Le RSI vogue à vau-l’eau

Naufrage du Titanic (Crédits : Willy Stöwer, image libre de droits)

RSI : rendez leur liberté d’affiliation aux travailleurs indépendants !

Par Jean-Philippe Delsol.
Un article de l’Iref-Europe

Naufrage du Titanic (Libre de droits, Willy Stöwer, 1912)
Naufrage du Titanic (Libre de droits, Willy Stöwer, 1912)

Le Régime social des indépendants (RSI) a été créé en 2005 pour regrouper les différentes caisses de protection sociale des chefs d’entreprise qui lui préexistaient. Il a une mission de service public pour gérer plus de 6,2 millions de chefs d’entreprise indépendants et de leurs ayants-droit. Il est censé simplifier les démarches administratives des chefs d’entreprise indépendants. Le RSI a la charge de l’affiliation, du recouvrement des cotisations et contributions sociales personnelles et du versement des prestations. En réalité il délègue une grande partie de l’exécution de ses missions à divers organismes, mutuelles, sociétés d’assurance ou l’URSSAF.

Une convention d’objectifs et de gestion (COG) a été signée entre l’État et le RSI en février 2012 pour la période 2012-2015 avec l’objectif d’améliorer la qualité du service aux assurés et la performance du régime tout en assurant un meilleur équilibre financier. Manifestement, aucun objectif n’a été atteint. Déjà dans un rapport de septembre 2012 la Cour des comptes avait fustigé le fonctionnement du RSI en observant des défauts d’encaissements évalué à 1,4 milliard d’euros entre 2008 et 2010 et une multiplication de procédures de la part des usagers. Le système d’information est défaillant notait la Cour qui employait à l’encontre du RSI le terme de « catastrophe industrielle » et soulignait « des coûts par agent plus élevés que les autres régimes ».

Un rapport des députés Sylviane Bulteau et Fabrice Verdier remis en juin 2015 considère qu’il y a beaucoup d’améliorations, mais propose tout de même vingt mesures pour redresser la situation. La réalité est que rien ne va comme il faut. Le Premier ministre français, Manuel Valls, a résumé la situation en déclarant sur BFM TV fin mars 2015 que « le RSI est un désastre ».

Mais que faire ? Ce n’est pas en multipliant les partenariats avec d’autres caisses, comme le propose le rapport de juin 2015, que le RSI sera sauvé. Cela ajoutera au contraire de la confusion à la confusion. Ce n’est pas non plus en faisant absorber le RSI par la Sécurité sociale, comme certains l’ont préconisé cette fin 2015, ce qui permettrait à un monstre d’en engendrer un pire encore, si c’est seulement possible ! Ce n’est pas non plus en refusant de cotiser au RSI, car en l’état, et malgré des contestations sérieusement étayées au regard du droit européen, les juridictions françaises réaffirment régulièrement l’obligation d’être affilié et de cotiser au régime légal de Sécurité sociale prévu par le Code de la Sécurité sociale, ce qui fait que ceux qui se désaffilient prennent le risque « d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de 15 000 euros ou de l’une de ces deux peines seulement » ( article L114-18 du Code de la Sécurité sociale).

La seule solution est de rendre leur liberté d’affiliation aux travailleurs indépendants. Pourquoi ceux-ci ne pourraient-ils pas être obligés de s’assurer, mais libres de s’assurer auprès de la mutuelle ou compagnie d’assurance de leur choix, voire auprès du RSI s’ils le veulent. À condition bien sûr que le RSI ne reçoive aucune aide d’État pour pallier sa mauvaise gestion. Comme dans le système d’assurance automobile, chacun pourrait choisir non seulement son assureur, mais aussi sa couverture d’assurance dans un cadre a minima éventuellement fixé par la loi. La concurrence entre les assureurs inciterait ceux-ci à offrir des contrats performants en coût et en service. Certains préfèreraient sans doute payer moins cher en acceptant une franchise plus élevée. D’autres souhaiteraient une assurance tout risque… Quand un assuré ne serait pas satisfait, il pourrait changer d’assureur, ce que aujourd’hui le RSI lui refuse indument !

Un tel système serait sans doute pertinent, moins onéreux et plus efficace pour tous les assurés, y compris ceux relevant des régimes salariés affiliés à la Sécurité sociale. Mais l’objection habituelle est que les « gens » n’auraient pas toujours la capacité de gérer leur assurance. Cette objection de la part de ceux qui s’échinent à infantiliser le monde, est évidemment encore moins susceptible d’être retenue pour ce qui concerne les travailleurs indépendants qui sont tous responsables de leurs affaires, petites ou grandes, et habitués à faire des choix. Faisons cette expérience avec eux. Il sera temps ensuite de la généraliser à tous.

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