Crises monétaires : la guerre est-elle déclarée ?

Avis de tempête : l’Armageddon économique redouté depuis tant d’années a-t-il commencé ?

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Dominik Meissner-Origami money gun(CC BY-NC-ND 2.0)

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Crises monétaires : la guerre est-elle déclarée ?

Publié le 12 février 2016
- A +

Par Serge Federbusch.

Dominik Meissner-Origami money gun(CC BY-NC-ND 2.0)
Dominik Meissner-Origami money gun(CC BY-NC-ND 2.0)

Tentons d’y voir un peu plus clair dans le mouvement de yo-yo, la pagaille sur les marchés d’action et les craintes qu’ils engendrent pour l’activité économique mondiale en gardant naturellement à l’esprit que l’erreur d’analyse est ô combien humaine.

Après 2008, pour sauver le système financier de la faillite et les économies dites réelles d’un terrible effet d’entraînement, les grands banquiers centraux ont pris le pouvoir, jeté peu à peu aux orties leur credo rigoriste (la BCE l’ayant fait en dernier ce dont la France a beaucoup souffert), comprimé les taux d’intérêt et décidé d’imprimer de la monnaie à qui mieux-mieux. Les gouvernements de ces pays étaient dépossédés de leur influence mais, endettés jusqu’au cou, ils avaient déjà suffisamment à faire pour gérer des États-providence épuisés par les politiques de redistribution. Ils ont donc accepté sans maugréer ce transfert insidieux de souveraineté.

Las ! L’exercice arrive aujourd’hui à son terme. Autrefois, seuls les Américains abusaient du pouvoir de régler leur dette extérieure en leur propre monnaie. Mais le Japon, car il est surtout obligé vis-à-vis de ses propres épargnants ; l’Euroland, car il était tout beau et tout neuf et semblait paré des vertus de l’Allemagne ainsi que l’Angleterre, car elle grappille les avantages d’une sorte de double appartenance à l’Europe et aux États-Unis, ont pu se joindre au concert des nations imprimantes de monnaie servant d’instruments de réserve au niveau mondial. Attribuons à ce regroupement de circonstance le néologisme d’oligopolarchie monétaire.

Les effets pervers de cette situation se font désormais sentir. Tout d’abord, les pays exclus de ce banquet, la grande majorité d’entre eux, soumis à des contraintes extérieures féroces et à la concurrence d’ensembles économiques pouvant s’endetter sans compter, ont fini par décrocher. Parfois corrompus et mal gérés, ils étaient les maillons faibles du système ; ainsi en est-il du Brésil ou de la Russie.

Ensuite, l’oligopolarchie monétaire poursuit une stratégie défensive, d’aide à ses grosses structures étatiques nationales et à ses grandes entreprises par le rachat de leur dette. Cela ne stimule pas suffisamment la demande, notamment celle adressée aux pays émergents. Le monde entier est donc entré dans une spirale déflationniste qui a d’abord touché les marchés de matières premières et s’étend désormais à d’autres secteurs de l’économie. Nous vivons une situation paradoxale de stimulation monétaire par les grandes banques centrales, de taux d’intérêt réduits à presque rien et de baisse des prix. Ce n’est plus la stagflation des années 1980, c’est l’inflation monétaire récessive.

Par ailleurs, l’oligopolarchie n’agit pas en vase clos. Tout ce qui est mal protégé chez elle (PME, populations mal formées, immigrés mal intégrés, etc.) souffre à l’unisson des pays extérieurs. Et ses entreprises exportatrices ou installées dans des marchés en récession, au premier chef les banques, commencent à sentir le goût amer de la déflation.

À ce problème global s’est surajouté le cas chinois, assez spécifique car la dictature qui domine ce pays et le gère comme un conseil d’administration s’est peu à peu fourvoyée dans le prêt à des clients qui abusent de la situation sus-décrite. La Chine est une sorte de membre contraint de l’oligopolarchie. Elle a soutenu le dollar pour continuer à exporter et n’a pas fait des efforts suffisants de reconversion vers une économie innovante qui par ailleurs menacerait le rôle du parti. Elle est aujourd’hui prisonnière d’une logique de maquillage des comptes publics et de fuite en avant dans un modèle économique qui alimente la déflation mondiale.

Ces dérèglements ont fini par produire une situation paradoxale de guerre larvée des monnaies puisque la dévaluation sournoise devient l’ultime ressource d’États et de banques centrales qui ont épuisé les charmes de la planche à billets sous sa forme contemporaine de monnaie électronique.

Cet état inédit intrigue et déstabilise les économistes qui peinent à proposer des réponses autres que la poursuite, à une échelle toujours plus grande, de la politique délétère de création monétaire ou de déficit budgétaire. Mais ce serait reculer le problème pour mieux faire sauter les banques : les marchés le sentent et leur fébrilité augmente. D’où les oscillations actuelles qui vont prendre une amplitude toujours plus grande.

Pendant ce temps, des individus toujours plus nombreux, laissés pour compte, inquiets ou déphasés, se tournent vers des idéologies embrigadantes, consolantes et totalitaires : le fascisme et le socialisme autrefois, l’islam aujourd’hui.

Toutes les crises que nous vivons sont donc liées et le danger est que leur temporalité finisse un jour par coïncider, entraînant le monde dans une convulsion analogue à la guerre de trente ans (1914-1945) connue au siècle dernier.

Bien… ce n’était pas une analyse très réjouissante ! Des évolutions surprenantes nous échappent toujours et je souhaite sincèrement me tromper car, à mon âge, une guerre de trente ans, c’est un peu une guerre perpétuelle…

Lire sur Contrepoints notre dossier spécial Banques centrales

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  • La guerre est l’une des manières de relancer la croissance, certes.

    • Faux. La guerre n’a jamais été un facteur d’enrichissement économique .
      La » croissance » ne se relance pas, elle est favorisée quand les hommes d’états ne s’en occupent pas .

      • Ah bon ?

        L’entrée en guerre des États-Unis en 1917 et 1941 n’a pas contribué à leur enrichissement économique ?

        Un exemple parmi d’autres. Il serait bon de se rappeler de la définition de la guerre selon Clausewitz.

        Le libéralisme est aussi vecteur de guerre. Comme le communisme.

        • « Le libéralisme est aussi vecteur de guerre. Comme le communisme. »

          Pardon ? Et en vertu de quoi ?

          Le communisme et idéologies associées son par essence guerrière. Le Libéralisme est par essence pacifique.

          Je me demande quelle substance psychotrope vous avez pris pour dire une chose aussi stupide.

          • non complètement à côté de la plaque, c’est l’idéalisme d’entre deux guerre et sa résurgence post 1989 qui est idéaliste, l’idéalisme est une déviance aveugle et enchantée du libéralisme, l’idéalisme ou le pacifisme aveugle à conduit justement à la 1ère guerre mondiale et à la 2ème guerre ainsi qu’à la monté des totalitarisme.
            Revoyez vos classiques.
            Lisez les travaux de Kant sur le libéralisme ça vous instruira, pour kant la guerre pouvait être juste et nécessaire d’ailleurs il était lui même pacifique pour lui l’expansion de la démocratie et du commerce avait comme conséquence l’impossibilité pour deux pays de se faire la guerre : les pays les plus en guerre au 20ème siècle sont des pays occidentaux développés.

  • en cas de guerre , ce sont toujours les mêmes qui se la prenne en pleine poire…..ceux qui la déclenchent sont à l’abris …..c’est pas juste…..

  • Bof, pas convaincu des prévisions pessimistes parlant d’une nouvelle crise financière…journée du pessimisme aujourd’hui dis donc, même constat de Bloomberg au Figaro en passant par Contrepoints !

    La vérité est que rien ne justifie une telle panique, les investisseurs et autres jouent à se faire peur, ils exagèrent, et ils pourraient créer une crise non pas pour des raisons logiques mais par leur peur irrationnelle.

    Les choses ne vont pas si mal.

  • Bien souvent quand tous les médias en parlent que le marché remonte

    • Les « vrais » financiers ne vivent bien que du mouvements et moins bien d’une quasi stabilité de croissance. Que la bourse monte ou qu’elle baisse, il y a des « paris » gagnants: pour le « petit porteur », les seuls paris valables sont à long terme, avec des dividendes réguliers, sinon il « nourrit » le financier!

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