Attention, leaders, ne vous laissez pas emporter par votre ego

Le leadership peut inspirer son entourage et son entreprise. Mais gare à ne pas se laisser aveugler par l’ego.

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Leadership (Crédits Atos, licence Creative commons)

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Attention, leaders, ne vous laissez pas emporter par votre ego

Publié le 31 décembre 2015
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Par Alain Goetzmann.

Leadership (Crédits Atos, licence Creative commons)
Leadership (Crédits Atos, licence Creative commons)

Votre leadership inspire votre entourage, lui montre la voie et vous pose en exemple. Mais il arrive aussi qu’il vous flatte et qu’aveuglé par votre propre aura, vous perdiez progressivement le contact avec les autres et la réalité. Vous entrez alors dans une zone de danger dans laquelle vous privilégiez désormais la satisfaction de votre ego, au détriment de l’attention que vous devez à vos proches. Si l’estime de soi est essentielle pour conduire les hommes, un ego surdimensionné est, par contre, votre pire ennemi au quotidien.

Il n’y a rien de plus insupportable, à la tête d’une entreprise, qu’un dirigeant infatué de lui-même. Il se gonfle d’importance, devient sentencieux et méprisant, se détache des autres pour camper sur son omnipotence et se rend lentement ridicule aux yeux de tous, sans s’en rendre compte, évidemment. Mais, est-il le seul responsable ?

Probablement pas, car ceux qui l’entourent sont également coupables. Pour satisfaire leurs propres intérêts, ils passent leur temps à répéter au « boss » qu’il est « le phoenix des hôtes de ses bois », l’homme infaillible, le leader absolu. Et lui, frissonnant d’aise sous le déluge des flatteries, finit par y croire, n’écoute plus que les fausses louanges et finit par renoncer à la recherche des vrais retours d’information, ceux qui sont objectifs et édifiants.

Gardez votre ego sous contrôle.

Il faut absolument éviter de tomber dans le piège d’un développement incontrôlé de votre ego. Il vous aveugle et vous conduira, tôt ou tard, à la catastrophe. Je vous propose quelques réflexes pour échapper à cette tendance, naturelle mais dangereuse :

  • Mettez-vous en alerte dès qu’un interlocuteur vous parle de vous en termes flatteurs. C’est tellement agréable à entendre. Oui, mais justement, c’est une façon de faire tomber vos défenses naturelles. Alors, résistez, minimisez.
  • Recherchez des retours d’information d’un public beaucoup plus large que la coterie qui vous entoure. Vous finirez bien par trouver des interlocuteurs qui ne vous doivent rien et qui seront francs. Cela maintiendra l’équilibre avec les autres. Après tout, vous n’êtes qu’un homme parmi les hommes, ni meilleur, ni moins bon.
  • Concentrez-vous systématiquement sur les autres et non sur vous. C’est vous le leader et vous avez pour objectif d’aider vos proches à devenir des leaders, eux aussi. Ce n’est pas par la contemplation béate de vos talents que vous y arriverez ; c’est, au contraire, par un dialogue construit autour de l’amélioration de leur pratique.

En vous mettant en position de défense, face aux flatteries, en recherchant de nombreux retours d’information sur vos actions et en vous concentrant sur les autres pour les faire grandir, vous éviterez le syndrome du coq de bruyère. Comment le chasse-t-on ? Le coq de bruyère a la particularité de devenir sourd pendant qu’il chante et de fermer les yeux. Un chasseur avisé peut ainsi s’en approcher, par petites étapes, en profitant des moments où il vocalise. Ne succombez pas à la démesure d’un ego qui ne vous laissera plus entendre que votre propre petite musique. Restez humble et à l’écoute. C’est à cela qu’on reconnait les grands leaders.

 

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  • L’égo est important facteur d’accident (en aviation). Il entraîne de mauvaises décisions. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, pratiquement tous les pilotes (individus) sont concernés, certains plus que d’autres. Il existe de nombreuses « zones grises » où les décisions ne sont pas simples à prendre ; c’est là que l’égo, synonyme de prises de risques, peut rentrer en scène. La première qualité d’un pilote (et d’un manager ?), c’est l’humilité. Dans une société élitiste comme la France, l’hypothèse que ses grandes écoles soient des générateurs d’égo plus surdimensionnés que la moyenne ne doit pas être écartée. Combinée à une forte hiérarchie verticale, toujours propre à la France, nos « élites » se regarderaient plus souvent le nombril que nos voisins 🙂

    • Tout à fait d’accord que c’est plus un problème chez les coqs français qu’ailleurs…

      Nos PME et PMI en souffrent certainement

  • A l’origine de cet article, n’y aurait-il pas le soupçon que certains leaders d’entreprise auraient lâché la bride à leur égo pour embarquer leurs actionnaires et leurs employés dans des aventures ruineuses ? Simple supposition, of course.

  • « L’égo est un facteur d’accident ».
    Effectivement l’accident est souvent la conséquence d’une mauvaise appréciation d’une situation dans un certain contexte. Cette mauvaise appréciation peut être causée à la fois par un manque d’expérience et par une carence de formation.
    Je suis moi même un ancien pilote instructeur devenu juriste puis chef d’entreprise et élu local.
    Lorsque, dans la société civile, on a la chance d’occuper un poste stratégique, il faut accepter, en contre partie, de se remettre en question et, également, accepter de s’informer et de se former d’une façon objective et continue.

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