Archaïque, la productivité ?

Le pérennité de l’entreprise dépend de la productivité, mais la mesure de celle-ci a beaucoup évolué.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Flo-Ca faisait ... (CC BY-NC 2.0)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Archaïque, la productivité ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 décembre 2015
- A +

Par Alain Goetzmann

Flo-Ca faisait ... (CC BY-NC 2.0)
Flo-Ca faisait … (CC BY-NC 2.0)

 

Dans un contexte économique d’inflation quasi nulle, les hausses de salaires n’ont plus pour objectif premier de compenser l’érosion monétaire. Autrefois, l’équation était simple : le taux d’inflation servait de base, à la fois aux négociations salariales et aux hausses des prix de vente. Tout le monde y trouvait son compte, l’entreprise comme ses salariés. Les hausses semblaient, aux yeux de tous, le signe d’une évolution positive, alors que, bien souvent, elles n’étaient que stagnation. Mais les apparences étaient sauves.

Aujourd’hui, les salariés exigent toujours, et on peut, évidemment, les comprendre, de voir évoluer leur rémunération chaque année. Mais la donne a changé. L’entreprise ne peut plus imposer de hausses de prix, dont l’inflation constituerait la justification, pour compenser l’évolution de ses coûts salariaux. Toute hausse de salaire ne peut être, désormais, financée que par une amélioration de la productivité.

Qu’est-ce que la productivité ? Sur quelle base doit-elle être calculée ?

Il faut clairement définir, d’entrée de jeu, que la seule productivité qui compte réellement est la productivité de l’entreprise tout entière, celle qui se mesure par le bénéfice d’exploitation et à laquelle chaque membre de l’entreprise doit participer, du balayeur au président.

L’amélioration de cette productivité est donc aujourd’hui l’unique moyen de financer les hausses de salaires. C’est un message souvent difficile de faire passer au sein de l’entreprise car il oppose ce que chaque salarié considère comme un dû, son augmentation annuelle, à ce dont il se méfie, une exigence toujours plus forte, à son égard, de la contribution à fournir.

Le chef d’entreprise a deux rôles à jouer, dans ce dilemme

En premier, celui d’un prosélyte. Il doit continuellement expliquer et convaincre tout un chacun de ce rapport direct et incontournable entre l’augmentation de la masse salariale et l’amélioration de la productivité de l’entreprise.

En second, celui du gestionnaire attentif en exigeant la mise en place d’outils permettant de mesurer l’évolution de la productivité dans chacune des unités qui composent l’entreprise, des plus grandes aux plus petites.

On associe souvent productivité à production car c’est dans ce domaine que les techniques les plus sophistiquées ont été élaborées, surtout au siècle dernier, quand la main d’œuvre représentait la composante essentielle du prix de revient. De nombreuses mesures de productivité se pratiquent dans les ateliers qui, il faut bien le dire, ne sont pas très populaires. Mais, dans ce domaine aussi, les méthodes ont évolué.

La productivité, de nos jours, ne se limite plus à la production. Tout peut être mesuré : la productivité des forces de ventes, des services administratifs, des systèmes d’information, de la logistique, etc…

Ces mesures conduisent généralement à deux conclusions

L’une, grâce au benchmarking avec les principaux concurrents, permet d’appréhender la compétitivité intrinsèque de l’entreprise. L’équipe de direction peut alors décider de la façon la plus efficace d’allouer, en interne, les ressources, humaines et financières ;

L’autre, par la mesure détaillée de l’évolution de toutes les productivités, jusqu’aux plus petites unités, permet de faire apparaître les marges de manœuvre salariales dont elle dispose réellement.

Dans un contexte d’entreprises plus ouvertes, plus mobiles et plus décentralisées, la compétitivité et son amélioration continue sont directement dépendantes de la productivité et de la finesse de sa mesure. La pérennité de l’entreprise est à ce prix.

Sur le web

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Il ne se passe pas un jour sans que nous soyons envahis par quantités de mails émanant d’organes de conseil, de formation, d’aide au management qui veulent nous apprendre à :

>   Gérer les situations de conflit  >   Mieux gérer son temps >   Manager les nouvelles générations  >   Réussir dans un contexte de changement  >   Managers des équipes à distance  >   Réussir ses recrutements  >   Mener les entretiens d'évaluation  >   Mener les entretiens professionnels  >   Tutorat-Monitorat  >   Les comportemen... Poursuivre la lecture

Selon une enquête menée par le chercheur Steven Rogelberg et citée par Les Échos, les employés passent en moyenne 18 heures par semaine en réunion ! Ils ne refusent que 14 % des invitations alors qu’ils préféreraient ne pas participer à 31 % d’entre elles, qu’ils jugent inutiles. Les réunions inutiles représenteraient 100 millions de dollars de manque à gagner pour les grandes entreprises américaines. Le phénomène est identique en Europe. Face à ce fléau, les entreprises tentent de réagir, mais largement sans succès.

La raison est qu’e... Poursuivre la lecture

Par Philbert Carbon. Un article de l'IREF Europe

La « grande démission » n’arrête pas de faire couler de l’encre. Dans Les Échos du 8 septembre, Jean-Marc Vittori, s’appuyant sur les données de la Dares (ministère du Travail), affirme qu’un million de Français ont abandonné leur CDI en six mois, « 20 % de plus qu’avant l’épidémie ».

 

« Attention, vos salariés deviennent des mercenaires »

Reprenant les propos des chercheurs de la Dares, Vittori souligne que ce taux de démission « est élevé mais pas inédit ». Rien qu’... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles