Public-privé : une nouvelle démocratie émerge

Les rapports public-privé se construiront demain autour des trois fondements de l’économie numérique : la fluidité, le collaboratif et l’émulation.

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Public-privé : une nouvelle démocratie émerge

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 30 janvier 2016
- A +

Par Erwan Le Noan, Renaud Denoix de Saint Marc, membre de l’Institut de France, président de la Commission de travail « Public-Privé » et Frédéric Bedin, président du directoire du groupe Hopscotch Global PR, vice-président de la Commission « Public-Privé ».
Un article de Trop Libre

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Lorsqu’a émergé la révolution industrielle, des innovations multiples et des inventeurs géniaux ont fait naître un monde nouveau, faisant chuter les féodalités héritées du passé. Le XVIIIe siècle européen a été un bouleversement : en quelques décennies, les structures économiques, politiques et sociales ont été renouvelées. Alexis de Tocqueville a bien montré comment l’État, en France, a joué un rôle structurant : l’Ancien Régime, comme la Révolution, a organisé la puissance publique de façon rationnelle et efficace ; sans elle, la modernisation de la France et sa libération des lourdeurs passées auraient été plus lentes.

L’avenir dira si nous traversons une nouvelle révolution, mais il est certain que l’« uberisation » du monde bouleverse et interroge les institutions de notre société, du fonctionnement de notre économie à la production de nos normes. Une dynamique nouvelle est à l’œuvre, qui modifie nos usages et avec eux nos relations sociales. L’irruption du numérique se heurte parfois de plein front à nos réglementations. Les acteurs publics et privés installés tremblent sur leurs fondements : si de salutaires pôles de stabilité demeurent, les bases de nombreuses citadelles s’effritent.

Fluidité, collaboratif et émulation. Dans ce dynamisme entrepreneurial, les conflits mythologiques sont toujours plus désuets : celui qui oppose public et privé en fait partie. La Fondation croissance responsable a souhaité réfléchir aux façons de dépasser cette rivalité, souvent fantasmée. Elle en revient optimiste. Les rapports public-privé se construiront demain autour des trois fondements de l’économie numérique : la fluidité, le collaboratif et l’émulation.

La puissance publique doit d’abord chercher à être un facilitateur, pour permettre l’émergence de solutions nouvelles. Le choc de simplification s’inscrit dans la volonté d’alléger le fardeau normatif ; la démarche est bonne mais, comme l’ont souvent relevé nos plus hautes institutions, la production des normes doit être revue en amont. La loi qui bavarde affaiblit le droit, celle qui se perd dans les détails fragilise la société. Dans une économie numérique qui évolue sans cesse, la norme doit donner un cadre efficace, non une pluie de contraintes.

Le public et le privé doivent ensuite promouvoir ensemble la compétitivité de la France. Dans un esprit de performance, la puissance publique doit apprendre à fixer des orientations claires pour la société et les services qu’elle souhaite lui rendre, sans qu’il soit besoin qu’elle en assure elle-même toutes les prestations, mais avec l’obligation impérieuse d’en évaluer les résultats.

Quand ils se confrontent, enfin, les secteurs publics et privés se stimulent. Cette émulation est saine : elle incite le public à être performant et à user avec précaution de chacun des euros que les contribuables lui ont confiés ; elle encourage le privé à innover. Le numérique peut, à ce titre, agir comme un aiguillon précieux : les acteurs publics pourraient avoir plus souvent recours aux plateformes. L’économie qui émerge bouleverse le monde, donnant de nouveaux pouvoirs aux individus, en accroissant les choix des consommateurs, facilitant la réussite des créateurs. Ce bouillonnement engendre une demande nouvelle d’autonomie et d’interactions choisies.

  • Cet article a été initialement publié sur L’Opinion le 28/01/2016

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  • Les rapports « Public-privé » seront apaisés, lorsque le public se recentrera sur ses missions principales : La police, la justice, l’armée.
    C’est simple à mettre en place, et ce serait acceptable par tous, pour le bien de tout le monde.

    • C’est exact. Vouloir des PPP est un non-sens, comme essayer de melanger l’eau et feu. Le secteur prive peut rendre des services au secteur public moyennant compensations financieres pour services rendus ou biens fournis. Le secteur public peut rendre service au secteur prive moyennant impots, mais uniquement et strictement dans les secteurs traditionnellement regaliens, ce qui serait normal et bienvenu si l’on veut moins d’impots. Dans les domaines qui sont les siens (la plupart) ou qui auraient du le rester, le secteur prive est bien plus efficace et trois fois moins cher que le secteur public.

  • Pour ma part ce n’est pas public ou privé, mais c’est le privé ponctionnant l’argent public tout en critiquant celui ci et en gros en lui laissant ses dettes.Et en plus chacun pour soi et tout e monde dans le baba pour ne pas dire autre chose, sauf à changer les règles.

  • Les commentaires sont fermés.

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