennemi numéro 1 sont les énergies fossiles, avec le charbon en tête, qui causent des milliers de morts chaque année à elles seules. Là où la mémoire des écologistes est très sélective, c’est que les scientifiques sont aussi formels sur le point suivant : la transition énergétique ne se fera pas sans l’appui de la technologie nucléaire. Le but n’est pas de passer du nucléaire aux renouvelables, mais bien de se défaire du charbon, du pétrole et du gaz. L’Allemagne, pointée comme exemple de pays ayant engagé une telle transition, a dépensé des dizaines de milliards dans un plan qui, au final, a surtout réduit le nucléaire au profit d’une énergie chère et imprévisible. Le charbon ? De toutes les énergies fossiles, elle se distingue car sa consommation a moins baissé par rapport aux autres. Si le but de la transition allemande était de réduire les émissions de CO2, c’est un fiasco total.

Oui, l’environnement est une cause très sérieuse, qui mérite beaucoup d’attention. C’est la raison pour laquelle je pense que la meilleure chose que l’on puisse faire pour l’environnement est de s’assurer que les Ségolène Royal restent en-dehors de ces questions.

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