El Khomri et le capitonnage létal des travailleurs indépendants

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Myriam El Khomri credits Parti Socialiste via Flickr ( (CC BY-NC-ND 2.0)

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El Khomri et le capitonnage létal des travailleurs indépendants

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 janvier 2016
- A +

Comme le faisait habilement remarquer Churchill, c’est toujours dommage de gâcher une bonne crise. Avec la crise économique, politique et sociale que traverse actuellement la France, le gouvernement, fort du précepte churchillien, ne se repose plus une seconde et entend bien mettre à profit toutes les opportunités qui s’offrent à lui pour achever la mise en coupe réglée de toute la société française. Et si Valls et Cazeneuve sont maintenant lancés à plein régime, Myriam El Khomri, l’intérimaire du Ministère du Travail, n’entend pas se laisser distancer.

el khomrigoleTout commence avec le rapport du Conseil National du Numérique (CNNum) tout récemment remis entre ses mains. Établi après l’audition d’une cinquantaine de sociologues, de syndicalistes, d’économistes, d’entreprises, de collectivités et de philosophes-penseurs de la destruction d’intemporalité, le croustillant rapport du CNNum contient 20 recommandations sur les « nouvelles opportunités économiques » dans ce nouveau monde numérique, en basant sa profonde réflexion sur les expériences menées dans des pays étrangers comme la Finlande ou les Pays-Bas.

C’est probablement pour ça qu’on trouve bien sûr le « revenu de base », cette abomination économique et philosophique, ainsi que les habituels appels à l’action vigoureuse et palpatrice des acteurs publics pour « anticiper l’éventualité d’un chômage structurel persistant et d’une montée des inégalités » alors que l’automatisation fera rage (probablement parce qu’actuellement, le chômage structurel n’est pas si persistant, que les inégalités ne montent pas vraiment, et que les acteurs publics n’agissent ni ne palpent avec suffisamment de vigueur dans toutes les strates de la société française). Allant même jusqu’à recommander que l’automatisation soit utilisée en « soutien plutôt qu’en remplacement » de l’activité humaine (ben oui, suffisait d’y penser), on sent que ce rapport, finement ciselé sur le formica froid des platitudes les plus terriblement XXème siècle, fera inévitablement son chemin dans les couloirs feutrés d’une République socialiste toute acquise aux propositions d’intervention directe sur un marché du travail pourtant déjà perclus des rhumatismes de l’étatisme galopant.

Moyennant quoi, les quelques propositions qui pourraient éventuellement améliorer la donne française particulièrement médiocre seront probablement oubliées en cours de route, puisqu’elles tendent plutôt à réinjecter de la liberté d’agir pour l’individu, ce que la République a de plus en plus de mal à supporter. Par exemple, favoriser le travail en temps partagé, proposition floue s’il en est, marque un pas timide dans la bonne direction.

Ce pas ne sera probablement jamais fait, et en tout cas surtout pas par Myriam l’Intérimaire, qui, de son côté, a bien reçu le document, et s’en est déjà emparé pour propulser une nouvelle idée taxatoire. En effet, dans ce contexte de numérisation, d’automatisation et, pire encore, de vilaine « uberisation » de l’économie, le ministère se doit de poser la question du financement de la protection des travailleurs indépendants.

Et deux raisons le poussent à poser cette question.

D’une part parce que les travailleurs indépendants sont profondément englués dans les rouages infernaux du RSI qui ne recule devant aucune bassesse pour sucer toutes leurs forces vitales, ce qui ne leur laisse aucune seconde de répit pour se pencher sur leur protection, celle-là même que le RSI a tant de mal à leur fournir. Bref, si les travailleurs indépendants n’y pensent pas eux-mêmes, le ministère, lui, s’en occupe. Aux petits oignons.

D’autre part, devant l’état général de la protection sociale en France, il faut bien trouver des moyens de subsistance, de nouvelles façons de ponctionner, de nouvelles extensions à la cotisation subreptice, celle qui vient vous amputer d’un petit pourcent salarial en loucedé.

Et pour ça, Myriam sait où taper : sur les plateformes collaboratives, pardi ! Et cela peut se faire de façon simple (tout comme la simplification administrative, n’est-ce pas) en reliant gentiment, doucement, mais fermement en appuyant fort avec le stylo bille pour bien marquer les quatre carbones inférieurs, la notion de salariat non plus uniquement à la subordination juridique mais à celle de « dépendance économique », concept commodément flou qui permettra absolument toutes les exagérations honteuses, c’est géniaAÂÂAal.

myriam va ponctionner les plateformes

Pour Benoît Thieulin, président du CNNum, la question est entendue :

« On ne peut pas se contenter de leur donner le RSI, très peu protecteur, sinon on va produire une génération de précaires »

Et plutôt qu’abandonner une fois pour toutes ce RSI dont tout indique qu’il fait très mal un travail fort coûteux, rien de tel qu’un énième bricolage juridico-social, par exemple en obligeant « la plate-forme à contribuer à la protection de ces travailleurs » ! Et ça tombe bien, Myriam pense la même chose (quelle coïncidence stupéfiante !) :

« Quand il y a un lien de dépendance économique des travailleurs indépendants, il est légitime de se demander si la plateforme n’a pas la responsabilité sociale de participer à leur protection, par exemple en finançant des formations »

Ben voyons ! On tient ici une occasion en or de forger un cadre taxatoire en acier trempé duquel ces plateformes ne pourront jamais s’extraire, les obligeant ainsi à planter quelques clous supplémentaires au cercueil français que nos élites s’acharnent à réaliser.

Zif ! Zaf ! Zouf !

Vous entendez ? C’est le bruit que font les concepts d’agilité, de faible paperasserie et de coûts de structure modérés qui viennent de passer par la fenêtre.

Boudoumboudoumboum bam !

Les avantages compétitifs des plateformes collaboratives disparaissant progressivement, les jobs qu’elles permettaient de créer s’envolent aussi par la fenêtre pour s’écraser avec fracas plusieurs étages plus bas, au même niveau que les autres entreprises traditionnelles qui peinent à simplement rester en vie, en soufflant et ahanant sous les charges et les tracas administratifs complètement débiles entassés par nos socialistes en pleine folie idéologique incontrôlée.

Mais c’est dit. Puisqu’il semble complexe d’assommer les GAFA de juteux impôts, ce seront ces plateformes qui trinqueront. Non, la France et sa Socialie ne choisiront surtout pas de prendre exemple sur ces plateformes qui viennent de créer des emplois par milliers pour en étendre le modèle sur toute la société. Elle fera juste le contraire.

Parce que Myriam, le CNNum, la Socialie et la France ont fait un choix, et n’ont rien à carrer des emplois agiles, sans paperasse, adaptables et adaptés aux demandes du marché. Ce qu’ils veulent tous, avant tout, ce sont des protections. Plein de protection, de beaux capitons bien dodus, comme ceux qu’on met dans certaines cellules pour gens différents.

Et dans les cercueils.
—-
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  • Et vos aficionados qui se morfondent sur votre site ???
    Vous les oubliâtes ???

  • Je ne comprends pas pourquoi en France il y a tant de blabla sur les indépendants et leur protection sociale, ce n’est pourtant pas très compliqué de mettre en place des choses simples qui fonctionnent.
    J’ai la chance d’être indépendant, heureusement pas en France mais au Luxembourg, et dans ce beau pays tout est relativement simple, y compris la ‘sécu’.
    Lorsque j’entends les déboires en France avec le RSI, je ne comprends pas. La France est-elle si incompétente? je le crois oui, et je comprends mieux pourquoi l’économie française est malade. Malade d’un état socialo-marxiste…pauvre France…pauvre Français.

    • Quand c’est simple ça manque de jolis tuyaux où l’argent peut circuler, et parfois se perdre (mais pas pour tout le monde). Faire simple, c’est supprimer les milliers d’emploi de ceux qui sont actuellement chargés de faire compliqué, et de contrôler que le compliqué est bien fait comme il faut, voire de redresser les récalcitrants qui ne font pas compliqué dans les normes.

    • Mais si vous comprenez très bien: la france est complètement incompétente; Elle devient LE boulet de l’Europe et retarde , en freinant de toute ses forces,l’avancée des autres pays

  • le «revenu de base», cette abomination économique et philosophique???

