Nicolas Sarkozy en difficulté pour la primaire à droite, même chez LR

Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

La position de Nicolas Sarkozy pour les primaires se fragilise : il n’est plus le candidat préféré des sympathisants de son propre parti.

Par Alexis Vintray.

Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0)
Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

Alors que la primaire à droite se rapproche et que le PS se met en ordre de bataille avec le remaniement ministériel, la position de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy reste toujours aussi difficile : selon un sondage BVA/Orange/Itélé paru samedi 13 février, Nicolas Sarkozy n’a guère que 26% de jugements positifs chez les Français interrogés, contre 73% de mauvais. Il atteint même 45% de « très mauvaise » opinion. Son concurrent le plus probable, Alain Juppé, recueille quant à lui 63% de bonnes options contre 35% de mauvaises opinions. (méthodologie du sondage en fin d’article). François Fillon et Bruno Le Maire, les deux autres concurrents significatifs, font aussi nettement mieux que Nicolas Sarkozy avec 48% et 43% de bonnes opinions.

Sondage Alain Juppé Nicolas Sarkozy (Crédits : BVA, tous droits réservés)
Sondage Alain Juppé Nicolas Sarkozy (Crédits : BVA, tous droits réservés)

Un constat identique chez les sympathisants de droite

Ce tableau très noir dans l’ensemble de la population se retrouve aussi à droite, chez les sympathisants LR, donc l’électorat potentiel de la primaire : Nicolas Sarkozy n’y est que 3ème des candidats préférés : avec 72% de bonnes opinions, il est loin derrière Alain Juppé (83%) et Bruno Le Maire (79%). François Fillon suit immédiatement derrière à 71%

Quand on demande aux sympathisants de droite (pas uniquement LR) qui ils souhaitent voir comme candidat de la droite à la présidentielle de 2017, Nicolas Sarkozy est en seconde position, avec 20%, loin derrière Alain Juppé (48%) et devant François Fillon ou Bruno Le Maire (11% chacun).

Sondage Alain Juppé Nicolas Sarkozy (Crédits : BVA, tous droits réservés)
Sondage Alain Juppé Nicolas Sarkozy (Crédits : BVA, tous droits réservés)

Même les chez les sympathisants des Républicains, Sarkozy n’est plus leader

Mais, de manière inattendue, ce retard de Nicolas Sarkozy se confirme y compris chez les seuls sympathisants des Républicains : Alain Juppé, avec 43%, devance à nouveau largement Nicolas Sarkozy, avec 30%. C’est un changement significatif par rapport à ces dernières années, comme quand nous écrivions en 2014 : « Nicolas Sarkozy, rejeté par 2/3 des Français mais populaire à l’UMP ».

Les marges d’erreur de ces sondages de primaires sont très élevées et il ne faut pas sous-estimer l’incertitude qui entourent ces résultats. Cependant, comme l’écrit le sondeur, ce résultat « témoigne d’une certaine évolution qui s’opère chez les sympathisants LR en faveur de l’ancien Premier ministre, du moins en termes d’image. Ils estiment ainsi majoritairement que dans la perspective de l’élection présidentielle, Alain Juppé serait davantage capable que Nicolas Sarkozy de rassembler les Français (64% contre 34%), de faire gagner la droite (58% contre 38%) et d’améliorer la situation de la France (62% contre 36%) ».

De manière assez ironique vu le passé judiciaire d’Alain Juppé, le maire de Bordeaux apparaît comme plus honnête que Nicolas Sarkozy, par 46% contre 37% (dans l’ensemble de la population). Les nombreuses affaires judiciaires qui entourent Nicolas Sarkozy ne sont sûrement pas étrangères à cette perception du grand public. À nouveau, le constat est identique chez les seuls sympathisants LR, mais avec une moindre différence (46% contre 45%).

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Méthodologie : enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet les 11 et 12 février 2016.  Échantillon de 1053 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.