Management : gare aux tendances auto-destructrices !

Management (Crédits Truthout.org, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Comment identifier ses tendances auto-destructrices comme manager et comment y remédier ?

Par Alain Goetzmann.

Management (Crédits Truthout.org, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.
Management (Crédits Truthout.org, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Daniel Goleman, Professeur à Harvard, célèbre pour son concept de l’intelligence émotionnelle, nous met en garde contre nos tendances auto-destructrices, particulièrement à la tête des entreprises.

« Quand j’étais petit, à chaque fois que je commettais une bourde, mon père hurlait après moi et me traitait d’idiot. Je savais bien qu’il m’aimait mais cela m’a définitivement laissé le sentiment d’un profond défaut en moi », confessait ce chef d’entreprise familiale du sud de l’Europe.

Aujourd’hui, au dire de ses collaborateurs c’est lui qui adopte cette attitude. Dès qu’une information lui déplait, il crie, réprimande, critique les membres de son équipe et les laisse exactement dans l’état ou il était, lui-même, plus jeune : dans un sentiment de parfaite incompétence.

On le voit, ces pratiques auto-destructrices viennent souvent de notre enfance et sont tellement bien installées en nous que nous les reproduisons sans cesse, bien que nous sachions parfaitement qu’elles ne fonctionnent pas. Il existe toutefois maintenant un outil pour modifier ces mauvaises habitudes, outil que le Dr. Goleman appelle le « chuchotement à l’esprit ».

Le « chuchotement à l’esprit » se réfère à notre capacité à régler nos modèles émotionnels invisibles, à structurer la façon dont nous réagissons systématiquement à des déclencheurs extérieurs.

Dans le cas de notre chef d’entreprise, il s’agit presque de réflexes conditionnés, puisque ces mauvaises habitudes prennent corps hors de sa pleine conscience.

Les travaux de recherche au sein de l’UCLA, portant sur l’amygdale, le radar du cerveau, qui permet de détecter les menaces, démontrent que, si on peut identifier et nommer un sentiment ou une habitude, il est possible de contrôler la réponse de l’amygdale à un danger et d’y substituer un circuit différent impliquant le cortex préfrontal, lequel va permettre de choisir de meilleures solutions.

Identifiez les déclencheurs

En fonction de notre état d’esprit du moment, nous sommes plus ou moins susceptibles de nous laisser aller à nos mauvaises habitudes. Quand nous sommes anxieux, par exemple, nous pouvons vouloir compenser, en nous montrant désagréables. Il existe cependant des moyens pour développer une vraie prise de conscience et donc permettre la correction de ces mauvais penchants :

1. Identifiez vos habitudes auto-destructrices

Familiarisez-vous avec les événements qui les déclenchent et aussitôt, prenez sur vous, pour vous empêcher de réagir, la prochaine fois, comme vous le faites habituellement.

2. Soyez attentif

Contrôlez votre attitude et votre comportement. Faites-en un exercice, jour après jour, de la maîtrise de soi.

3. Réfléchissez à des alternatives

Ayant identifié vos déclencheurs, pour l’avenir, en lieu et place de votre réaction habituelle, construisez-vous une routine différente afin de réagir désormais, conformément à votre volonté et non pas en vous laissant aller à vos vieux réflexes.

4. Répétez, répétez, répétez

Répétez jusqu’à ce que ces nouvelles habitudes se substituent à vos réactions anciennes.

Le cas échéant, faites-vous aider. Maintenant que vous savez que, physiquement, il est possible de câbler votre cerveau différemment, grâce au « chuchotement à l’esprit », fruit de votre volonté, vous n’avez plus d’excuses à accepter la fatalité du « je suis comme cela ; on n’y peut rien changer ».