    1) abomination économique?

    a) en se substituant à nombre d’allocations complexes, donc en simplifiant un max : « t’es là? tiens, prends tes X euros, on veut plus te voir jusqu’au mois prochain (le tout automatisé par virement) » on réduirait massivement l’institution administrative en charge de la gestion des actuelles allocations (complexes)
    => transparence absolue + économie massive dans l’administration

    b) vraiment pas dit qu’un revenu de base inconditionnel impacte négativement sur l’activité économique, il favoriserait nettement l’acceptation d’activités à temps partiel, souplesse notamment appréciée des petites entreprises

    2) abomination philosophique?

    soyons clairs : prétendre pouvoir occuper l’ensemble des 25-65 ans par un job rémunérateur à temps plein c’est un peu la nostalgie des 30 glorieuses, or la recette des 30 glorieuses est simple : une bonne grosse guerre bien destructrice préalable. Donc, sauf « bonne grosse guerre bien destructrice préalable », on est en plein dans le courant philosophique Grosbisou/Grosrêveur

    • « transparence absolue + économie massive dans l’administration »

      Oui, c’est ça. La simplification administrative, en somme. 😆
      Et c’est moi qui serait dans le courant  » Grosbisou/Grosrêveur » …
      C’est pour le moins drôle 😆 😆 !

    • @ david :

      ce sujet a déjà été traité et bien traité par Ayn Rand il y a plus de 50 ans, je vous communique sa réponse philosophique et économique :

      « Dans la mesure où les choses dont l’homme a besoin pour survivre doivent être produites, et où la nature ne garantit le succès d’aucune entreprise humaine, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de garantie d’une sécurité économique. L’employeur qui vous donne un emploi n’a aucune garantie que son entreprise va rester en activité, que ses clients vont continuer à acheter ses produits ou services. Les clients n’ont aucune garantie qu’ils auront toujours la capacité et l’envie d’échanger avec lui, aucune garantie de ce que leurs besoins, choix et revenus seront dans le futur. Si vous vous retirez dans une ferme autonome, vous n’avez aucune garantie vous protégeant des conséquences d’une inondation ou d’un ouragan sur vos terres et vos cultures. Si vous laissez tout aux mains du gouvernement et lui donnez tout pouvoir pour planifier l’économie dans son ensemble, cela ne garantira aucunement votre sécurité économique, mais garantira l’abaissement de la nation entière à un niveau de pauvreté misérable – le résultat pratique que toutes les économies totalitaires, communistes ou fascistes, ont démontré.
      Moralement, la promesse d’un impossible « droit » à la stabilité économique est une infâme tentative d’abrogation du concept de droits. Elle ne peut signifier et ne signifie qu’une seule chose : la promesse de réduire en esclavage tous les hommes qui produisent au bénéfice de ceux qui ne travaillent pas. « Si certains hommes ont le droit de bénéficier des fruits du travail des autres, cela signifie que ces autres sont privés de droits et condamnés à travailler en esclaves. » Il ne peut y avoir de droit de réduire en esclavage, i.e. de droit de détruire les droits. »

      Ayn Rand, « The Ayn Rand Letter » ; *Ayn Rand, « Capitalism: The Unknown Ideal ».

      • Il s’agit de l’état de nature : à l’état de nature, rien n’est garanti.

        Par contre l’homme invente des technologies pour se protéger et lisser les aléas du temps.
        Il cultive des plantes qui se conservent sèchent (blé, orge…).
        Il domestique des animaux et la salaison permet de conserver la viande en hiver.
        Il invente les conserves qui permettent de passer plus que l’hiver et d’envisager la perte d’une récolte annuelle.
        Il améliore ses connaissances en maconnerie pour construire de plus grands silos et des murailles pour se protéger des violents qui ne savent pas inventer mais uniquement spolier..
        Il fait des confitures, des gâteaux secs …
        Il invente le calcul pour compter et savoir anticiper ses stocks.
        Il invente l’écriture pour pouvoir mieux transmettre à ses descendants et leurs éviter de réinventer la roue…

        Bref, la somme des technologies permet de sortir de l’état de nature et de la simple la satisfaction des besoins physiologiques et d’évoluer sur la pyramide de maslow vers des besoins plus sociaux.

        Il faut juste de temps en temps se rappeler qu’on est pas juste des esprits purs (digitalisables) et que seul le travail, même intellectuel, (mécanisme forcément physique, gourmant en ressources physiologiques) permet de continuer à garantir un avenir serein.

        • Il invente d’ailleurs même l’argent pour avoir une échelle de valeur qui permette d’échanger sur la valeur ajoutée d’un travail (un bien, un produit)…

    • @ david :

      la recette des 30 glorieuses, c’était le respect des droits fondamentaux de l’individu, une monnaie saine sans trop d’intervention étatique (merci retton Woods) tout cela permettant l’accumulation de capital, donc le développement économique.

