Ma vie d’expat’ au Mexique

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Le témoignage de Nicolas : « Notre installation au Mexique nous a apporté la stabilité que nous recherchions. »

Une interview par la rédaction de Contrepoints.

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Une petite présentation ?

Je m’appelle Nicolas, j’ai 35 ans, je suis marié avec une Mexicaine et je suis papa d’un petit garçon de 2 ans qui est né ici au Mexique.

Quel est votre métier au Mexique, et quel a été votre parcours professionnel ?

Je suis entrepreneur et fondateur de la société Vivalatina, une bijouterie en ligne proposant des services de bijoux sur-mesure aux internautes francophones, activité débutée à l’été 2012.

Originaire de Tours, j’ai fait des études d’ingénieur à l’ENSMM de Besançon1, avec un projet de fin d’études qui m’emmena au Mexique pour ma première expérience à l’étranger. J’avais 23 ans alors, en 2004.

Après un passage par l’armée pendant un an, je suis parti voyager en Australie d’abord, puis en Amérique latine, voyage alternant un VIE2 d’un an au  Mexique et itinérance du Costa Rica au Brésil pendant 8 mois dont 5 au Brésil pour apprendre le  portugais.

Je suis rentré du Brésil en France en avril 2008, confiant en moi avec mon bagage linguistique, pour  faire une carrière exceptionnelle en France… vous apprécierez le timing avec la crise de 2008 !

J’ai fait de l’intérim durant toute l’année 2008 avant de trouver un poste d’ingénieur méthode dans  l’aéronautique à Figeac début 2009. J’ai ensuite emménagé à Toulouse en janvier 2011 pour  continuer à travailler dans le secteur aéronautique qui me passionnait, et ce jusqu’à l’été 2012.

Pourquoi être parti ?

Ma copine mexicaine m’avait rejoint en France en 2008. Bien que médecin diplômé, elle enchaînait les petits boulots compte tenu du cadre légal en France lui interdisant de pratiquer la médecine.

Je n’avais pas encore, de mon côté, de stabilité en termes de carrière ou de stabilité géographique (nous avons habité 3 villes en 4 ans) il était difficile pour elle de faire valider son diplôme par 5 ans de nouvelles études en France.

Lorsque ma copine, devenu ma femme entretemps en a eu marre de ne pas voir de perspectives pour elle en France, elle m’a proposé de repartir au Mexique avec elle. La décision fut prise en 5 minutes.

Avez-vous eu des doutes, et comment les avez-vous gérés ?

J’ai eu tellement de doutes que je ne saurai en énumérer les détails. Mes doutes ne concernaient pas mon départ de France mais ma vie professionnelle au Mexique. La certitude de n’avoir aucun avenir en France pour notre couple était la principale raison de notre départ.

Nous sommes partis avec très peu d’argent, sans savoir dans quelle ville nous irions et sans savoir ce que je ferai, emploi ou business.

Après un premier voyage de reconnaissance pour choisir la ville, Puerto Vallarta sur la côte pacifique mexicaine, ma femme a commencé à travailler comme médecin et je me suis mis à travailler à  temps plein sur mon projet de bijouterie en ligne, débuté en France avant notre expatriation mais qui n’était alors qu’embryonnaire.

J’ai mis 18 mois avant d’arriver à dire que j’étais entrepreneur et je peux affirmer avoir échoué pendant 2 ans dans mon activité. Alors vous imaginez que des doutes sur mon activité et mon avenir il y en a eu.

J’ai persisté à maintenir le cap pour trois raisons, la première était la certitude que le statut d’employé au Mexique ne me mènerait nulle part ; la seconde était ma confiance dans ma capacité à  apprendre le marketing web et à faire une synthèse entre mes compétences en tant qu’ingénieur de production et l’activité web ; la troisième étant que si rien ne fonctionnait, mes connaissances acquises en marketing web me permettraient de débuter une autre activité en ligne.

Enfin, même si mon entreprise se développait lentement, le cadre de vie où nous sommes me donnait envie de persister pour réussir.

Parlez-nous de votre quotidien : comment s’organise une journée, en quoi est-ce différent
de la France, de ce que vous connaissiez ?

Ma vie a surtout changé suite à mon changement de statut : être passé d’employé à patron m’a bien plus secoué que de passer de la France au Mexique. D’autant plus que j’avais déjà vécu presque un an et demi au Mexique entre mon PFE3 et mon VIE, j’étais en territoire connu.

Maintenant que mon business tourne, ma vie s’organise entre le conseil aux clients, la réalisation de devis, la gestion de production et le marketing. Travaillant de chez moi j’ai beaucoup de mal à  arrêter de travailler que ce soit le soir ou les week-end, mais j’ai aussi une souplesse d’emploi du temps qui me permet de consacrer du temps à mon fils, bien plus que si j’étais resté employé en  France.

Le week-end, nous partons une demi-journée à la plage ou en excursion sur la baie de Puerto Vallarta.

Nicolas au Mexique-Tous droits réservés.
Nicolas au Mexique-Tous droits réservés.

 

Un bilan aujourd’hui : que vous a apporté l’expatriation ? Et à l’entourage familial ?

Notre installation au Mexique nous a apporté la stabilité familiale que nous recherchions. En France nous étions à la recherche d’une situation professionnelle stable pour nous deux et nous ne l’avons jamais eue. Nous devions être mobiles selon l’offre de travail alors qu’ici au Mexique, nous avons décidé où nous souhaiterions vivre et travailler.

En 4 ans en France, nous n’avons abouti à rien, alors qu’en 3 ans et demi au Mexique, ma boîte tourne de manière stable maintenant et ma femme songe à ouvrir son propre cabinet médical.

Est-ce que vous vous sentez encore Français ? Pourquoi ?

Oui je me sens Français tous les jours, car on ne peut pas perdre son éducation ni sa culture. Je me suis très bien adapté à la culture mexicaine car celle-ci a beaucoup de points commun avec la culture française, mais il reste tant de différences. C’est justement au cours de mes séjours à l’étranger que j’ai pu prendre conscience de ce qui fait notre culture française.

Vous avez envie d’ajouter autre chose ?

Mon statut d’entrepreneur au Mexique est particulièrement favorable. Durant les 10 premières années d’activités, j’ai droit à un abattement d’impôt qui va de 100% la première année à 10% la dixième année.

L’état mexicain se sentant incapable de créer des emplois, il met les entrepreneurs dans une  situation favorable pour se développer puis créer des emplois. J’espère embaucher mon premier
employé en 2017.

Panorama-baie-Puerto-Vallarta-Tous droits réservés.
Panorama-baie-Puerto-Vallarta-Tous droits réservés.

 

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  1. École Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques.
  2. Volontariat international en entreprise.
  3. Projet de fin d’études.