      La croissance dûe à la reconstruction n’intervient pas dans le phénomène des 30 glorieuses, puisque les gains de croissance lié à la reconstruction se sont estompés dès 1948 pour info.

      • Et un smig, qui comparé au smic actuel, était rikiki à l’époque.
        Au moins, à l’époque, on n’interdisait pas aux gens peu productifs de travailler.

    • Si en parallèle du rdb, on supprime les autres allocations, il faudra effectivement réduire la bureaucratie.
      Mais, malheureusement, quelque chose me dit que nos chers fonctionnaires ne seraient pas d’accord.
      Tu peux être sûr et certains que les syndicats descendraient automatiquement dans la rue.

    • 1/ a) Ben oui, ça ne fera que se substituer. Tout comme chaque économie faite par le gouvernement n’est pas surcompensée par d’autres gaspillages…
      Et la population d’assistés sans condition ne croitrait pas du tout…

      b) Donc, les gens vont moins travailler.

      2/ C’est à se demander comment on faisait avant et comment font les autres pays connaissant le plein emploi sans bonne grosse guerre…

      « on est en plein dans le courant philosophique Grosbisou/Grosrêveur »

      Est donc grosbisou celui qui n’adhère pas à votre pensée magique issue de votre ignorance des faits économiques…
      C’est à se demander comment on a fait avec la révolution industrielle, l’arrivée de la voiture, des ordinateurs…

    • La recette des 3 glorieuses c’est peu d’impôts, peu d’état, peu de réglementation. Voilà comment on met tous le monde au boulot. En gros la liberté est la seule option pour permettre le plein emploie seulement nos étatiste (politiques + fonctionnaires) ils se retrouveraient slip et obligé de faire quelques chose d’utile de leur vie et ça il n’en est pas question!!

      • seulement nos étatiste (politiques + fonctionnaires) ils se retrouveraient slip et obligé de faire quelques chose d’utile de leur vie et ça il n’en est pas question!!

        Ils n’aiment pas les slips… Et travailler, vous n’y pensez pas, non ❓

  • bien sur que ce serait intéressant le salaire universel de base:

    à condition
    1-qu’il reste limité( à chaque élection il ne faudrait pas que ce soit une course à la promesse de hausse pour les candidats),
    2- que son obtention ne soit pas trop « universelle »(on voit d’ici l’afflux de » touriste »)
    3-et que soit réellement supprimé les aides sociales, retraites, maladies, chômage, formations, logement,….et tout les organismes, syndicalistes, politiques, fonctionnaires,…qui gravitent autour.

    Autant dire une belle utopie en socialie française, qui en tout cas nécessiterait une révolution au moins aussi violente qu’en 1789.

    Le plus à craindre , c’est que ce concept se rajoute à tout le reste, comme on aime si bien faire chez nous !

  •  » … de collectivités et de philosophes-penseurs de la destruction d’intemporalité, … »
    Je peux me tromper mais c’est plutôt de la « destructuration » d’intemporalité…

  • Vis-à-vis du revenu universel ou de l’impôt négatif, il y a deux positions possibles :

    – soit on reste idéologue, effectivement, personne ne pourra jamais prétendre que cette proposition est vraiment libéral-compatible. Même si Milton Friedman l’appuyait, ça reste une mesure socialisante.

    – soit on est pragmatique, est là, on doit comprendre que dans un pays où le socialisme a fait son lit depuis plus de 100 ans avec son cortège de parasitisme, il y a tellement de boulets qu’à un moment donné, il va falloir réalisé que ces gens n’avanceront jamais tout seul. Dès lors, l’important est « de bien les huilés pour les faire mieux roulés plutôt que de les porter comme des nababs » (je cite un commentateur dont j’avais particulièrement bien apprécié la formulation).

    SI le revenu universel, ou mieux l’impôt négatif, est bien mis en place, on aura une diminution énorme des frais administratifs pour résultat bien meilleur. C’est une mesure pragmatique pour désocialiser le pays.

    • Faudra juste m’expliquer comment en distribuant 800 euros à 66 millions de personnes ça peut être équilibré par la réduction de – allez, ne mégotons pas – 3 millions de fonctionnaires payés 2000 euros par mois.
      Y a juste un coeff de presque 10 entre les 2.

      Et encore je suis sympa car 800E par mois ça ne pourra jamais couvrir la vie courante, la santé, le logement d’une personne seule et donc des aides subsisteront.

      Et je ne vous parle pas de la démagogie de surenchère à chaque élection.

      Je n’ai pas inclus le coût de la retraite des fonctionnaires « réduits » car bien évidemment ceux qui ne vivront exclusivement du revenu de base ne cotiseront jamais pour leur retraite et vous les aidez donc à vie pendant 80 ans.

      • Qui a parlé de 800 euros ? Certainement pas moi.

        Les CAF, rien qu’elles, distribuent déjà 80 milliards par an. Soit 100 euros par mois et par français.
        Tout compris, les prestations sociales coutent 32% du PIB, soit presque 825 milliards. Soit environ 12500 euros par an et par français.

        Bref, en tablant sur un impôt négatif à 5000 euros/an/français (en gros, un RSA), la marge de manoeuvre est immense en volume. Combien de fonctionnaires alors inutiles ?

        Flat tax + impôt négatif = augmentation des recettes fiscales + diminution des dépenses sociales.

        • D’accord sur le montant des prestations sociales, j’ai les mêmes chiffres.

          Vous pensez vraiment que ceux qui bénéficient du RSA n’ont pas d’autres aides à coté ? Allocation logement, CMU gratuite, tarifs sociaux EDF, Gaz, Eau, Bourse…

          Et même si vous passez de 800 à 500E vous êtes toujours à un coeff 5.5.

          Le deal est simple :
          – si vous établissez le revenu de base ou l’impôt négatif à un niveau trop bas, vous devez conserver des aides à coté et donc des contrôles et des fonctionnaires.
          – si vous l’établissez à un niveau permettant tout juste l’indépendance (800E) c’est démobilisateur pour ceux qui travaillent et vous allez faire augmenter le nombre de personnes allocataires nets

          D’autre part l’impôt négatif y=ax-b [a le pourcentage, x le revenu, b le revenu de base] fait augmenter la contribution de ceux qui travaillent car la décôte b se rattrape avec un pourcentage a plus élevé.
          Vous devriez lire la proposition de Génération Libre (Koenig) pour vous rendre compte que même eux n’ont pas pu s’affranchir des aides accessoires tout en augmentant le taux d’imposition de 8 déciles.

          Télécharger le full report, l’autre c’est juste pour les paillettes.
          http://www.generationlibre.eu/studies/liber-a-negative-income-tax-for-france/?lang=en

          Pour info ces gens là se disent libéraux… 🙁

          Vous y verrez que la CSG est de 12.5% (soit +50% par rapport à maintenant) et la flat tax de 23% (mais en réalité 26.2% car la CSG n’est pas déduite du revenu avant imposition: taxe sur taxe). Vous y verrez aussi que les graphiques s’arrêtent à un revenu de 5000 euros, tout simplement parce qu’au-dessus c’est de la spoliation. Vous y verrez que les deux derniers déciles sont taxés à plus de 50% par une opération du saint esprit (rapport impôt/revenu), juste une magouille pour équilibrer l’arnaque mais qui va aller calculer ça pour un décile qui ne le concerne pas…. alors que justement un revenu de 5000E vous classe dans un de ces deux derniers déciles.

          Génération Libre a conservé le système de sécu et c’est bien normal pour la viabilité du système de revenu de base ou d’impôt négatif car la SS est un impôt qui ne dit pas son nom. Si on laisse les gens s’assurer de façon indépendante avec des assurances privées, tous ceux qui gagnent plus de 2000 euros (suivant composition familiale) ont intérêt à sortir du système de SS et les assistés resteront entre eux dans un système non viable.

          Une fois que vous aurez lu cette proposition, revenez nous voir. Merci.

    • Bonjour et bonne année à tous.

      Ce revenu universel part, entre autres, de deux idées:
      1- simplification et économies en remplaçant toutes (et bien toutes!!!) les allocations par une allocation unique
      2- le progrès rend inutile le travail de beaucoup

      Revenons sur ces idées:

      1- Simplification et économies.
      Nous sommes en France.
      – Je ne connais que peu d’exemples où l’on a remplacé dans ce pays 2 trucs par 1 truc. En général, sous prétexte de réaliser ce remplacement, on ajoute un troisième truc aux deux trucs. Cette allocation universelle ne remplacera probablement pas grand chose, mais rajoutera une allocation supplémentaire.
      – A supposer que réellement il soit envisagé de supprimer un grand nombre d’allocations au profit d’une seule: que vont devenir les nombreux fonctionnaires en charge d’essayer de gérer les allocations supprimées ? Quel gouvernement osera les licencier, connaissant le potentiel de nuisance des grèves, la lâcheté électoraliste de nos politiciens et le support majoritaire des Français à tout type de grève ?
      – Enfin, à 500 € par personne et par mois (somme insuffisante rien qu’à payer une location et les frais incompressibles y attenant) , nous arrivons, avec 6.6 millions d’habitants, à 396 milliards d’euros par an. Nous pouvons deviner d’où ils vont sortir. Ou à se demander si nos démagogues savent faire une multiplication.

      2- Le progrès implique la non nécessité du travail pour tous.

      Ce qui est fantastique c’est cette extraordinaire idée que, à cause ou grâce aux progrès technologiques, il n’y a plus de travail permettant d’embaucher car:

      • Les routes sont tellement bien sécurisées qu’il n’y a plus de morts sur la route
      • Il y a largement assez de monde pour s’occuper des enfants, des malades, des handicapés et des vieux
      • Les massifs forestiers sont tellement bien entretenus qu’il n’y a plus d’incendies de forêts
      • Les cours d’eau sont tellement bien aménagés qu’il n’y a plus d’inondations
      • Les rivages sont tellement bien aménagés que la mer ne grignote plus ceux ci
      • L’eau de nos rivière est tellement bien dépolluée qu’il n’y a même plus à la traiter
      • Nos villes sont tellement propres que l’on pourrait manger par terre
      • Nos forces de sécurité sont tellement nombreuses qu’il n’y a aucun risque d’attentat
      • Nos forces de police sont tellement nombreuses qu’il n’y a plus d’agressions, ni de vols, ni de cambriolages, ni la plus minuscule zone de non droit
      • Nos crèches sont tellement nombreuses que les parents qui travaillent n’ont aucun mal à faire garder leurs enfants
      • Le moindre recoin du territoire est équipé de fibre optique
      • Le réseau d’eau douce est tellement bien entretenu qu’il n’y a pas le moindre gaspillage d’eau
      • Toutes nos lignes électriques sont enterrées
      • Nos transports en communs ne sont pas saturés aux heures de pointe
      • Nos tribunaux sont tellement peu engorgés que les affaires sont traitées très rapidement
      • Nous avons tellement de place et de gardiens de prison que toutes les personnes dangereuses pour la société sont bien gardées et surveillées, dans des conditions qui permettront une réinsertion sociale facile
      • Notre système éducatif est tellement efficace que notre pays caracole en tête des nations et que tous les enfants maîtrisent sans problème le protocole de communication local (le Français), le protocole de communication international (l’Anglais), et les notions mathématiques basiques.

      Je pense que l’on peut rallonger indéfiniment la liste de ce qu’il y a à faire et qui ne peut pas l’être uniquement par la robotisation ou la numérisation de l’économie.

      Il suffirait que l’argent capté sur ce qui reste de productif dans ce pays soit utilisé, non à faire encore une fois de plus de l’assistanat à but électoraliste (2017 s’approche), mais à faire les travaux nécessaires d’aménagement du territoire et à accomplir les tâches régaliennes de l’état.
      Et ceci sans même rentrer dans le débat libéralisme-socialisme.

      Cordialement

  • Bonjour h16,
    Merci pour ce site.
    Personnellement je suis indépendant mais type libéral et le RSI m’en touche une sans faire bouger l’autre.
    Ma retraite est suivi par la CIPAV. J’accepte de gagner moins à la retraite pour peu que le système résiste et ne soit pas fusionné avec les régimes salariaux voir spéciaux. Sinon j’aurais vraiment l’impression de payer deux fois (par mes impôts pendant ma période d’activité et en gagnant moins pour qu’ils gagnent plus que moi pendant ma retraite).

    Le sujet qui me parait intéressant c’est celui de ce rapport du numérique. En quoi un organisme chargé de s’occuper du numérique (et donc de faire de la France un leader en ce domaine , non ?) s’occupe de sujets sociétaux hautement philosophiques (et orientés politiquement) ? (première question)

    Ce genre de débat n’est pas censé avoir lieu au sein de partis politiques sur leurs propres frais plutôt que dans un comité qui devient un groupuscule financés par l’état ?

    Les débats liés à l’ouverture du sujet du revenu universel dans le rapport remis au ministre sont ici : http://www.cnnumerique.fr/wp-content/uploads/2015/10/CNNum-Compte-rendu-atelier-nouveaux-mod%C3%A8les-de-redistribution.pdf.

    La lecture du débat fait apparaitre le niveau café du commerce de ce débat :
    exemple :
    Question : « Comment prendre en compte les autres fiscalités (fiscalité des entreprises, fiscalité
    indi
    recte) ?
    Réponse : La politique de baisse de la fiscalité des entreprises a entraîné une augmentation de la fiscalité
    des ménages, ce qui a eu un impact très fort sur les classes moyennes….

    Moi, ce que j’ai vu de ma petite lorgnette de simple citoyen indépendant et tout seul, sans affiliation aucune, c’est que :
    Hollande a augmenté sont budget de 20% (cf dépenses publics et budgets de l’état 2012/2013, revenus de l’tat…) à lui tout seul comme un grand, il a pour ce faire, taxé autant les entreprises que les particuliers. Puis, voyant qu’il avait cassé l’économie (alors que les autres pays redémarraient), il est revenu un peu en arrière sur les charges patronales. Je ne vois pas trace nulle part « d’augmentation directe de la fiscalité des ménages pour financer les entreprises ». (bien au contraire et je ne suis pas économiste).

    Qui sont donc ces gens qui ont participé à cette réunion qui a initié ce buzz médiatique autour du revenu universel : des politisés d’extrême gauche ? des pochtrons du bar d’à côté ? des salariés fictifs sans valeur ajoutée de grandes entreprises et qui voudraient donc redéfinir la notion de valeur ajoutée ? (seconde question).

    On peut tenter de calculer le coût d’un revenu universel de 800 euros (ce qui n’a surtout pas été fait pendant la réunion de travail, sinon cela aurait peut-être clos les débats).
    800 euros * 50 millions d’adulte * 12 mois par an = 480 milliards par an (25% du PIB).

    Pour un PIB de 2000 milliards dont 56% est déjà constitué de dépense public, cela reviendrait à 81% de taxation. Le rêve soviétique a porté de main: plus besoin de tuer les actionnaires détenteurs de capitaux, il suffit de les spolier.
    (Dans le compte-rendu de réunion, ils ne veulent pas, comme Frédéric Lebfevre qui est nommément cité, réduire les dépenses mais améliorer les acquis sociaux. Le revenu universel s’ajouterait donc bien directement aux dépenses publiques).

    Est-ce bien réaliste, sachant que nous n’avons plus ni pétrole ni colonies pour toucher les rentes permettant de financer tout çà ? (troisième question).
    D’ailleurs tenter de remplacer la rente des colonies par une rente sur les flux numériques (dynamiques et volatiles par essence) prouve largement que les participants n’ont rien à faire dans un débat sur le numérique français.

    Bref ces simples quelques questions me font l’impression que ce rapport vaut largement un article et une investigation dédiée.

    Merci d’avance et bonne année.

    • « On peut tenter de calculer le coût d’un revenu universel de 800 euros (ce qui n’a surtout pas été fait pendant la réunion de travail, sinon cela aurait peut-être clos les débats).
      800 euros * 50 millions d’adulte * 12 mois par an = 480 milliards par an (25% du PIB). »

      On en est à 32% du PIB de prestations sociales. Cela constituerai donc une avancée libérale que de proposer un impôt négatif.

      • Aqua, bis : Test a fait un oubli, les enfants, là est la différece entre 25% et 32%.

        Actuellement vous donnez à 20% de la population 1000E de prestations sociales en moyenne (RSA, CMU, Logement, AF, tarifs sociaux, bourses, allocations scolaires, chèques CAF).
        Vous voulez donc les réduire entre 20 et 50%?… puis les donner à 5 fois plus de personnes et vous dites que ça va aller mieux ?
        Pour info, même un système qui par rapport à la situation actuelle serait neutre serait un problème puisque la situation actuelle (dépenses publiques) est un problème pour notre compétitivité.

  • Madame Kel Khonri aurait du refuser d’être ministre.

  • Les commentaires sont fermés.

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